Le Front national pris en faux par Mélenchon.

Publié le par Section Pcf Vierzon

md0.libe.com-copie-3.jpegContre le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, la candidate du Front national, Marine Le Pen, a choisi de sortir les armes lourdes. Un tract a été distribué, il y a trois jours, dans toutes les boîtes aux lettres d’Hénin-Beaumont, où l’on voit le visage de l’ancien candidat à la présidence de la République sur un fond vert et blanc, couleurs de l’islam et du drapeau algérien, à la place du traditionnel fond rouge de sa formation politique.

Ce tract reproduit une citation exacte d’un discours prononcé en avril à Marseille, mais totalement sortie de son contexte. «Il n’y a pas d’avenir pour la France sans les Arabes et les Berbères du Maghreb», avait alors déclaré Mélenchon. Sous cette phrase, un appel à voter pour lui avec sa traduction en arabe… mais écrite à l’envers. Un tract non signé et qui ne porte aucune mention de l’imprimeur. En clair, le patron du front de gauche est le candidat des étrangers…

«Ennemi». Devant l’ampleur de la polémique suscitée par ce tract, le Front national en a endossé, sans barguigner, la responsabilité. «Ce sont effectivement des gens proches du FN qui sont venus nous le proposer et nous avons accepté», reconnaît Bruno Bilde, directeur de cabinet de la présidente du FN et candidate dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. «Il faut que Mélenchon assume ses prises de position en matière de droit de vote des immigrés, de régularisation des sans-papiers et d’accueil des Roms», martèle Steeve Briois, le secrétaire général du FN et prétendant à la mairie d’Hénin-Beaumont. «La vérité, c’est que Mélenchon, par ses positions ouvertement immigrationnistes et antifrançaises, est l’ennemi du peuple ouvrier», ajoute-t-il.

Dans un communiqué, Marine Le Pen déclare «soutenir pleinement» la distribution de ce tract anonyme. Derrière cette manœuvre, le FN voudrait surtout faire éclater les divergences entre les tenants d’un PCF à l’ancienne, style Georges Marchais, et les supporteurs réputés plus bobo du président du Front de gauche. Un PCF qui, dans l’esprit des responsables frontistes locaux, ne partagerait pas les mêmes options en faveur du droit de vote des immigrés que les mélenchonistes pur jus.

Jean-Luc Mélenchon, lui, ne décolère pas. «Ce tract est un grossier faux destiné à exciter les gens les uns contre les autres. Cela va coûter très cher à Mme Le Pen parce qu’elle a reconnu les faits. Cela peut [lui] coûter l’inéligibilité dans tous ses mandats», a-t-il déclaré. Le Front de gauche a décidé de porter plainte contre la diffusion de ce document. «Nous les obligeons à mordre. On ne peut attaquer un tract anonyme que s’il comporte des injures, des propos diffamatoires ou si les propos qu’il rapporte sont faux. Ce qui n’est absolument pas le cas. Nous sommes donc très tranquilles», rétorque Bruno Bilde.

«N’importe quoi». En riposte, le FN a décidé également de porter plainte contre le Front de gauche, dont des militants auraient pris à partie ceux du Front national, surpris en pleine distribution de ce tract. Pour éviter tout souci avec la justice, Marine Le Pen a annoncé que les frais liés à ce tract seraient intégrés à son compte de campagne. Pour en rajouter encore dans la polémique, l’équipe de campagne de Marine Le Pen assure que le leader du Front de gauche «a explosé son compte de campagne et dépassé le montant légal autorisé». «Le FN est tellement en difficulté aujourd’hui qu’il est obligé de raconter n’importe quoi», a répliqué Hervé Poly (PCF), suppléant de Jean-Luc Mélenchon.

Publié dans FRONT de GAUCHE

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