Lettre d'un militant communiste des Deux-Sèvres à sa députée.

Publié le par Section Pcf Vierzon

Madame la Députée,

Au mois d'octobre, vous allez être appelée à vous prononcer sur la ratification du traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG). Le candidat François Hollande avait pris l'engagement (engagement n°11 de ses 60 propositions) de conditionner la ratification de ce traité à une renégociation aboutissant à de sérieuses modifications. Il avait précisé lui-même les trois points clés de cette renégociation : la possibilité pour la Banque centrale européenne de financer directement les États, la mise en place d’euro-obligations pour que les pays de la zone euro puissent emprunter solidairement, et des mesures de relance de la « croissance » en Europe. Il a donc été élu sur la base de cette promesse, comme tous les députés de sa majorité.

Or, le traité soumis à votre vote est exactement celui concocté par A.Merkel et N.Sarkozy, hormis les maigres mesures d'un pacte de croissance non pérenne adoptées par le Conseil européen fin juin. L'objectif de ce traité est clair : une institution non élue, la Commission Européenne, va contrôler le budget des États pour imposer l'austérité partout, y compris pour les collectivités territoriales. Il prévoit des sanctions automatiques contre les pays contrevenants aux mesures de discipline budgétaire, mettant la politique économique des états européens sous la coupe de la Troika (BCE, FMI, Commission Européenne) au détriment du choix des peuples. 

Vous comprendrez aisément que l'austérité que cela implique sur tout le continent aura des conséquences catastrophiques sur l'économie et sur la vie des peuples. Ceux de Grèce, d'Espagne, du Portugal en sont déjà grandement victimes. Dans une démocratie, un tel choix ne peut se faire sans l'accord du peuple. Les peuples d'Europe attendent de la France, parce qu'il y a eu un changement de majorité, qu'elle cesse de promouvoir cette politique qui mène le continent dans le mur. Cette logique austéritaire conduit l’Europe à la catastrophe, et approfondit encore le gouffre qui sépare les peuples et les institutions européennes. 

La seule façon d'y remédier, c'est qu'une majorité vote clairement non à ce traité et qu'elle initie une réflexion pour avancer vers une toute autre conception de l'Europe. En respect des engagements du candidat Hollande et de sa majorité, c'est ce vote de résistance et d'avenir que je souhaite vous voir exprimer. Il faut en finir avec les renoncements de la gauche face au pouvoir de la finance. 

Je vous prie d'agréer, Madame la députée, mes respectueuses salutations. 

Un de vos électeurs.

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