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Lundi 12 avril 2010 1 12 /04 /Avr /2010 22:53
arton2763806Avant même d’avoir « consulté » le gouvernement sait déjà où il veut aller sur les retraites.

La grande séquence de concertation sur les retraites serait donc engagée. Mais le mot semble déjà galvaudé. Le Figaro annonçait hier avec un petit titre en une le « Coup d’envoi des consultations » mais ouvrait ses pages économiques avec « Première passe d’armes sur les retraites » ; les Échos annonçaient « Le plan de bataille du gouvernement ». On peut douter par ailleurs de la volonté de concertation qui prévaut à l’Élysée et à Matignon, au regard de la situation à la SNCF. Il est avéré que la direction en dresse un tableau mensonger en minimisant les conséquences de la grève. Cela, au détriment des usagers abusés et dans l’espoir de voir le mouvement s’épuiser. Que signifie, sinon, son refus de négocier avant la reprise du travail, si ce n’est qu’elle spécule sur la démobilisation des cheminots. Au stade d’un conflit national, la direction de la SNCF ne peut agir sans le feu vert du gouvernement. Les usagers, les citoyens, doivent être informés de cette duplicité.

Les retraites ne sont pas d’abord un problème comptable. Il s’agit d’une question majeure de civilisation qui ne peut se satisfaire de manipulations et de calculs politiciens. La manipulation est patente : il n’y aurait d’autres solutions que l’augmentation des cotisations et le recul de l’âge du départ. C’est dire qu’avant même d’avoir « consulté » le gouvernement sait déjà où il veut aller, ce qui au demeurant est un secret de Polichinelle. Et d’arguer, faute de mieux, de la démographie. D’emblée, donc, des pistes majeures sont écartées. En premier lieu, la réforme de l’assiette des cotisations, faisant contribuer les revenus financiers sous leurs différentes formes. Comme s’il voulait en conjurer le spectre, l’éditorialiste des Échos feint de balayer d’un revers de plume cette hypothèse qui ne représenterait, selon lui, que ≈†quelques dizaines de millions d’euros de prélèvements sur le capital ∆Æ Les chiffres sont tout autre. Un scénario minimaliste de la Cour des comptes avance déjà celui de trois milliards. L’autre piste, plus exactement l’autre donnée, fondamentale, c’est la situation de l’économie elle-même. C’est curieux tout de même, cette propension largement partagée à déconnecter la question des retraites de la logique du capitalisme et des réponses qu’il entend apporter à sa propre crise. Délocalisations, fermetures d’entreprises, chômage, pression sur le pouvoir d’achat, précarité, suppressions d’emplois dans la fonction publique… Nicolas Sarkozy et son gouvernement poussent les feux de la machine libérale. En faisant le choix de la croissance financière contre la croissance réelle, ils sapent les bases de la solidarité nationale. On comprend qu’ils ne rencontrent que l’approbation du Medef.

Selon un sondage Louis Harris, 80 % des Français jugent nécessaire la réforme des retraites mais rejettent les pistes du gouvernement. 56 % ne veulent pas cotiser plus longtemps, 60 % rejettent l’idée d’un recul de l’âge du départ. On croit déjà entendre les couplets qui ne sauraient tarder sur la pédagogie nécessaire, les rigidités des Français, comparés à leurs voisins européens si coopératifs« †Mais peut-être que les Français commencent à avoir leurs idées sur la question et il ne fait aucun doute qu’ils seront très attentifs à la ≈†concertation ∆¨ ou à la confrontation qui s’engage. Le pouvoir n’a pas toutes les cartes en main et il biaise. Il appartient aux forces syndicales, aux associations, à la gauche de porter le débat sur les retraites dans l’opinion, pour une construction collective d’une très haute ambition ?

Maurice Ulrich

Par Section Pcf Vierzon - Publié dans : Social
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Lundi 12 avril 2010 1 12 /04 /Avr /2010 09:45
La Fondation Copernic et l’association Attac lancent une pétition pour une "vaste mobilisation citoyenne" sur les retraites, demandant une taxation des profits pour s’attaquer aux déficits et la fin de "l’idéologie absurde du travailler toujours plus".

"Nous souhaitons contribuer à une vaste mobilisation citoyenne pour stopper cet engrenage", écrivent l’association altermondialiste Attac et la Fondation Copernic, qui rassemble notamment des universitaires et des acteurs du mouvement social.

Soulignant que les réformes des retraites menées depuis 1993 "ont déjà fait baisser le niveau des pensions d’environ 20%", elles jugent que le gouvernement prépare un nouvel allongement de la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein et un recul de l’âge légal minimal.

