Jean-Luc Mélenchon : "Les socialistes regardent leur nombril, ils feraient mieux de regarder le monde"

Publié le par Section Pcf Vierzon

merluche.jpgTraité budgétaire de stabilité européen, plans sociaux à répétition, économie en berne. La période dite de "grâce" passée, le gouvernement socialiste n'arrive toujours pas à faire consensus à gauche. Les partisans de la politique de François Hollande et ceux qui la critiquent s'affrontent, dessinant ainsi les futurs rapports de force de demain qui pourraient bien se construire autour du Front de Gauche.

De retour de vacances, le leader du Front de Gauche a partagé ses analyses sur les premiers pas du gouvernement de Jean-Marc Ayrault et en a profité pour rappeler la proximité de certaines positions entre une partie de l'aile gauche du P.S et son mouvement politique. Ces déclarations ne semblent pas avoir été du goût du gouvernement. Michel Sapin, ministre du Travail, a déclaré dans un entretien au Figaro de mercredi que les critiques émises par Jean-Luc Mélenchon sur les premiers mois de la présidence Hollande "sont à l'image du personnage: une gouaille qui peut être perçue comme sympathique et en même temps une ivresse des mots qui le place hors de la réalité".

"Mélenchon est victime du syndrome Sarkozy. Voilà quelqu'un qui devrait oublier l'ancien président et s'inspirer des manières de faire de François Hollande. Les Français ne sont pas à la recherche d'un affrontement de plus", ajoute-t-il.

Jean-Marc Ayrault, aux micros de BFMTV-RMC, a quant à lui jugé que le leader du Front de Gauche "devrait avoir un peu plus de lucidité". "C'est vrai que quand on revient de cinq semaines de vacances au Venezuela, avec M. Chavez, peut-être qu'on manque un peu de connaissance réelle de la situation de la France et de l'Europe", a rajouté M. Ayrault.

La réponse ne s'est pas faite attendre de la part du coprésident du Front de Gauche "C'est moi qui suis dans la réalité. C'est vous qui êtes dans les rêves, dans un monde qui n'existe plus. Un monde tranquilou, à la papa, planplan où on peut prendre son temps, pendant que les gens souffrent et où toute l'économie du continent est en train de sombrer"."Voilà ce que Jean-Marc Ayrault ferait bien d'avoir à l'esprit au lieu de me donner des leçons sur ce ton méprisant et hautain qu'il a. Les socialistes regardent leur nombril, ils feraient mieux de regarder le monde", a-t-il conclu.

"On ne peut pas être dans le gouvernement et faire du Mélenchon"

Sur la question du traité budgétaire européen, le député européen Daniel Cohn-Bendit qui avait ouvert les hostilités il y a quelques jours, récidive dans un interview accordé au Monde. "Il y a, à l'intérieur du parti, la tentation de coller à la gauche de la gauche et une mauvaise conscience face à Mélenchon. Mais quelqu'un qui donne des leçons de politique et qui passe ses vacances avec Chavez [le président vénézuélien], c'est assez stupéfiant. Si le modèle de démocratie, c'est Chavez, pour moi, c'est merci et au revoir !".

La référence au Président du Venezuela reste donc très en vogue ces temps-ci. Au sujet de la proposition d'un référendum du Front de Gauche, reprise par Eva Joly "C'est une proposition qui n'a ni queue ni tête. On ne peut pas remettre la gestion de la crise financière à dans un an. Un référendum, ça se prépare." "On perd notre temps et on veut se donner une fausse virginité en votant contre. On ne peut pas être au gouvernement et faire du Mélenchon."

Jean-Vincent Placé, chef de file des écologistes au Sénat et François de Rugy, co-président du groupe Verts à l'Assemblée avaient déclaré qu'ils ne voulaient pas voter le traité européen. La question divise donc encore chez les verts et plus largement à gauche.

Journal l'Humanité.

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