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Vendredi 23 décembre 2011 5 23 /12 /Déc /2011 00:02

Lettre du syndicat CGT-Molex à Monsieur Olivier Mazerolle (19 décembre 2011)

Lors du débat que vous avez animé le dimanche 18 décembre 2011, mettant en présence Messieurs Jean-Luc Mélenchon et Christian Estrosi, l’affaire Molex a été évoquée et nous avons été stupéfaits d’entendre Monsieur Estrosi réécrire l’histoire, mettant en cause les salariés et les organisations syndicales locales qui se seraient, selon lui, jetées sur les indemnités de licenciement extra légales, à un moment où, toujours d’après lui, il eut été possible d’arracher d’avantage de choses à Molex.

Et de mettre en cause plus précisément la CGT, au travers du secrétaire du CE, en lui reprochant d’être aujourd’hui conseiller régional, jetant ainsi un doute sur son intégrité et sa loyauté dans la lutte pour leur emploi menée par les salariés, laissant de coté la condamnation à 6 mois de prison de deux dirigeants de Molex pour un délit d’entrave aux prérogatives du CE.

Monsieur Estrosi a, par ailleurs, montré sa totale ignorance sur la situation de l’entité VMI (Villemur Industrie) restée en activité sur le site, en avançant des chiffres tirés d’on ne sait quel chapeau, mais qui laissent perplexe quand en plus il prétend connaître le dossier par cœur, selon ses propres paroles, et qui nous font douter sur le sérieux qu’il a mis pour traiter le dossier. La suite

Place au Peuple.
Par Section Pcf Vierzon - Publié dans : Social
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Jeudi 22 décembre 2011 4 22 /12 /Déc /2011 00:04

40 raisons pour un vraie droit à la retraite à 60 ans pour tous :

1. L’âge de la retraite recule ? le chômage avance.

2. Il n’y aura pas de recul du chômage de masse record (5 millions) sans réduction du temps de travail.

3. C’est un non-sens d’allonger les durées de cotisations (ou de faire faire des heures supplémentaires) quand on a 5 millions de chômeurs. 

4. L’autre seul résultat c’est que ceux qui ne seront pas en retraite seront inscrits au chômage… 

5. deux salariés sur 3 sont au chômage, licenciés, inaptes, malades, autour de 55 ans. 

Les jeunes seront aussi pénalisés

6. Il y a 25 % de chômeurs parmi les jeunes actifs, pourquoi faire travailler les « seniors » , s’il y a une priorité cela doit être pour les jeunes! 

7. trois jeunes sur 4 ne trouvent un boulot en CDI qu’à partir de 29 ans. 41 annuités c’est la retraite à 70 ans assurée. 

8. Ceux qui commencent à travailler « tôt » vers 16, 17, 18 ans représentes 1 ou 2 jeunes sur 8. 

9. Et même ceux qui commencent à travailler tôt ont des périodes de chômage qui ne sont pas prises en compte à 100 % dans les annuités. 

Un salarié qui a travaillé toute l’année peut avoir moins de 4 trimestres validés si sa rémunération est faible*. Ce n’est pas la durée de travail dans l’année qui détermine le nombre de trimestres validés mais le montant des salaires soumis à cotisations retraite. Beaucoup ne parviendront pas à avoir suffisamment de trimestres validés à l’âge de 60 ans, ni probablement d’ailleurs à 62.

Puisqu’il faut percevoir un salaire de 1772 € brut pour valider un trimestre. Ce qui veut dire qu’un temps partiel au SMIC travaillant 4 trimestres à l’année n’en valide que 3 ! Ainsi, les gens n’ayant pas fait d’études auront le « droit » à la double peine 

* Contrats précaires et petits salaires dans leur vie active 

* Retraites amputées à 67 ans 

Pensons aux caissières d’hypermarchés. Mais qui les avertit et qui se soucie d’elles ? Le calcul de la retraite imposé par Balladur sur les « 25 meilleures années » depuis 1992 est ségrégationniste contre les jeunes, pauvres et les invalides. 