"Ces mesures condamneraient à la pauvreté la plupart des futurs retraités, surtout les femmes et tous ceux et celles qui ont connu et connaîtront des périodes de chômage et de précarité importantes", déplore le texte de la pétition.

"La vraie raison des mesures qui s’annoncent n’est pas liée à la démographie", poursuivent ses auteurs pour qui l’objectif principal serait de rassurer les marchés financiers.

Pour régler le problème des déficits, le texte propose comme alternative "un accroissement des prélèvements sur la richesse produite", visant particulièrement les profits pour "en finir avec l’actuel partage éhonté de la richesse au bénéfice des revenus financiers".

Le texte comptait près de 500 premiers signataires à la mi-journée.

L’appel peut être signé sur http://exigences-citoyennes-retraites.net/

Le gouvernement français s’apprête à engager une nouvelle réforme qui risque de porter un coup fatal au système de retraite par répartition en jurant une fois de plus que c’est pour le sauver. Le bilan des réformes menées depuis 1993 est déjà catastrophique, car toutes les dispositions prises (calcul sur les vingt-cinq meilleures années, indexation sur les prix et non plus sur les salaires des actifs, allongement de la durée de cotisation sous peine de décote ont déjà fait baisser le niveau des pensions d’environ 20 %. Elles ont aggravé les inégalités déjà fortes entre les pensions des hommes et des femmes. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) prévoit que le taux de remplacement moyen œ†niveau de la retraite par rapport au salaire œ†passerait de 72 % en 2007 à 59 % en 2050. Cette dégradation continuera donc de frapper les actuels retraités et touchera également les générations suivantes.

Malgré ce bilan désastreux, le gouvernement veut aller encore plus loin en supprimant l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans en le portant à 62, voire 65 ou 67 ans, comme le demande le Medef, et en remettant en cause le calcul sur les six derniers mois d’activité des retraites du secteur public. Jumelées avec un nouvel allongement de la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein, ces mesures condamneraient à la pauvreté la plupart des futurs retraités, surtout les femmes et tous ceux et celles qui ont connu et connaîtront des périodes de chômage et de précarité importantes. Ce sont les salarié(e)s les plus jeunes qui subiraient les effets cumulés de ces orientations au moment de partir à la retraite. Le gouvernement et le patronat persistent à vouloir durcir les conditions de départ en retraite alors même que les entreprises continuent de se débarrasser des salariés âgés avant qu’ils aient acquis la totalité de leurs droits. Exiger que les salariés travaillent et cotisent plus longtemps, alors que l’âge moyen de cessation d’activité est de 59 ans, ne vise qu’à baisser le niveau des pensions. De plus, cette logique remet en cause la solidarité intergénérationnelle. Il n’y a aucun sens à augmenter l’âge de la retraite alors que le chômage de masse sévit pour les jeunes. Au lieu de voir dans la retraite par répartition une transmission perpétuelle et solidaire de la prise en charge d’une génération par la suivante, le gouvernement et le patronat, afin d’attiser la division, la stigmatisent comme un fardeau pour la seule génération à venir. Le danger ne s’arrête pas là. Le COR dessine les contours d’une réforme pour remplacer notre système par un autre par points ou par comptes notionnels.

Dans les deux cas, il s’agirait de ne plus avoir à assurer un taux de remplacement du salaire défini à l’avance et de faire de la variation du niveau des pensions le moyen d’équilibre financier des régimes. Cela aggraverait encore la baisse du niveau des pensions et contraindrait les salariés, particulièrement les salarié(e)s pauvres et effectuant les travaux pénibles, à travailler toujours plus longtemps. La vraie raison des mesures qui s’annoncent n’est pas liée à la démographie. La crise financière a provoqué une récession et donc une flambée des déficits publics. Les États continuent benoîtement à financer leurs déficits en empruntant sur ces mêmes marchés financiers qui ont provoqué la crise. Réduire ces déficits pourrait se faire par une taxation du capital. Mais les spéculateurs refusent évidemment cette solution, demandent que les États donnent des gages et exigent une réduction des dépenses publiques. Une alternative à cette régression sociale existe pourtant. A moins de décréter la paupérisation des retraité(e)s, il est normal de couvrir les besoins sociaux liés à l’augmentation de leur part dans la population par un accroissement des prélèvements sur la richesse produite. Les déficits des caisses de retraite sont essentiellement dus au refus obstiné de le faire. Pourtant, le besoin supplémentaire de financement nécessaire aux retraites est réalisable puisqu’il a été chiffré en 2007 par le COR entre 1 et 2 points de PIB jusqu’en 2050, à comparer avec la chute de la part de la masse salariale de 8 points au cours des dernières décennies et avec l’explosion correspondante des dividendes, qui sont passés de 3,2 % du PIB en 1982 à 8,5 % en 2007. Il est donc juste d’augmenter la part des salaires et des pensions dans la richesse produite en s’attaquant aux profits. Le financement des retraites est possible à condition d’en finir avec l’actuel partage éhonté de la richesse au bénéfice des revenus financiers. C’est ce partage qui constitue le tabou à faire sauter, et non l’âge de départ. Il s’agit là d’un choix politique de justice et de solidarité. La question des retraites pose celle de la société dans laquelle nous voulons vivre. Nous ne pouvons accepter la paupérisation programmée des futurs retraité(e)s, l’idéologie absurde du "travailler toujours plus" et la destruction des solidarités sociales. Nous souhaitons contribuer à une vaste mobilisation citoyenne (réunions publiques, appels locaux pour stopper cet engrenage.

