Doux Blancafort: le gouvernement doit prendre ses responsabilités.

Publié le par Section Pcf Vierzon

Par sa passivité, le gouvernement a laissé faire Charles Doux et compagnie, cautionnant ainsi le démantèlement du groupe Doux et les licenciements liés. La révélation de plusieurs juges du tribunal de Quimper qui a prononcé la liquidation du pôle frais invalide le jugement de ce tribunal des affaires. Et le gouvernement, avec sa décision de ne pas faire appel du jugement du 1er août 2012, porte une lourde responsabilité. Aujourd’hui, il doit s’engager dans la recherche d’une solution pérenne pour le maintien de tous les emplois.

Lors de sa venue à Blancafort le 06 novembre dernier, le Ministre Délégué, Guillaume GAROT, a mandaté le préfet du Cher pour organiser une réunion ce vendredi 16 novembre avec les organisations syndicales et les salariés licenciés.

Pourtant lors de notre arrivée, le sous-préfet, avec le concours de la CFTC qui a clairement choisi son camp, affirme que la CGT n’est pas invitée : certains responsables syndicaux allant jusqu’à dire à une salariée licenciée qu’elle n’a rien à faire là. Cette attitude fait preuve de mépris vis-à-vis des salariés. C’est inacceptable ! Ce n’est qu’après avoir quitté la salle avec une partie des salariés, que le sous-préfet a dû nous prendre au sérieux.

Dans la poursuite de la politique menée jusqu’à présent, le préfet a utilisé cette réunion pour régler les problèmes techniques sur le fonctionnement du Contrat de Sécurisation Professionnelle, le règlement des salaires, du solde de tout compte, etc., … en précisant fermement que cette réunion n’était pas une réunion politique et que nous ne parlerons pas de solutions alternatives et de réintégration des salariés. Il apparaît donc clairement qu’elle avait pour unique objectif de calmer la colère et la mobilisation des salariés et non de trouver une solution pérenne pour tous les salariés.

Plusieurs témoignages de salariés mettent en évidence les difficultés que tous les salariés dans leur situation rencontrent. Plusieurs salariés se sont vu répondre par pôle emploi qu’il n’y avait pas de postes qui leurs correspondent. Les services publics, par manque d’effectif, sont également dans l’impossibilité de les accompagner dans leurs recherches d’emplois ou de formation malgré ce qu’on peut nous dire lors de telles réunions. 

Ces témoignages confirment notre positionnement pour le maintien des emplois et de notre potentiel agroalimentaire régional et national. Nous avons rappelé que des possibilités de développement du site de Blancafort existent pour permettre de maintenir tous les emplois. C’est en ce sens qu’il nous faut travailler.

L’usine de Blancafort possède de nombreux atouts et de grandes possibilités de développement. Tout d’abord, les compétences et savoir-faire des salariés de Doux sont une richesse nécessaire et incontournable pour développer l’activité. 

2012-06-24-001-doux-chateaulinD’autre part, sa situation géographique, et plus précisément son emplacement dans la région Centre, permet d’alimenter la grande distribution et tous les commerces de France en moins d’une journée, élément primordial pour le développement de l’activité et la réintégration de tous les postes supprimés.

La proximité du site de nutrition animale de Clémont et des éleveurs, dont certains augmentent leur activité, permet un bon approvisionnement et de meilleures conditions de transport pour les volailles notamment en matière d’hygiène et de santé animale sans oublier les économies en matière de coûts de transport et les questions de trafic routier et d’écologie

De plus, outre le développement en direction de la grande distribution, il serait intéressant d’étudier la possibilité de filières courtes comme les magasins d’usines. Ce qui répondrait à un besoin au vu de la désertification avancée des zones rurales comme Blancafort.

Nous ne pouvons nous satisfaire de la seule solution avancée par le ministre le 06 novembre dernier qui consiste à poursuivre la politique du gouvernement précédent en distribuant de l’argent public à ceux-là mêmes qui massacrent les salariés et l’emploi pour toujours plus de profits.

Dans son interview à la presse, le Ministre dit conditionner ces aides publiques à des contreparties en matière d’emploi. Cela reste trop peu précis, et insuffisant. Les conditions doivent être fermes et non négociables. La direction doit donner des garanties  en matière de salaires, d’amélioration des conditions de travail, de formation, de respect des droits des salariés, du code du travail, de la convention collective.

Pour l’Union Départementale CGT du Cher et l’Union Syndicale Régionale Agroalimentaire et Forestière CGT de la région Centre ces fonds publics doivent permettre le développement de l’activité, la réouverture de tous les postes supprimés, la réintégration de tous les salariés et leur utilisation doit être soumise au contrôle des salariés.

La sauvegarde de l’emploi est une question d’utilité publique. C’est la survie d’un village tout entier, d’une économie locale qui est en jeu.

Communiqué de l'Union Départementale CGT du Cher.

Publié dans SYNDICATS

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