C’est la santé des salariés qui est danger 

10. L’espérance de vie « en bonne santé » selon l’INSEE est de 63 ans pour les hommes et de 64 ans pour les femmes (59 ans pour les ouvriers, 69 ans pour les cadres). Toujours selon l’INSEE, en France, l’espérance de vie en bonne santé pour les hommes a baissé de 2007 à 2008, de 63 à 62,4 ans. 

11. Entre 55 et 60 ans, 2 maladies sur 3 sont liées au travail, entre 60 et 65 ans, 3 maladies sur 4 sont liées au travail. 

12. La biologie du corps humain ne change pas entre 55 et 65 ans. TOUS les métiers sont pénibles. Physiquement et mentalement. Vous voyez une vieille infirmiere de 62 ans devant ses malades ? Un chauffeur-livreur à 59 ans ? Une femme de service de nettoyage à 61 ans ? Un cadre stressé de 60 ans en compétition avec des « jeunes » cadres ? ou l'ouvrier du bâtiment de 55 ans devant son marteau piqueur ? 

13. La principale maladie professionnelle ce sont les TMS, (troubles musculo squelettiques) elles augmentent de 18 % par an depuis l’an 2000. 

14. Dix millions de salariés sur 24 ont des métiers pénibles physiquement (horaires atypiques = 5 millions, dont 2,3 de nuit ; port de charges divers = 5 millions) et les autres subissent une pénibilité mentale de plus en plus forte (burn out, suicides, harcèlement, stress, troubles psychosociaux, précarité, surexploitation, un milliard d’heures supplémentaires impayées..). 

15. Mais ce ne sont plus les « coups de grisou » qui tuent comme il y a un siècle : ce sont les accidents cardiaques et vasculaires. 150 000 accidents cardiaques et 100 000 accidents vasculaires : entre 1/3 et 50 % sont liés au travail. 

… alors que la fiabilité des prévisions démographiques est contredite par la réalité

16. Les prédictions de ceux qui disaient qu’on ne peut payer les retraites pour des raisons démographiques sont toutes tombées à l’eau : ils prévoyaient 350 000 naissances par an à partir de 2000, on a eu 850 000 enfants par an depuis l’an 2000. 

17 . Il y a un « pic » de retraités entre aujourd’hui et 2036. Ensuite ça retombera jusqu’en 2060 où cela remontera. Il suffit d’ajuster le taux des cotisations en fonction des variations année par année. 

18 . L’ajustement des cotisations sociales retraites peut se faire en temps réel, d’un an sur l’autre, selon les variations démographiques, directement de ceux qui travaillent à ceux qui sont en retraite. Pas besoin de « placer » de l’argent en courant tous les risques dans des fonds de pension aléatoires que les spéculateurs dilapideront dans les îles Caïman ou dans des paradis fiscaux. 

La durée de cotisation réelle moyenne devrait être la référence

19. Pourquoi avoir réduit la durée du travail sur la semaine si c’est pour l’allonger sur la vie ? 

20. Celui qui prétend allonger la durée de cotisations est impuissant à agir sur le réel : actuellement elle recule depuis 10 ans en pratique vers 36 et vers 35 annuités. Aucune des promesses patronales d’aller à l’inverse pour les « seniors »  n’est entrée en pratique. 

21. Prétendre imposer – sur le papier – 41 ou 42 annuités, le SEUL résultat, puisque la moyenne des salariés ne peut cotiser que 36 ou 35 annuités, c’est 6 ou 7 ans de décote. Comment admettre d’allonger des annuités qui ne seront jamais effectuées et donc baisser les plus petites retraites ? 

22. Reculer l’âge de départ en retraite à pour seul effet pratique de baisser le niveau des retraites réintroduisant la misère chez les vieux. 

23. Il faut prendre comme référence le nombre d’années réellement cotisées dans la vie réelle et non pas l’allongement aléatoire de l’espérance de vie. 

