FN de la Marne : le nazisme dans la peau…

Publié le par Section Pcf Vierzon

Tatouage-nazi-militant-FN.jpg Marine Le Pen entend normaliser le FN et pour ce faire joue sur sa marque personnelle… Mais il lui reste à nettoyer le mouvement de certains éléments qui incarnent la négation des plus essentielles valeurs de la République et portent parfois leur profession de foi pro-nazie dans la peau.

LE FN 51 est une fédération un brin familiale dirigée depuis belle lurette par Pascal Erre, époux d'Édith Erre. Le premier, compte au nombre des plus fervents marinistes. Conseiller régional de Champagne-Ardenne et secrétaire départemental de la Marne, il a été bombardé au bureau politique du FN lors de la prise de contrôle du mouvement par Marine Le Pen, et compte au nombre des huit secrétaires nationaux aux fédérations. Quant à Édith Erre, dont le blog affiche en guise de devise « Vous ne voulez pas de nos gueules ? Vous n'aurez pas nos voix ! », elle est plus que fière de la « Flamme d'honneur » du Front qui lui a été remise, par Jean-Marie Le Pen en personne, lors du congrès de Tours en janvier 2011. Tous deux sont candidats aux prochaines législatives, sur les IVe et Ve circonscriptions de la Marne.

Un hymne au grand œuvre du régime nazi:

Tradition paternaliste du mouvement oblige, la dynastie Le Pen donnant l'exemple, les Erre ont régulièrement présenté les membres de la famille aux divers scrutins qui émaillent la vie politique régionale et nationale. Ainsi, aux cantonales de 2004, trois membres de la famille immédiate étaient en lice, six pour les cantonales de 2008, cinq pour celles de 2011.
Au nombre de ces candidatures privilégiées, pour les cantonales de 2011 à Écury-sur-Coole, et celles de 2008 à Sompuis, Bryan Puireux, l'un des fils d'Édith Erre, ex-épouse Puireux. Le jeune homme a suivi un cursus militant qui l'a conduit du foyer familial bien imprégné d'idées patriotiques et nationalistes, au Front national des Jeunes, puis au FN tout court, pour lequel il sera candidat, sans parler de sa participation aux campagnes électorales du Front, ainsi qu'aux œuvres des services d'ordre du FN, DPS 51 et DPS national. Réputé pour avoir du sang, pour le moins remuant, grand camarade de Patrice Collin, autre candidat FN privilégié, car gendre d'Édith et Pascal Erre dont il a épousé une fille, le jeune homme arbore volontiers une mise assez typée, qui n'est pas sans rappeler le look « skin », à savoir « boule à zéro » et polo Fred Perry, noir de préférence. Il suffit pour s'en convaincre de jeter un œil à son affiche de campagne de mars 2011.
Rien de répréhensible en la matière, quoi qu'il en soit. C'est plutôt à même la peau, ou dans la peau de l'intéressé que se situe le problème. Car le fils - partiellement adoptif - du couple Erre, a eu la faiblesse de se faire tatouer sur tout le dos une fresque à la gloire des actions guerrières du IIIe Reich, surmontée de la devise qui ornait la lame du poignard des Jeunesses hitlériennes : « Blut und Ehre ! » soit « Sang et Honneur ! »
On peut voir sur cette fresque qui se veut un hymne au grand œuvre du régime national-socialiste, une patrouille de trois Stukas, JU 87 pour les intimes, fer de lance de Blitzkrieg sur tous les fronts, de la guerre d'Espagne à la bataille de France sans oublier le front russe. Un peu plus bas on devine des fantassins, baïonnette au canon, qui brandissent le drapeau à croix gammée, puis des blindés entre autres éléments de décor du meilleur goût…
Une fresque qui ferait presque sourire tant elle rappelle le célèbre sketch de Pierre Dac et Francis Blanche, ce dernier incarnant « le Sar Rabindranath Duval », visionnaire « loufdingue » s'il en est. Il était question dans ce sketch du tatouage supposé du « Monsieur » qui représentait : « d'un côté la cueillette des olives en Basse-Provence, et de l'autre un épisode de la prise de la Smalah d'Abd-El-Kader par les troupes du duc D'Aumale en mil huit cent quarante-trois… » et en couleurs s'il vous plaît.

Le bilan humain du IIIe Reich : 55 millions de morts:

Si ce n'est qu'en l'occurrence la bande dessinée nazie qui orne le dos de Bryan Puireux traduit l'adhésion symbolique de la personne porteuse à des uniformes, insignes ou emblèmes rappelant ceux portés ou exhibés par des personnes reconnues coupables de crime contre l'Humanité… Car un tatouage est un attribut de la personne. On pourra toujours exciper de ce qu'un tel tatouage n'est pas visible car son porteur ne se promène pas torse nu, et qu'à ce titre il s'apparente à une manifestation personnelle de la liberté de penser… Mais s'agissant d'un candidat régulier aux élections locales, membre d'un parti politique important, apparenté à des cadres du FN, il convient d'être clair sur le sujet. Or si Bryan Puireux ne craint pas d'exhiber son patrimoine esthétique dans le cercle restreint des militants, il tient en tant que candidat un discours vraisemblablement trompeur ou mensonger. Il déclarait en effet en 2008, pendant la campagne électorale : « Je ne suis pas raciste… » Comment le croire quand on a à ce point-là le nazisme dans la peau ? En tant qu'écriture corporelle, le tatouage permet d'afficher une pensée transgressive voire activiste, de faire de la peau un lieu d'énonciation. Dans ce cas précis, une profession de foi qui se substitue à celles de papier distribuées lors des campagnes électorales.
Si l'article R645-1 du Code pénal prohibe « le port ou l'exhibition d'uniformes, insignes ou emblèmes rappelant ceux portés ou exhibés par des personnes reconnues coupables de crime contre l'Humanité », s'agissant de ce membre du FN, c'est la personne qui est en cause, et pas seulement un fétichisme déplacé…
Pour mémoire, la politique raciale est au cœur de l'idéologie nazie qui visait à régénérer la supposée race aryenne, notamment par la stérilisation puis élimination des handicapés, l'extermination industrielle des juifs, des tziganes, des populations polonaises, slaves, russes. Dans le détail, le bilan humain du IIIe Reich c'est 55 millions de morts, dont 12 millions dans les camps de concentration ; Reinhard Heydrich, adjoint de Himmler avait déclaré : « La solution finale du problème juif en Europe sera appliquée à 11 millions de personnes environ… », ils n'auront le temps d'en exterminer qu'environ six millions. Il faut y ajouter 35 millions de blessés du fait de la guerre, et encore 7 millions de travailleurs forcés ou d'esclaves, sur 20 millions d'étrangers contraints à travailler pour le IIIe Reich…
On ne peut impunément se revendiquer d'une telle idéologie sans insulter tous ceux qui en ont souffert et leurs descendants aussi. À méditer en ces temps de petits jeux électoraux…

Philippe Le Claire

Légende photo : La devise qui ornait la lame du poignard des Jeunesses hitlériennes : « Blut und Ehre ! », soit « Sang et Honneur !

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