Ces aéroports qui coûtent chers et ne servent presque à rien.

Publié le par Section Pcf Vierzon

Le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, est-il vraiment utile, à l’heure où le trafic aérien est en berne ? Basta ! s’est penché sur le cas de ces aéroports français qui sont aujourd’hui largement sous-utilisés, grèvent les finances publiques et ne vivent que grâce aux compagnies low-cost, elles-mêmes sponsorisées par le contribuable. L’aéroport voulu par Jean-Marc Ayrault ressemblera-t-il demain à ces zones d’embarquement quasi désertes ?

En France, 55% du trafic aérien passager et 89% du trafic de fret sont concentrés dans les aéroports de Paris. La moitié du trafic régional concerne quatre aéroports : Nice, Lyon, Marseille et Toulouse [1]. Mis à part Nice, aucun des 150 aéroports régionaux n’a vraiment réussi développer ses liaisons internationales. Si ce n’est à coup de subventions régionales ou en accueillant des compagnies low-cost, elles aussi subventionnées. Une situation qui risque de perdurer alors que la morosité s’installe dans le ciel commercial : parmi les 15 premiers aéroports mondiaux, seul ceux situés en Asie (Pékin, Hong Kong) ou au Moyen-Orient (Dubaï), ont une croissance en nombre de passagers supérieure à 4% (2,2% pour Paris CDG).

Pour les vols intérieurs, le trafic aussi est en berne : « Le niveau d’activité du trafic intérieur, en constante diminution depuis une dizaine d’années, est du même ordre de grandeur qu’en 1994 », constate la Direction générale de l’aviation civile. Directement concurrencés par le TGV, certains aéroports se révèlent fortement sous-utilisés. Dans ce contexte, le nouvel aéroport nantais, prévu à Notre-Dame-des-Landes, est-il vraiment utile ? Petit aperçu du sort qui pourrait lui être réservé, au regard de ce qui se passe chez ses voisins.

Angers : l’aéroport qui fait fuir toutes les compagnies aériennes

- Inauguré en 1998
- Taux de fréquentation : 10%
- Gestionnaire : société Kéolis Angers

« Quand un avion se pose à l’aéroport d’Angers, c’est presque un évènement », ironise-t-on en pays angevin. Il faut dire qu’avec les 5 000 passagers accueillis en 2011, cet équipement pourvu de deux pistes a atteint le taux de fréquentation record de... 10 % ! Situé sur la commune de Marcé, à vingt-cinq kilomètres au nord-est d’Angers, disposant de divers services (bar, location de voitures, boutiques), l’aéroport enchaine les déconvenues depuis son ouverture. Les taux de remplissage des avions sont si bas que les compagnies se succèdent sur le tarmac angevin sans jamais s’y installer. Ni les liaisons intérieures (vers Clermont-Ferrand, Tours ou Lyon), ni les liaisons internationales (vers l’Angleterre ou l’Irlande) ne rencontrent de succès. Mais ce bilan lamentable ne décourage pas les élus locaux. Face aux suggestions de fermeture – notamment si l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes voit le jour –, Daniel Loiseau, vice-président (PS) d’Angers Loire Métropole a ainsi martelé, en septembre 2010 : « Notre aéroport a sa vocation et son utilité ».

Début 2012, l’élu se réjouit de l’arrivée de la compagnie britannique British Airways. Mais son collègue UMP Christophe Béchu, président du Conseil Général du Maine-et-Loire refuse de verser les 43 000 euros qui lui sont demandés, en échange de promesses de retombées touristiques. Celles-ci sont « malheureusement négligeables », affirme l’élu. « Ce n’est pas le rôle de la collectivité de financer une partie du voyage d’un touriste souhaitant se rendre aux Jeux Olympiques de Londres », ajoute-t-il. L’engouement des angevins pour Londres (et réciproquement) n’a pas été très long. Les vols de British Airways sont déjà suspendus, et ce jusqu’à mai 2013. Pour l’heure, la seule destination ouverte dans la rubrique « Vols au départ d’Angers », c’est Nice, premier aéroport en dehors de Roissy et d’Orly.

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Publié dans ECONOMIE

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