24. Par exemple, si la moyenne réelle des annuités cotisées dans la vie réelle des salariés est de 35 annuités, la référence retenue pour une retraite à taux plein doit être de 35, si elle est de 36 cela doit être 36, si elle monte à 37, cela doit être 37… 

25. Mais mettre un objectif inatteignable à 41 ou 42 annuités, c’est faire sauter les gens à la perche sans perche, le seul résultat actuel est qu’ils ont une retraite plus basse et non pas qu’ils travaillent plus. 

26. Depuis 8 ans AUCUNE raison « nouvelle » de repousser l’âge réel de la retraite. Aucun effet d’entraînement dans l’emploi des seniors. Les salariés cotisent MOINS longtemps en moyenne ! 36 annuités seulement ! Pour sortir de la crise, il ne faut pas baisser salaires et retraites mais les augmenter ! 

27. Raison de plus pour ne pas prendre l’espérance de vie comme référence, c’est trop aléatoire : l’espérance de vie régresse aux Etats-Unis depuis plusieurs années, elle régresse aussi depuis trois ans en Allemagne. Travailler plus longtemps vous mourrez plus tôt. 

Des conditions bien plus dures que dans le reste de l’Europe 

28. En Allemagne, en Italie, en Espagne, c’est 35 annuités pourquoi 41 ou 42 ici ? Sarkozy a fait la pire réforme contre le droit à la retraite de toute l’Europe. 

29. En Allemagne, la droite veut fixer les départs à 67 ans, mais en 2029… c’est remis en cause par les syndicats qui l’avaient, signé parce qu’actuellement, la moyenne des départs est autour de 58 ans… 

30. En Grande-Bretagne, ils annoncent 68 ans… en 2048 ! Ici, en France, Sarkozy a imposé 67 ans pour le taux plein en 2018, c’est-à-dire demain ! Il faut abroger la loi Sarkozy-Woerth. 

31. En Allemagne, ce n’est pas du tout pareil qu’en France, nous, on vit un « boom » démographique depuis l’an 2000, 2,04 enfants par femme, en Allemagne c’est 1,4 enfant par femme. 

Un projet politique pour tous

32. 60 ans c’est un DROIT ce n’est pas une obligation ! Mais encore faut-il que ce DROIT soit pour tous ! « d’ordre public social ».60 ans c’est une référence pour tous, un objectif réaliste, contrôlable, clair TOUS ENSEMBLE. 

33. 100 000 hommes et 50 000 femmes meurent entre 60 et 62 ans, Avec 41 ou 42 annuités, ils mourront sans un seul jour, une seule semaine, un seul mois de retraite après avoir cotisé toute leur vie.

34. La « retraite à la carte » c’est le slogan du Medef : pour complexifier le système et le rendre illisible, pour qu’il n’y ait plus d’ordre public social, que les salariés ne soient plus solidaires. C’est comme la durée du travail « a la carte », le SMIC à la carte… La règle ne sera plus fixée en raison des besoins humains mais en raison des exigences de la productivité. 

35. Il ne faut vivre moins bien que nos parents : retraites à 60 ans, 35 annuités, à 75 % du salaire calculé sur 10 meilleures années, indexées sur les salaires. 

37.  Oui, il faut écouter les 8 millions de manifestants et 75 % de l’opinion, il faut que Front de Gauche défende la retraite à 60 ans. 

Respecter la démocratie à tous les niveau: 

39. Salaires et cotisations sociales sont trop bas depuis + de 20 ans, la France n’a jamais été aussi riche, elle peut payer les retraites à 60 ans. 

Des richesses, il y en a en France ! 

40. Ne pas céder au chantage des officines de droite qui s’auto intitulent « agences de notation ». Ils ne proposent jamais de faire payer les riches mais de baisser les salaires et retraites des plus modestes. Ne pas céder au chantage des fonds de pension qui veulent siphonner les retraites. Ne jamais les croire, ne jamais leur confier un seul sou de nos retraites : ils nous prendront tout et ils nous voleront tout, le dilapideront dans les caves à « subprimes » et autres paradis fiscaux des Bahamas.