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Vendredi 9 avril 2010 5 09 /04 /Avr /2010 06:31

Le métier d'infirmière n'est pas pénible puisqu'elles ne sont pas plus invalides et qu'elles ne meurent pas plus tôt que la moyenne des femmes... C'est ce qu'affirme Roselyne Bachelot. Un point de vue que ne partagent pas les personnes concernées.

Faux madame Bachelot:

Ainsi, selon les statistiques de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL), "la concession d'une rente d'invalidité concerne 9,8% des nouvelles pensions hospitalières accordées en 2008". Par ailleurs, toujours selon la CNRACL, l'âge moyen des femmes hospitalières retraitées décédées en 2008 est de 78,8 ans, soit environ 22 ans après leur départ à la retraite. Leur espérance de vie n'est donc pas de 31,6 ans comme l'a affirmé la ministre de la Santé.

La réalité du terrain:

"Comme beaucoup d'infirmières, je suis choquée par les propos de notre ministre de tutelle qui témoignent d'une totale méconnaissance et d'un mépris de notre profession", déplore Nathalie Depoire, présidente de la Coordination Nationale Infirmière (CNI). "Si François Fillon a accordé la bonification aux infirmières en 1993, c'est que le métier remplit plus de la moitié des critères de pénibilité", rappelle de son côté Philippe  Crepel, responsable de la CGT Santé, qui cite notamment le travail de nuit, les horaires en 3/8, le stress, le contact avec des produits toxiques et des malades et le port de charges lourdes. "Notre ministre oublie de dire qu'une infirmière sur deux dans l'hôpital public arrête d'exercer au bout de cinq ans en raison des conditions de travail", note Thierry Amouroux, président du SNPI.

Ainsi Brijitte témoigne : "53 ans et infirmière crevée, 32 ans d'exercice la nuit, et à temps plein sur des équipes de 12 heures. Je ne me sens pas d'aller à 60 ans comme soignant, ce sera peut être comme patient. J'invite la grande bouche de Roselyne qui "pense" derrière un bureau à tenir mon rythme de femme, de mère et d'infirmière une semaine et je suis sure qu'elle reverra sa copie".

Un autre, Henri, prend quant à lui la parole pour son épouse : "10 ans de 3/8 en réa et 20 ans de nuit en ortho par 10h de suite et des séries pouvant aller jusqu'à 4 jours de suite et certaine fois elle rentre avec son panier repas même pas ouvert!"

Francine, elle, choisit plutôt l'ironie : "Je peux dire qu'en temps qu'ancienne infirmière, j'ai trouvé mon métier pénible et difficile. J'ai eu la chance de partir en retraite à 55 ans, claquée et exténuée. Si j'avais 20 ans le job que je choisirai est sans nul doute celui de ministre de la Santé".

Les députés de la majorité ont adopté jeudi 8 avril l'échange proposé par le gouvernement : accorder aux infirmières du public des salaires plus élevés contre une retraite plus tardive. Les personnels infirmiers et paramédicaux devront donc choisir, à partir de juin, entre une meilleure rémunération mais un départ à la retraite à 60 ans, ou le maintien de leur droit à la retraite à partir de 55 ans mais une revalorisation salariale beaucoup plus faible. S'ils optent pour la première solution, ils perdent de facto la bonification " un an de cotisation pour dix ans travaillés " qui leur avait été accordée en 2003 par la loi Fillon sur les retraites, comme reconnaissance de la pénibilité de la profession.

