Congrès du PS: Le Monde ment, pas Mélenchon!

Publié le par Section Pcf Vierzon

Il est désormais dans les habitudes du journal Le Monde de traquer les déclarations de Jean-Luc Mélenchon, de les commenter et surtout de tenter d’y débusquer d’éventuels mensonges. L’objectif est clair et net: décrédibiliser le co-président du Parti de Gauche sans en avoir l’air.

D’abord on plante le décor.

Alors qu’il ne dissimule même plus son adhésion aux politiques d’austérité, qu’il plaide sans relâche en faveur du TSCG voulu par le PS et l’UMP, qu’il en appelle même à la démission de ministres écolos juste parce qu’ils sont contre la règle d’or, le journal Le Monde titre son offensive anti Mélenchon du 29 octobre 2012 “Jean-Luc Mélenchon invité de “Tous Politiques”: nos vérifications. Ben oui, il ne faudrait tout de même pas montrer trop ostensiblement l’acharnement auquel se livrent Samuel Laurent et Jonathan Parienté sur ordre de leurs patrons dans leur billet. Car en vérité se dissimule derrière la soi disant vérification une véritable traque. Dans une émission radio de la veille, journée qui clôturait le congrès du parti de la rose, Jean-Luc Mélenchon démontrait la disparition progressive et bien réelle de l’aile gauche du parti socialiste. Avec l’aide de leur calculatrice et de quelques vagues souvenirs d’arithmétiques, nos deux compères traqueurs de mensonges “vérifient” donc les propos du leader du Front de Gauche. Le décor est planté.

Puis on proclame une vérité. 

A l’inverse de ce qu’affirme Jean-Luc Mélenchon, l’aile gauche du PS ne disparaît pas. Elle est stable depuis 2005 autour de 20%. Voilà donc la nouvelle vérité qu’il s’agît de proclamer. Notons au passage qu’Ils s’y mettent à deux histoire de bien indiquer à leurs lecteurs que leur travail d’algèbre est sérieux, précis, objectif et rigoureux. Pourtant, le nombre de voix obtenues par l’aile gauche du parti socialiste a bel et bien été divisé par 4 depuis 2005. A cette date elle en totalisait 48 000, puis 26 000 en 2008 lors du congrès de Reims et enfin 11 000 du côté de Toulouse ce week-end. Et 48 000 divisés par 11 000 ça fait bien 4,3 et des brouettes quoi qu’on en dise. Mais nos deux traqueurs arithméticiens, tellement soucieux de mettre en mauvaise posture Jean-luc Mélenchon, commencent une démonstration “made in Le Monde”. Selon eux, la méthode de calcul du co-président du Parti de Gauche est “discutable”. Oubliant dès lors la règle de base de l’arithmétique qui consiste à ne jamais additionner des choux et des carottes, Samuel Laurent et Jonathan Parienté mélangent les bulletins de vote favorables à la motion 3 de Emmanuel Maurel à ceux de la motion 4 de Stéphane Essel. L’aile gauche du PS façon Le Monde se voit alors créditée de 20 000 voix et d’un score de 25%. Voilà comment les 2 traqueurs de mensonges du Monde s’y prennent pour décrédibiliser Jean-Luc Mélenchon et proclamer qu’il a menti. Sauf que la ligne politique défendue par la motion 3 d’Emmanuel Maurel et celle défendue par la motion 4 de Stéphane Essel n’ont rien à voir! Du reste, les militants socialistes de chacune de ces 2 motions apprécieront comme il se doit le goubiboulga concocté par le très sérieux journal Le Monde juste pour se payer Mélenchon.  Vous voulez une preuve? Plutôt que d’additionner des choux et des carottes, il est bien plus pertinent de faire l’inventaire des signataires des motions. Ainsi, Marie Noëlle Linemann, Gérard Filoche, Gérôme Guedj, entre autre, signent la motion 3. Et ils sont tous originaires du courant Un Monde d’Avance d’un certain Benoit Hamon. Or Benoît Hamon n’était autre que le porteur de la motion de gauche lors du précédent congrès de 2008 à Reims. Seulement voilà, il a préféré, le cher Benoît, vendre l’aile gauche du PS à Jean-Marc Ayrault. Alors la motion 3 d’Emmanuel Maurel devient l’unité de soins palliatifs des militants de feu Un Monde d’Avance. Ces militants, par conviction, ne choisissent quasiment pas la motion 4 de Stéphane Essel!

Enfin, on refait l’histoire à son image.

Mais nos deux traqueurs ne se contentent pas d’inventer leurs propres règles à calculer. Ils refont l’histoire du congrès du Mans de 2005 dans le seul but de la faire coller aux besoins de leur démonstration. Car il ‘y a un os. Et cet os il est énorme. En 2005, l’aile gauche du PS pèse 45% . Et il faut absolument faire en sorte qu’elle tourne autour de 20%. Sinon, toute l’accusation de mensonge s’effondre. Qu’à cela ne tienne. Rien n’est impossible pour Samuel et Jonathan, les inépuisables faiseurs de fables du Monde. Car selon eux, au congrès du Mans, le score élevé obtenu par les deux motions qui rejettent le TCE, celle de Laurent Fabius et Jean-Luc Mélenchon d’un côté, celle de Benoît Hamon, Henri Emmanuéli et Vincent Peillon de l’autre, ne sont pas cumulables.

Pourquoi donc se dit-on ? Parce que ce qui les rassemble n’est pas un idéal de gauche mais seulement le rejet du TCE. Ils affirment alors que la motion de l’aile gauche au Mans était celle du NPS de Benoît Hamon, Henri Emmanuéli et Vincent Peillon. Et cette motion a obtenu 23,54%, des suffrages, ce qu’il fallait démontrer. Car, prétendent-ils, le débat sur le TCE a généré un clivage “artificiel” au sein du PS. Pourtant, chacun le sait, du plus averti au plus candide en politique, le véritable clivage politique gauche / droite se fait autour de la question européenne. Il suffit d’analyser le dernier vote sur le TSCG pour s’en apercevoir:

  • les droitiers du PS votent comme l’UMP pour une Europe de l’austérité et des marchés,
  • l’aile gauche du PS préfère rejeter un tel texte et vote comme les représentants du Front de Gauche à l’assemblée.

Le journal le Monde: une tribune libérale prête à tout.

Mais pour le journal Le Monde, cette autre gauche, la gauche qui monte au front pour défendre les classes précaires, populaires et ouvrières, ne comptent pas. Cette autre gauche ne fait que raconter des histoires. Folle et irresponsable, tout doit être mis en oeuvre pour la décrédibiliser. Alors tous les coups sont permis, y compris l’acharnement, la manipulation, l’approximation et pour finir la fabrication de contre-vérités effrayantes pour faire triompher l’idéologie libérale d’une Europe réglée à l’or des marchés.

Dans cette affaire, le menteur c’est pas Mélenchon. Le Menteur raconteur de fables c’est le journal Le Monde.

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