Les syndicats britanniques se lèvent contre les « purges »

Publié le par Section Pcf Vierzon

Les coupes successives à la hache du gouvernement Cameron dans les dépenses publiques suscitent de plus en plus de résistances outre-Manche où les syndicats se mobilisent pour une grande journée de manifestations samedi.  

Trop c’est trop. Les syndicats ont décidé de le dire haut et fort outre-Manche après dix-huit mois de gouvernement de coalition dirigé par David Cameron et ses riches amis qui impose plan d’austérité sur plan d’austérité au peuple britannique, tout en épargnant les banquiers et autres détenteurs de capitaux dont la cupidité est pourtant à l’origine de la crise. Ce samedi 20 octobre, ils appellent les citoyens à venir en masse dans les rues des grandes villes pour dire « non » à un programme qui met à mal la protection sociale du pays. Il y aura des manifestations partout, mais le plus grand rendez-vous est fixé à Londres. Des trains spéciaux et des centaines de cars ont été d’ores et déjà réservés pour acheminer des dizaines de milliers de manifestants vers la capitale.

Le mouvement syndical mobilisé contre l’austérité:

« Un avenir qui travaille » sera le slogan, volontairement teinté d’optimisme, d’un cortège national qui confluera dans le centre de Londres vers Hyde Park, lieu traditionnel des grands mouvements revendicatifs. La semaine dernière, la colère est montée encore de plusieurs crans à la suite de la déclaration du chancelier de l’Échiquier, George Osborne, qui propose de tailler encore 
10 milliards de livres (12 milliards d’euros) dans les dépenses sociales. Visée par exemple : l’annulation de l’aide au logement pour les moins de vingt-cinq ans. Même Ed Miliband, le leader du Parti travailliste, qui est réticent à la participation à de grandes manifestations syndicales, a annoncé son soutien aux marches de protestation de cette semaine.

Pendant que le mouvement syndical dénonce l’ensemble du paquet d’austérité que le gouvernement conservateur libéral démocrate entend imposer, l’opposition parlementaire travailliste essaie cependant de se présenter comme prête à davantage de « souplesse ». Elle dit ainsi vouloir défendre les emplois, mais elle accepte en même temps le gel des salaires dans le service public qui serait nécessaire, selon Ed Balls, chancelier de l’Échiquier du gouvernement travailliste fantôme, pour lutter contre le déficit. Étant donné le taux d’inflation à 2,6 %, un premier gel des salaires s’est déjà traduit par une baisse du pouvoir d’achat pour les salariés. Entre autres mesures pour relancer la croissance, le TUC réclame une augmentation de 1,20 euro du salaire horaire minimum pour atteindre 8,60 euros.

10% de PIB en moins pour les salaires:

La confédération syndicale dénonce aussi « le vol réalisé contre les salariés ». Elle publie des chiffres qui montrent que la part des salaires dans le PIB a diminué sur trente ans, de 64 % en 1975 à 54 % en 2008. En même temps, les inégalités de revenus ont augmenté. Les mieux payés s’enrichissent toujours davantage et les moins bien payés s’appauvrissent.

« En 2010, le salarié moyen, relève l’étude du TUC, aurait gagné 7 000 livres (8 400 euros) de plus par an si les salaires avaient augmenté sur trente ans au même rythme que le PIB. » À leur congrès annuel, à Brighton, le mois dernier, les délégués syndicaux ont voté pour soutenir toute action nécessaire, y compris des grèves, pour empêcher les coupes imposées au peuple. Len McCluskey, secrétaire général de Unite (un million et demi d’adhérents et le plus grand syndicat du pays), a invectivé, durant cet épisode, la direction du Labour pour qu’elle renonce enfin complètement aux recettes prônées par Tony Blair et ses amis.

620 000 enseignants ont déjà voté la grève:

Deux syndicats représentant 620 000 enseignants ont déjà voté, eux, la grève au cas où le gouvernement poursuivrait dans son « attitude négative » envers ses membres. Pour le moment, ils limitent leurs actions à des démarches symboliques. Mais sont à bout. « Les enseignants, souligne Christine Blower, secrétaire générale du syndicat NUT, sont minés par les attaques quasi quotidiennes du gouvernement et subissent une érosion continue de leurs conditions de travail et un écrasement persistant de leurs rémunérations ou de leurs retraites. »

À l’aube des grandes manifestations de samedi, les syndicalistes lancent : « L’austérité ne marche pas. Si le gouvernement persiste sur ce chemin, nous serons en face d’une décennie perdue... Nous devons empêcher notre déclin en créant une économie qui serve enfin les intérêts des familles. »

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Peter Avis, journaliste corespondant.

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