Jean-Luc Mélenchon calcule son «contre-budget»

Publié le par Section Pcf Vierzon

L'ex-candidat à la présidentielle a présenté ce lundi à Paris un document intitulé «Nous, on peut». Entame d'une semaine chargée qui le conduira samedi manifester avec les écologistes contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

md0.libe.com-copie-2.pngNe pas s'enfermer dans le rôle de simple agitateur. Parce qu'il sait bien qu'au-delà du verbe, qu'il a fort haut, l'alternative politique s'incarne aussi par une alternative budgétaire, Jean-Luc Mélenchon a présenté ce lundi après-midi à Paris «Le contre-budget» du Parti de gauche (voir document ci-dessous). Un programme d'une vingtaine de pages, qui générerait 30,3 milliards d'économies, soit «autant que le gouvernement Ayrault». Mais c'est bien là le seul point commun entre la politique de l'actuel gouvernement et l'option Mélenchon, décrite dans l'introduction comme «un budget de classe».

On y retrouve bien sûr une grande partie du programme présidentiel «L'humain d'abord». Le Parti de gauche y préconise une «révolution fiscale» avec un renforcement de l'impôt sur le revenu via la création de 14 tranches, mais aussi un Smic porté à 1 700 euros brut ou un salaire maximum limité à 20 fois le salaire médian, le respect d'une «règle verte» ou le remboursement des aides publiques quand des entreprises viables licencient. Et, pour l'éducation «au sens large», c'est 14,9 milliards d'euros supplémentaires qui seraient mobilisés dès la première année. Prenant largement ses distances avec «l'aberrant rapport Gallois», que Jean-Luc Mélenchon mettrait bien «à la poubelle», son «contre-budget» préconise une «TVA grand luxe» à 33% qui, avec une imposition renforcée des «hautes transactions immobilières», permettrait de dégager 9,1 milliards d'euros.

Au milieu de tous ces chiffres, le Parti de gauche en profite aussi pour rappeler son opposition à la construction de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), le dossier le plus chaud dans les relations actuellement tendues entre le Parti socialiste et les écologistes. Et un rapport de force engagé directement avec le Premier ministre, député-maire de Nantes. Jean-Luc Mélenchon sera d'ailleurs samedi à Nantes pour manifester, et il appelle à «organiser le déplacement le plus massif possible» contre ce projet «inutile», «anachronique», «coûteux» et «au profit de la multinationale Vinci, grand bénéficiaire du partenariat public-privé». L'occasion, aussi, de se faire entendre sur le front écologique, avant d'organiser le 1er décembre à Paris un forum consacré à l'écosocialisme. D'ici-là, Mélenchon défilera mercredi dans le cadre d'une grande mobilisation européenne et sera vendredi en meeting au gymnase Japy, à Paris. Contre l'austérité et toujours avec l'ambition de montrer qu'une autre gauche est possible.


Par JONATHAN BOUCHET-PETERSEN

Publié dans Dans la presse.

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