Dossier: Économie touristique : des jeux mais pas de pain.

Publié le par Section Pcf Vierzon

Londres, envoyé spécial. Contrairement à ce qu’annonçait le premier ministre David Cameron, l’événement ne génère pas ou peu de recettes supplémentaires par rapport à un été normal.2012-08-03londres-tourisme.jpg

Seize milliards d’euros de retombées économiques dont près de trois grâce à l’augmentation du tourisme : la promesse inconsidérée du premier ministre britannique, David Cameron, n’aura fait illusion que quelques jours. Les premiers chiffres le démontrent : l’affluence touristique n’est pas au rendez-vous. « Pour l’instant, le nombre de visiteurs est considérablement plus bas qu’il y a un an », a annoncé à l’AFP Tom Jenkins, directeur général de l’Association des voyagistes européens. « Londres compte habituellement environ 300 000 visiteurs étrangers et 800 000 Britanniques par jour en août. Cette fois-ci, on a implicitement demandé à ces gens de se tenir à l’écart et c’est ce qu’ils ont fait », a-t-il encore expliqué. Nous l’avions décrit en début de semaine : nombre de Londoniens ont bouclé leurs valises pour chercher la tranquillité à la campagne ou sur la côte. Il s’avère, de plus, que nombre de touristes étrangers potentiels ont préféré ne pas visiter la capitale anglaise au moment des Jeux. Le flux entrant des « olympiens » (500 000 détenteurs de billets pour les épreuves olympiques, dont une partie habite Londres) ne compense pas totalement les flux sortants et manquants.

Le train en hausse, l'avion en baisse:

Les grandes chaînes hôtelières, qui accueillent les délégations, ne s’en sortent pas trop mal mais sans plus. « En fait, nous constatons des réservations conformes à un bon été à Londres », a indiqué à l’AFP la direction du groupe InterContinental Hôtels. L’Eurostar affiche une hausse significative de son trafic (+15 %) mais l’aérien accuse un recul. Quant aux commerces, il suffit de poser la question à la volée dans quelques échoppes d’un quartier central de Londres pour s’attirer une moue dubitative ou une réponse en deux mots : so, so (couci-couça).

Promesses:

Les organisateurs continuent de promettre des effets bénéfiques à long terme mais leurs espoirs semblent déjà douchés par cette prédiction de la banque Goldman Sachs: « Londres est déjà une ville renommée pour le tourisme et les investissements, donc les bénéfices à attendre de cette publicité pourraient bien être plus limités. » Une étude publiée la semaine dernière dans l’hebdomadaire The Observer montrait que la croissance du PIB des villes organisatrices s’affaissait durant les trimestres suivant l’organisation de l’événement par rapport aux trimestres précédents. Déjà en pleine récession, Londres a donc mangé son pain blanc olympique…

Christophe Deroubaix

Publié dans Question d'actualité

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