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Jeudi 8 avril 2010 4 08 /04 /Avr /2010 15:13

greve-sncf-trains 7613,85% de gérvistes selon la direction, 19,65% selon la CGT - qui appelait aujourd’hui toutes les catégories de personnel à cesser le travail : le mouvement est un peu plus suivi qu’hier, même si le trafic est un peu meilleur...

8,82% de grévistes hier selon la direction, 13,85% aujourd’hui. Pas besoin d’être fin analyste pour affirmer que le mouvement à la SNCF est plus suivi aujourd’hui. Cela dit, la donne a légèrement changé : hier, la CGT n’appelait que les conducteurs et les contrôleurs à cesser le travail ; aujourd’hui, toutes les catégories sont concernées.

La CGT a d’ailleurs pointé 19,65% de grévistes. Et a recensé 39,87% de conducteurs grévistes, 43% de contrôleurs, avec des pointes à Limoges, Toulouse, Lyon, Marseille, Rouen ou encore Rennes.

Le trafic, lui, est conforme aux prévisions. Un peu meilleur qu’hier. En moyenne, le service des TGV va de deux TGV sur trois à un service normal, trois Transiliens sur quatre circulent en moyenne, deux TER sur trois et un train Téoz ou Intercités sur deux.

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Jeudi 8 avril 2010 4 08 /04 /Avr /2010 08:22

arton2763806Si l’on avait le moindre doute sur comment le gouvernement va attaquer sa contre-réforme des retraites, le débat en cours au Parlement sur le dialogue social dans la fonction publique est éclairant à plus d’un titre. On apprenait hier que le tout nouveau ministre du travail et de la fonction publique comptait déposer un amendement en séance visant à introduire le salaire au mérite.

La méthode révèle la confiance que le pouvoir met dans sa propre majorité, le respect qu’il accorde à la représentation nationale et, surtout, le mépris dans lequel il tient et le dialogue social et les organisations syndicales. Ces dernières ont participé dix mois durant à des négociations sur ce point. Elles ont, toutes, refusé le projet sur lequel le gouvernement s’est arc-bouté tout ce temps. Ce style du passage en force érigé au rang des beaux-arts par l’hôte de l’Élysée lui-même augure de façon plus qu’inquiétante du futur débat sur les retraites.

L’autre point éclairant et tout aussi grave de la discussion en cours à l’Assemblée est qu’il en va de même pour l’avenir des infirmières. Le même procédé de l’amendement sorti du chapeau, toujours dans ce texte sur le dialogue social dans la fonction publique et voilà le registre du chantage qui s’enrichit d’un couplet : si vous voulez conserver votre droit à la retraite à 55 ans pour travail pénible, alors vous serez privées du droit au changement d’indice salarial que vous réclamez ; si vous voulez voir reconnaître vos qualifications dans votre salaire, alors acceptez de travailler plus longtemps. Dire cela à une profession qualifiée, dévouée à l’hôpital public comme aux patients, mais aussi à bout, en sous-effectif, et aux horaires qui explosent tous les compteurs éclaire sur la société que nous concoctent ces adeptes du dialogue social jour après jour, contre-réforme après contre-réforme.

Le coup de force permanent en dit long sur tout ce qu’il s’agit d’abattre, pour cette droite et ses alliés du Medef, de notre modèle national et tout ce qui lie solidarité et efficacité sociale et économique, en premier lieu le service public et la protection sociale, pour transformer un peu plus les hommes en marchandise et soumettre toutes leurs activités à la rapacité de la rentabilité financière.

L’accélération du calendrier n’est pas, pour autant, signe de victoire acquise, après la défaite subie lors des dernières élections régionales et le séisme qui atteint le cas même du parti unique présidentiel depuis. Certes, le pouvoir est déterminé à mener son chantier de démolition sociale jusqu’à un point où il serait irrémédiable à ses yeux. Il semble même prêt à atténuer ce bouclier fiscal qui vaut programme, si cela peut servir à trouver des alliés sur sa gauche disposés à accepter l’alourdissement de la CSG et de la CRDS.

Comme il espère en trouver pour accepter l’allongement de la durée de cotisation, la remise en cause de la retraite à 60 ans, ou la baisse des pensions. Ces mesures condamneraient à la pauvreté la plupart des futurs retraités, surtout les femmes et tous ceux et celles qui ont connu et connaîtront des périodes de chômage et de précarité importantes déclarent les initiateurs de l’appel à une mobilisation citoyenne que nous publions. Toutes mesures que refusent les Français.
Ils ont raison. Les semaines qui viennent le feront entendre.

Michel Guilloux.

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