Le Front de gauche avec les salariés de l'entreprise Doux.

Publié le par Section Pcf Vierzon

Le Front de Gauche du Morbihan et ses candidat-e-s aux élections législatives, suite à une réunion avec les salariés mercredi 6 juin expriment leur préoccupation quant à la situation de la société Doux.

Après avoir exprimé leur souhait de tout faire pour maintenir en activité cette entreprise avec ses salariés en totalité, le Front de Gauche et ses candidat-e-s aux élections législatives réclamai d'urgence un audit public du Groupe Doux ainsi que la prise de mesures immédiates visant à garantir le salaire des employés. Dans cette objectif il y a lieu d'ordonner des décisions exceptionnelles de trésorerie en faveur des éleveurs/fournisseurs de volailles chez Doux. Il faut créer des conditions leur permettant de surmonter cette période de crise.

A cette occasion le Front de Gauche et ses candidat-e-s ont rappelé combien, il est aujourd'hui primordial d'engager la production agricole vers plus de qualité créatrice de valeur ajoutée. Ce qui exige la relocalisation de la production de la volaille fondée sur la juste rémunération du travail pour les paysans, salariés et autres acteurs de la filière avicole. Dans les jours qui suivent, le Front de Gauche et ses candidat-e-s aux élections législatives s'adresseront dans ce sens au premier Ministre Jean-Marc Ayrault. à travers une lettre ouverte.

Déja début juin, il décryptait pour l'Humanité les manoeuvres politiques et économiques derrière le dépôt de bilan du groupe ex-leader européen de la volaille, désormais mis en vente.

Pour quelles raisons la direction de Doux a-t-elle déposé le bilan de l’entreprise alors que les syndicats et le gouvernement étaient contre ?

Joseph d’Angelo. Le dossier était depuis un moment entre les mains de l’ancien gouvernement et du Ciri (Comité interministériel de restructuration industrielle) mais la droite ne voulait pas le mettre sur la table avant les élections. Après, Denis Lambert, un proche de François Fillon, patron de LDC (volailles de Loué, notamment), un autre grand groupe de la volaille, a été un de ceux qui ont fait pression pour que l’entreprise dépose son bilan. Il ne voulait pas négocier directement avec la famille Doux. La direction de LDC a déclaré qu’elle n’était pas intéressée par le groupe dans sa structure actuelle. Elle a des visées sur certaines marques, certaines activités en France, mais pas sur le surgelé et l’international. Notre crainte est donc que l’entreprise soit dépecée, vendue par compartiments. La meilleure façon d’obtenir cela était qu’il y ait un dépôt de bilan.

Cette déroute financière et industrielle n’est-elle pas due à une stratégie de délocalisation ?

Joseph d’Angelo. Cette stratégie a déjà coûté beaucoup d’emplois dans le groupe. Quand la direction a décidé de s’implanter au Brésil, elle a fermé 14 usines en France et cela s’est traduit par la perte de centaines d’emplois. Aujourd’hui, cette stratégie s’achève de manière catastrophique, avec une dette de 430 millions d’euros, dont 290 millions pour la filiale brésilienne. À plusieurs reprises, la CGT a demandé l’expertise des comptes de la holding et elle n’a jamais pu l’obtenir. Cette absence de transparence est l’une des raisons du désastre. Autre conséquence de cette démarche, ce sont des conditions de travail en France qui se sont sensiblement dégradées, avec une multiplication des accidents du travail. Ce dumping social a eu un impact sur l’ensemble de la filière. Au Brésil, la venue de Doux a mis en faillite plusieurs dizaines de petits producteurs. En tout cas, on ne peut pas dire que c’est le coût du travail en France qui a plombé les comptes de l’entreprise. Doux a touché 55 millions d’euros de la politique agricole commune européenne pour la seule année 2011, notamment au titre de la compensation du coût du travail par rapport à la concurrence étrangère.

Quel est votre objectif prioritaire aujourd’hui ?

Joseph d’Angelo. Notre objectif, c’est que le groupe Doux ne soit pas dépecé. Mieux vaut qu’il y ait une reprise par un autre groupe de l’ensemble des activités et des emplois.

PS: Articles pour mieux comprendre.

Doux: les salariés se mobilisent pour sauver les 3400 emplois en jeu

http://www.yannick-bedin.fr/Aux-cotes-des-salaries-de-Doux

BLOG/Front de Gauche.

Publié dans Social-Economique

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