Conclusion :

Battons-nous, la majorité de gauche, du salariat, et du pays tout entier. Nous n'avons pas à convaincre Sarkozy, hélas vu sa politique 100 % réactionnaire, il n'a pas écouté le peuple. Lui, il est pour la retratie à 70 ans et 45 h sans gain de salaire. 

BLOG/PCF Vierzon

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Mercredi 21 décembre 2011 3 21 /12 /Déc /2011 16:06

La CGT dénonce les atteintes intolérables contre le droit de grève que voudraient imposer le Gouvernement et diverses personnalités à l’occasion du conflit qui oppose les salariés chargés de la sûreté dans les aéroports et le Patronat de ce secteur.

Cette profession est déjà soumise au dépôt de préavis de grève au minimum 7 jours.

Les ministères de tutelle et les employeurs ont sciemment ignoré ce dépôt de préavis pour engager le dialogue social comme l’a demandé la CGT.

Les salariés ont des revendications légitimes :
-revalorisation des salaires,

-amélioration de leurs conditions de travail par une augmentation des moyens financiers et humains, 
-reconnaissance de la pénibilité de ce travail,
-instauration et respect d’un véritable dialogue social.

Les directions des entreprises détentrices de ces marchés et leurs syndicats patronaux refusent toute ouverture de négociations et restent dans un mutisme total.
La CGT dénonce les tentatives de réquisition de salariés et exige que la liberté et le droit de grève soient respectés.
L’OIT (Organisation Internationale du Travail) conforte la démarche et les positions de la CGT sur les réquisitions de salariés grévistes. Ainsi l’OIT a récemment demandé à la France d’encadrer sa procédure de réquisition de salariés en mettant en place une concertation avec les représentants patronaux et syndicaux, en proposant de faire trancher les éventuels désaccords par une autorité indépendante. Les préfets n’ont pas à prendre unilatéralement des arrêtés de réquisition dans les secteurs non essentiels.
La CGT demande au gouvernement et au patronat de rétablir le dialogue et d’ouvrir immédiatement des négociations pour répondre aux revendications des salariés de la sûreté des aéroports.
Gouvernement et Patronat ne règleront rien par l’envoi des forces de police contre les grévistes. Ces méthodes sont inacceptables.
La CGT, quant à elle, continuera par tous les moyens à défendre le droit de grève et le droit d’expression des salariés.

Montreuil, le 20 décembre 2011

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Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 18:28

Alors que le patronat refuse toujours de négocier avec les agents de sûreté en grève depuis cinq jours, le gouvernement, par la voix de son ministre de l'Intérieur propose de faire appel aux forces de l'ordre pour remplacer les grévistes. Le dialogue social à la sauce Guéant...

"Dès demain, on veut que les départs se fassent normalement. Le gouvernement veut assurer le départ des passagers à tout prix", a déclaré mardi le ministre des transports Thierry Mariani. Qu'à cela ne tienne, le ministre de l'intérieur Claude Guéant a la solution, il a "donné des instructions très claires" à la police et à la gendarmerie pour qu'elles se substituent, "si besoin", aux agents de sûreté grévistes dans les aéroports. Les fonctionnaires de la police aux frontières (Paf) et les militaires de la gendarmerie des transports aériens (GTA) seraient mobilisés, avec le renfort éventuel de CRS et de gendarmes mobiles. La manière forte au lieu d'imposer au patronat l'ouverture de négociations...

La CGT parle de "coup de force contre le droit de grève", la fédération des services CFDT dit elle "regretter que ces relents poujadistes à visée électorale prennent le pas sur les difficultés rencontrées pour une profession où le dialogue social est difficile". Le premier syndicat de policiers, Unité police SGP-FO, s'oppose aux recours aux forces de l'ordre pour remplacer les agents de sûreté grévistes,"les policiers n’ont pas vocation à devenir des briseurs de grève" a déclaré Nicolas Comte, secrétaire général du syndicat.

