Je suis un artisan du Front de Gauche ou tout au moins je prends en compte que le Front de
Gauche a été retenu par la grande majorité des communistes lors du dernier congrès dans le texte qui a été voté par la grande majorité des communistes.
J’ai pour ma part mis en œuvre, de façon extrêmement loyale la politique du Front de
Gauche lors des dernières élections régionales alors que l’on avait tout à fait possibilité de faire différemment, en conduisant une liste en région Auvergne mais véritablement avec le
respect des différentes composantes du Front de Gauche, en essayant de faire avancer quelle était ma conception de la politique… ce que j’expliquais tout à l’heure.
Ça n’a pas été facile puisque on a affaire (je vais prendre un tout petit peu
plus de temps pour que les choses soient claires, parce que c’est important que j’explique).
Ça n’a pas été facile, j’ai découvert les différents partenaires, notamment le Parti de
Gauche, une culture politique et une pratique politique à l’opposé de celle que moi j’essaie de porter des décennies, c’est à dire qu’elle s’appuie sur le plus grand nombre, sur le
peuple, sur une proximité quotidienne, si l’on puis dire… et là j’ai découvert un parti où tout partait du haut véritablement et ça descendait vers le bas.
Et quand je leurs ai parlé de faire des réunions avec des citoyens pour construire le
projet, ils ne pouvaient pas y croire. Et j’avais l’impression qu’il découvraient quelque chose. Ils me collaient aux fesses à toutes les réunions que j’animais, ils ont découverts que l’on
pouvait faire un pacte électoral avec les citoyens, construire, ce que l’on appelait le pacte citoyen.
On avait un véritable bouillonnement sur la base du Front de Gauche en région Auvergne avec un
résultat de 14,2%, il y avait dans le Département du Puy de dôme 20,75% . Tout ça, ça m’a convaincu dans l’idée que l’on pouvait créer une dynamique, je ne dis pas une organisation ! une
dynamique de lutte, voire électorale pour pouvoir peser d’avantage sur la vie politique. C’est le premier message que je voulais faire passer.
Donc les choses sont claires en ce qui me concernent. Et ce n’est sans doute pas clair pour tout
le monde.
Mais pour moi en aucun cas le Front de Gauche ne doit préfigurer quelconque
organisation politique nouvelle, et en
aucun cas le Front de Gauche ne doit préfigurer la disparition du Parti Communiste Français, parce que André Gerin l’a bien montré, on a besoin d’un parti révolutionnaire, du Parti
Communiste et là où les partis communistes ont disparu on voit le résultat qu’il y a eu, en Italie où il n’y a plus de mouvement progressiste, on peut dire qu’il n’y a plus de gauche,
où le capitalisme fait ce qu’il veut, donc pour moi c’est sans ambiguïté ! Sans ambiguïté ! (Applaudissements) Ah je suis content d’avoir des applaudissements.
Mais ça veut dire que dans l’état actuel des rapports politiques, je ne sais pas de quoi
demain sera fait. Mais on est dans cette dynamique du Front de Gauche, pour ma part je m’inscris dans cette dynamique du Front de Gauche, ce qui me fait dire, et je sais que c’est là
que l’on a une divergence avec André Gerin .
Ce qui me fait dire que pour ma part, dans la désignation du candidat aux élections
présidentielles du candidat que je souhaitais pour ma part un candidat unique Front de Gauche, je rejette deux a priori.
Je rejette le premier à priori qui consisterait à dire, il faut, parce que c’est la loi du
nombre et la loi de l’histoire, il faut que le candidat du Front de Gauche soit automatiquement, obligatoirement, mécaniquement un candidat communiste.
Ca je le rejette. Franchement je le rejette. Parce que dans le cadre d’un mouvement tel
que l’on est en train de le construire, on ne peut pas imposer un rassemblement, un candidat qui serait issu du PCF parce que le Parti Communiste Français c’est 135 000 adhérents, que le PG en
a à peu prêt 8 000, c’est à dire grosso modo le nombre d’adhérents que l’on fait chaque année et que la Gauche Unitaire en a quelques centaines, malgré cela je ne suis pas favorable à imposer
par la voie du nombre un candidat qui serait communiste. Je donne mon idée.
Par contre de la même façon, je rejette un deuxième à priori qui m’agace c’est avoir l’à
priori que le candidat ne pourrait pas être communiste !
Au nom de quoi le candidat du Front de Gauche ne pourrait pas être communiste ? Au nom du
résultat des dernières régionales où là on a fait les meilleurs résultats, on a déplacé les 10% avec des têtes de listes communistes.
Au nom de quoi on exclurait que le candidat soit communiste. Je l’exclus ! et
j’exclus encore d’avantage dans ce deuxième habillage, qu’il y aurait un candidat auto-proclamé, incarné, un candidat naturel, un candidat qui serait porté par les média en la personne de Jean
Luc Mélenchon, ça je ne le supporte pas non plus ! parce que c’est contraire à la démarche collective du Front de Gauche.
Alors à partir de là, c’est là que la complication… et je suis très bien André, qu’est ce que l’on
fait ?
Moi ce que je dis peut être avec naïveté, je dis qu’il faut quelqu’un, il faut que l’on
gagne le candidat communiste, le candidat du Front de Gauche, issu du parti communiste pour porter la parole collective du Front de Gauche, il faut que l’on le gagne par la conviction.
Il faut qu’on le gagne par la conviction. Que l’on fasse déjà la démonstration, au sein du Parti Communiste Français, parce que ce n’est pas gagné, que le candidat peut ne pas être
Mélenchon !
Et là il y a déjà une sacrée bagarre à accomplir et c’est ce que j’essaie de faire en allant de
réunion en réunion, seul, sans équipe, pour essayer de convaincre que le Front de Gauche peut être représenté par un communiste.
BLOG/JMR "Débat entre André GERIN et André
CHASSAIGNE"
André
Chassaigne :
La Gauche unitaire (parti issue d'une scission du NPA) a confirmé ce week-end sa préférence pour une candidature de Jean-Luc
Mélenchon pour représenter le Front de gauche en 2012, lors de son premier conseil national depuis son congrès début février.