Plusieurs syndicats ont pris les devants avant que le nouveau plan de rigueur
gouvernemental
ne tombe ce lundi sur les travailleurs. Non à une deuxième journée de travail gratuit, ont dit dimanche la CGT, FO ou la CFTC. Ce d'autant plus que les millions récoltés
iraient directement dans le budget de l'Etat, contrairement à la journée "Raffarin" de solidarité qui sert à financer la dépendance.
"Les salariés ne sont en rien responsables de cette crise et ne doivent pas en payer le prix", affirme ce dimanche le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault sur RTL (à écouter ici). "Une journée de solidarité, une journée de la dette… On aura peut-être d'autres jours si on laisse ce principe du travail gratuit s'instaurer. Dans certains pays, on baisse les salaires, nous on généraliserait le travail gratuit, ce qui est particulièrement scandaleux."
Jean-Claude Mailly a lui-aussi jugé "inacceptable" cette mesure, dénonçant le manque de concertation du gouvernement. "Ce qui est envisagé, ce serait en fait de travailler gratuitement, c'est une journée de travail gratuit pour servir le plan d'austérité, donc ce serait particulièrement inacceptable", a affirmé le secrétaire général de Force ouvrière sur France-Info (à écouter ici). "On ne peut pas, comme à Cannes (lors du G20, ndlr), reconnaître qu'il y a une croissance des inégalités sociales et prendre éventuellement une mesure de ce type qui ne ferait que renforcer les inégalités. Ce serait un signe que pour sortir de la crise, il faut faire payer l'austérité aux salariés. C'est tout le contraire de ce qu'il faut faire."
Sur la même longueur d'ondes, Joseph Thouvenel, secrétaire général adjoint de la CTFC, réaffirme lui un principe fondamental: "Tout travail mérite salaire". Mais, "on a des problèmes budgétaires, il faut trouver de l'argent" et "la CFTC avance des contre-propositions: Aujourd'hui nous avons 577 députés, alors qu'une très grande majorité des textes qui nous régissent viennent de l'Europe. Donc on n'a sans doute pas besoin de conserver 577 députés, passons à 300 parlementaires, c'est largement suffisant", affirme le responsable de la CFTC qui chiffre à 277 millions d'euros les économies réalisées.
Plus sérieusement, la CFTC estime que l'effort "doit être partagé" et une éventuelle nouvelle journée de solidarité devrait toucher "toutes les professions qui n'étaient pas concernées" par la première. "Qu'on prenne une journée de revenu aux professions libérales, aux artisans, aux commerçants, aux rentiers".
BLOG/Ami
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