Ça déménage ! L’Humanité va jouer une nouvelle partition à Pleyel

Publié le par Section Pcf Vierzon

Le journal investissait hier ses nouveaux locaux, carrefour Pleyel à Saint-Denis. Avec un défi : ne pas interrompre sa parution entre le vendredi et le lundi. Si vous lisez ces lignes, c’est que le défi aura été relevé. Récit 
d’une journée particulière 
à l’ombre de 
la tour Pleyel.

Atterrissage en douceur dans de nouveaux locaux, ce dimanche matin, carrefour Pleyel, pour l’équipe de l’Humanité.

De l’ombre de la basilique de Saint-Denis aux abords du Stade de France, le journal avait déjà voyagé ces dernières années. Il est à nouveau contraint de faire ses cartons. «Nous nous sommes retrouvés au centre d’un conflit dans lequel nous n’étions pour rien», confie le directeur de L’Humanité, Patrick Le Hyaric. Un conflit entre les propriétaires du bâtiment et les banques qui finançaient le projet immobilier. Pas assez rentabilisé, avec des étages inoccupés, la société gestionnaire de l’immeuble a dû mettre la clé sous la porte et, dans la foulée, demander à ses locataires (nous) de plier bagage.

La recherche du profit a ses raisons que n’effleure guère l’enjeu démocratique qui représente l’information.

L’idéal pour éviter ces désagréments serait « d’être propriétaire, tranche le directeur, mais cela suppose un investissement de 10 à 15 millions d’euros que nous ne pouvons réaliser ». Pour autant il se félicite des nouveaux espaces, « plus conviviaux, mieux adaptés pour un journal que ne l’étaient les anciens », même si les espaces ont dû être « rationalisés », précise-t-il.

Peu à peu les journalistes arrivent, les agents des services généraux, ceux des services informatiques sont déjà là.

« Nous avons tiré ici 36 kilomètres de câbles! Et nous avons installé 260 postes, détaille le responsable du service informatique. Toute l’équipe était mobilisée de huit heures à minuit. En douze heures, nous avons du déménager l’ensemble de l’infrastructure réseau ». Cela fait trois mois que le service informatique prépare tout, avec l’aide des informaticiens de Dell et de la société Tégé-Sofip. Un travail titanesque pour assurer la continuité de la parution.

« Nous paraîtrons lundi, c’est certain ! » Patrick Apel-Muller, directeur de la rédaction, a le sourire. Parvenir à sortir un journal le vendredi et l’autre le lundi signifiait réussir un déménagement complet en 48 heures. De quoi susciter quelques inquiétudes dans la rédaction en chef.

Pendant ce temps, dans les nouveaux locaux des archives, Lucien San Biaggio tente de remonter une étagère. Au service du personnel, Maguy, la responsable, cherche de la place pour caser une armoire qu’un déménageur de GBA tient en équilibre sur un chariot. « On a déménagé 1200 mètres cubes en trois jours, explique Hocine, un responsable de l’entreprise, nous étions 28 et nous avons fait 76 rotations de camions! Mais tout s’est bien passé. »

Au rez-de-chaussé les services généraux assurent l’accueil. Ils remettent à chacun un nouveau badge et proposent café, croissants et jus d’orange.

Dans le patio les accros de la cigarette reprennent du service, tandis que d’autres profitent des quelques rayons de soleil d’un dimanche de fin d’été en région parisienne.

Au premier ça s’agite. Toute l’équipe de l’Humanité dimanche qui occupe l’étage est au rendez vous. Et pour cause, privés de locaux le vendredi, retardés d’un second jour pour assurer la parution du supplément pour la Fête de l’Humanité, les journalistes, sous la houlette d’André Ciccodicola, le rédacteur en chef, doivent néanmoins assurer le bouclage de l’hebdomadaire en temps et en heure. Il faut mettre les bouchées doubles. Au même étage est installée la rédaction du journal la Terre qui prendra dès lundi possession des lieux.

Au deuxième étage, la conférence de rédaction du quotidien a commencé. On propose le sujet d’ouverture, chaque rubrique défend ses choix, une situation presque anodine, sinon les petits sourires et les coups d’œil amusés qu’on observe. Chacun tente de prendre ses marques. « Alors, qu’est-ce que tu en penses? » croit-on lire dans les regards. Certains se trouvent trop à l’étroit, mais la plupart considèrent les lieux plus aérés. « Ici au moins on peut ouvrir les fenêtres » , lâche-t-on dans un couloir. Certains tournent en rond et se retrouvent à l’endroit qu’ils venaient de quitter sans avoir trouver leur bureau. Le sens de l’orientation est chose précieuse dans les immeubles construits en double T.

Quoi qu’il en soit, dans un lieu nommé Carré Pleyel, chacun finira bien par s’y retrouver. Plus précisément, le bâtiment qu’occupe l’Humanité a été baptisé Calliope, nom de l’une des neuf filles de Zeus, muse de la poésie épique et de l’éloquence, de quoi inspirer les nouveaux locataires.

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5, rue Pleyel - Immeuble Calliope
93528 Saint-Denis Cedex

Frédéric Durand Reportage photos : Julien Jaulin.

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