La France libérale: un paradis pour les patrons et les riches!

Publié le par Section Pcf Vierzon

C’est décidé. Bernard Arnault quittera bientôt l’enfer français. Car la France c’est l’enfer pour les grands patrons du CAC 40. Matraqués, pourchassés, empêchés de faire fortune tranquillement et discrètement qu’ils sont. Oui, un enfer sans nom, c’est ça la France pour un grand patron. Surtout que cette France fait la part belle aux assistés en tous genres, faux chômeurs, faux malades, faux non imposables…

Décidément, cette France est invivable, hostile aux vrais créateurs de richesses, aux véritables forces vives de la nation que sont les grands capitaines d’industrie. Rendez-vous compte braves gens, l’état français passe son temps à assister des parasites sans le sous et ne fait rien, mais alors vraiment rien pour alléger le coût du travail, ne fait rien mais alors rien en faveur de la compétitivité de ses entreprises privées.

Cette dérive à l’assistanat des “faux pauvres” a creusé nos déficits à tel point qu’il nous faut d’urgence trouver 30 milliards d’Euros en 2013, du jamais vu! Alors au PCF nous avons cherché, sans à priori, à savoir ce qu’il y avait de vrai dans ce discours de trente ans qui sort de la bouche de nos grands et si chers patrons, discours relayé en permanence par les libéraux obsédé par la chasse aux assistés et aux fraudeurs.

La fraude salariale aux prestations sociales n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan de la fraude. Le montant global de la fraude est estimé à 50 milliards d’Euros. Ce qui représente 166% des 30 milliards que le gouvernement Hollande veut trouver en 2013 pour obéir aux injonctions d’austérité rendues inévitables par le TSCG et son obligation de réduction des déficits publics. Les sommes indument versées par l’UNEDIC s’élèvent à 140 millions, la fraude à l’assurance maladie tourne autours de 116 millions, et celle concernant la CNAF s’élève à 35 millions.

Même pas 250 millions. C’est beaucoup mais cela n’explique en rien les 50 milliards détournés chaque année. Par conséquent les fraudes aux prestations sociales n’expliquent en rien le manque à gagner de l’état chaque année. Mais alors, à qui profite ce discours dénonçant un système trop généreux pour les salariés, salariés forcément malhonnêtes qui plus est?

La fraude fiscale représente la quasi totalité des fraudes. Et pour l’essentiel, cette fraude est belle et bien commise par les entreprises qui déploient, chaque année, des trésors d’ingéniosité qu’un ménage de salariés serait bien incapable d’imaginer et surtout de s’offrir à travers des cabinets d’avocats hors de prix. Le syndicat national unifié des impôts (SNUI) estime même que les sommes détournées ainsi par les entreprises représentent plus de 2% du PIB français.

L’évasion fiscale représente, quant à elle, 6 fois le déficit budgétaire annuel. Elle est estimée à 590 milliards, oui, vous avez parfaitement lu. Elle s’organise avec l’aide de banquiers, Suisses par exemple, qui a eux seuls captent 20% de l’évasion made in France. Les évadés, qui ne sont pas des fraudeurs, puisqu’ils surfent sur la vague de l’illégalité en prenant soin de ne pas basculer du mauvais côté, sont environs 150 000.

Ce qui représente un montant moyen d’évasion égal à 3 933 000 Euros par évadé. On est loin, mais alors très loin du faux chômeur, du faux malade, du profiteur d’allocs, vous ne trouvez pas? Ainsi, chaque année, jusqu’à 80 milliards passent la frontière parce que l’état et l’Europe ne veulent pas s’aliéner les banques et préfèrent s’en prendre aux salariés plutôt qu’aux auteurs véritables de ces détournements de fonds publics que sont les institutions financières et leurs très riches clients. Rappelons au passage que les états sont endettés auprès de ces mêmes institutions, un paradoxe insupportable!

Les exonérations de “charges” constituent, quant à elles, le véritable mécanisme d’assistanat consenti aux entreprises par le pays tout entier. Et ce n’est pas nous qui l’affirmons, nous au PCF, mais un certain Philippe Seguin, homme politique de droite, du temps de son vivant. Ainsi, la cour des comptes constatent les montants exorbitants octroyés aux entreprises qui ont été multipliés par 20 en 10 ans. Ces montants, qui dépassent les 30 milliards d’Euros aujourd’hui, ne produisent aucun effet sur l’emploi ni sur l’amélioration supposée de la compétitivité des entreprises.

En revanche, ces exonérations permettent à l’entreprise de ne pas payer les bas salaires, puisqu’ils sont pris en charge par la collectivité ce qui creuse les déficits publics, et ainsi d’accroître profits et autres dividendes, directement subventionnés par les contribuables, et reversés aux actionnaires privés. 30 milliards, c’est justement la somme que le gouvernement “socialiste” de François Hollande va essayer de gratter un peu partout. Nous lui suggérons, au PCF de suivre les recommandations de la cour des comptes en passant un grand coup de balais sur ces exonérations et d’en finir avec ce chantage à la baisse des charges, chantage exercé par le patronat français, plutôt que de lui obéir le doigt sur la couture du pantalon…

En définitive, en ne s’attaquant pas à la fraude fiscale des entreprises par la loi, en ne s’attaquant pas aux évadés fiscaux et leurs complices que sont les banques par la loi, en ne s’attaquant pas aux mécanismes toujours plus “budgétivores” des exonérations de “charges” par la loi, les gouvernements libéraux, sociaux ou pas, font de la France un véritable paradis pour les patrons et les grandes fortunes. Alors non Monsieurs Arnault, la France n’est pas l’enfer que vous essayez de dépeindre, mais bien cet Eden qui vous a permis d’amasser plus de 40 milliards de dollars et de devenir la quatrième fortune mondiale. Et les damnés du système ne se recrutent pas parmi la caste des riches patrons du CAC 40 mais bel et bien chez les sacrifiés des classes populaires.

BLOG/PCF.

Publié dans Social-Economique

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