L’adjoint au maire; François Porracchia a été emporté par la maladie, vendredi 27 avril 2012.

Publié le par Section Pcf Vierzon

C’était une figure de la vie politique locale, un humaniste qui savait ne pas mâcher ses mots. Vendredi, François Porracchia a été emporté par la maladie.

Le mieux pour parler de lui, c'est de relire son intervention sur les questionnements qui aujourd'hui encore prennent toutous leurs importances.

Le 26 juin 2006, interwave par ARNAUD Didier pour le journal LIBERATION.

"Vous ne pouvez pas jeter les gens comme ça"

La première chose qui vient à l'esprit de François Porracchia quand on évoque le sort des sans-papiers, ce sont «les colonies». Il a beaucoup réfléchi lors de son service militaire au Maroc, en 1956. «Les tirailleurs marocains ramassaient les ordures du camp. Et les gens du cru étaient pris pour des sous-hommes.» Après, il n'a plus vu les choses de la même façon. Ce manque de dignité des colonisateurs lui a appris cette règle de ne jamais rester les bras croisés. Ce week-end, ce militant de 71 ans (à l'époque) a parrainé une famille d'Arméniens : «Ils n'ont pas de papiers, pas de sous, sont hébergés par d'autres qui ne sont pas beaucoup mieux qu'eux au niveau financier.» Pour lui, c'est la famille Danielan avec Vartui, née en 1999, et Anna, en 2000.

Colère. François a toujours milité (à la Confédération paysanne, au PS avec Chevènement, au conseil municipal à Vierzon depuis dix ans). Mais ses «réflexes» remontent à plus loin. A 10 ans, à la Libération de Paris, il donne son adresse à «trois militaires français d'Afrique du Nord qui défilent». Ils viendront déjeuner chez lui. Après la chute de Ceausescu, il héberge cinq Roumains dans sa ferme du Cher, pendant quinze jours. C'est peut-être du côté de la famille de François qu'il faut chercher l'inspiration de son engagement. Chez ce grand-père, piémontais, parti à l'aventure à Cuba vers 1880. Ou plutôt chez ce père, agent de change à Paris, «un humaniste», dit François. «J'ai été élevé sur une ligne droite. Je ne me pose pas de questions», explique-t-il.

Pas de questions, mais des élans de colère. Quand il repense à la situation faite par la France aux enfants sans papiers : «Par pleins bateaux on est allés chercher des mecs qui ont participé à la construction de la France. Vous ne pouvez pas jeter les gens comme ça.» Il ajoute être conscient que le problème n'est «pas simple», que la question posée à terme c'est le développement de «tous les pays en retard».

Ordre établi. Même si ce parrainage est symbolique, il s'agit, selon lui, d'alerter l'opinion publique, pour que Nicolas Sarkozy soit forcé d'en «rebattre» un peu. François a des a priori: «Un être humain est un être humain. S'ils viennent chez nous, c'est qu'ils ont de bonnes raisons.» A Vierzon, il a connu des sans-papiers dans le besoin : un couple d'Irakiens, un militaire russe et déserteur parce qu'il ne voulait plus aller en Tchétchénie. Pour lui, il ne faut pas toujours «avoir peur de l'ordre établi» : «J'ai connu le fascisme à la française, je ne tiens pas à ce que cela recommence». François dit qu'à son âge, il a assez de recul pour dire des choses à n'importe qui. Comprendre : quelle que soit sa fonction. «Et ça ne me vaut pas que des amitiés, mais un certain respect.»

Depuis en 2008, il était devenu Maire-adjoint de Vierzon chargé de la voirie et des espaces verts, merci François.

BLOG/PCF Vierzon.

 

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