Ce conflit a également relancé le débat sur le droit de grève dans les transports, le gouvernement plaidant pour que soit transposé à l'aérien le dispositif en vigueur dans les transports terrestres. Une proposition de loi UMP visant à rendre obligatoire la déclaration individuelle d'intention de faire grève 48 heures à l'avance dans le transport aérien de passagers, sera examinée à l'Assemblée le 24 janvier. La CGT, dans un communiqué parle "d'atteintes intolérables contre le droit de grève que voudraient imposer le gouvernement et diverses personnalités à l’occasion du conflit qui oppose les salariés chargés de la sûreté dans les aéroports et le patronat de ce secteur".

Les syndicats des entreprises de sûreté, qui emploient 10 000 salariés (ICTS France, Securitas, Brink's, Alyzia Sûreté, I Sec, Vigimark, Samsic, Serris, Securus) réclament l'ouverture de négociations sur les conditions de travail et les salaires.

Dernière minute. Les salariés des quatre sociétés d'agents de sûreté de l'aéroport de Nice ont voté mardi en assemblée générale en faveur d'une grève à partir de mercredi à 5h00 du matin, a indiqué Olivier Cotta, de la CGT. Échec des négociations à Roissy, la grève est reconduite mercredi comme à l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry.

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Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 13:00

Le président du Samu social international, Xavier Emmanuelli, était hier à Bordeaux pour le 3e Forum social de la ville.

Samedi, se tenait le 3e Forum social de Bordeaux. Après les ateliers d'experts et acteurs sociaux, un débat a appréhendé le « mieux vivre ensemble » dans une ville appelée à devenir, d'ici à vingt ans, millionnaire en nombre d'habitants. La question « Quelles solidarités de proximité face aux solitudes urbaines ? » a été débattue par Alain Juppé, Martin Hirsch, président de l'Agence du service civique, Françoise Héritier, anthropologue au Collège de France, et Xavier Emmanuelli, président du Samu social international.

« Sud Ouest Dimanche ». Comment expliquez-vous le développement des solitudes urbaines ?

Xavier Emmanuelli. Notre mode de vie a changé. Dans la France rurale d'il y a cinquante ans, des liens et entraides implicites entre les gens existaient et portaient remède. Aujourd'hui, 90 % de la population européenne vit en ville ou en milieu périurbain. Les familles se sont dispersées ou ont éclaté, et les gens se sont éloignés les uns des autres. Les plus anciens, qui, pour la première fois de l'histoire de l'humanité, vivent très très vieux, sont un peu laissés à eux-mêmes.

En outre, à cause de l'évolution du marché de l'emploi, la solitude et l'exclusion gagnent sans cesse du terrain. Ce n'est pas seulement le fait du chômage : la notion de « travailleur pauvre » est devenue un problème quantitatif. Quant à la solidarité de classes qui permettait aux gens de reconnaître ceux qui partageaient la même galère, dans les mêmes quartiers, elle a disparu.

Le monde associatif peut-il se substituer au politique et à l'État ?

À chacun son rôle : celui du politique est de comprendre les grandes évolutions de société et prévoir. Même s'il est de plus en plus obligé de réagir à l'instantané, tant le futur est difficilement perceptible. L'État redistribue les richesses de la collectivité. Quant aux associations, elles s'occupent des cas de détresse particuliers. Leur problème commun est d'ordre budgétaire, de plus en plus difficile.

La crise actuelle n'aggrave-t-elle pas la situation ?

Bien sûr, et cela peut inquiéter. Mais la crise peut aussi être constructive : les rapports de forces font forcément évoluer. Je crois vraiment que nous sommes à la veille d'une crise conceptuelle de la souffrance sociale. Celle-ci va imposer de rebattre les cartes. Or tout le monde aspire à une nouvelle donne.

Journal SUDOUEST.

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