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Oui, il faut un contrôle politique de la BCE (Banque Centrale Européenne), par Pierre IVORRA

Publié le par Section Pcf Vierzon

La crise de la dette publique en Europe montre qu’il n’est pas possible de laisser la Banque centrale européenne, la BCE, continuer comme avant. Il faut la réformer.la_zone_euro__copie.jpg
Les démêlés actuels des États avec les marchés financiers l’illustrent de manière frappante. Avec quelles ressources, en effet, les fonds, les banques, les compagnies d’assurance spéculent-ils sur les titres de dette publique  ?
Indirectement, avec les liquidités fournies par la BCE.

Loin d’être une Europe « protectrice » comme l’affirmait l’UMP durant la campagne des dernières élections européennes, l’actuelle construction européenne est malheureusement bien ce que nous n’avons cessé de dénoncer dans les débats sur les traités de Maastricht et de Lisbonne : une construction au seul service des marchés financiers.  Mêmes des défenseurs d’hier de ces traités sont contraints de le reconnaître. La dette des Etats est placée dans les griffes des marchés financiers qui font de « l’argent » avec elle alors qu’il est demandé des sacrifices aux populations, mettant en cause des droits gagnés de longue date.

Que s’est-il passé  ? À partir de l’automne 2008, la BCE a prêté des centaines de milliards d’euros avec un taux d’intérêt de 1 % à des banques paralysées par la peur de défaillances 
de leurs consœurs et de leurs débiteurs.
Loin de redistribuer ces ressources aux entreprises et aux ménages, les banques les ont utilisées notamment pour acheter des titres de dette publique porteurs d’un intérêt de 4 %, voire, 
dans le cas de la Grèce, de plus de 6 %.
Ce petit jeu leur a certes permis de regonfler leurs marges en empochant la différence entre 
les taux, mais il a contribué aussi à fragiliser la reprise économique et à mettre le feu au marché des titres de la dette publique européenne.

Pour refuser aujourd’hui de venir en aide à la Grèce et demain à d’autres Etats qui en auront besoin, le Conseil européen  applique tout simplement l’actuel article 123-1 du traité de Lisbonne. Celui-ci stipule : « Il est interdit à la Banque centrale européenne (BCE) et aux banques centrales des Etats membres, ci-après dénommées, « banques centrales nationales », d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des Etats membres ; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les Banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite ».

Le arton3612-32aac.jpgPCF avais alerté sur la nocivité de cet article. Elle se vérifie douloureusement.

Une évidence s’impose : il faut un contrôle politique de la Banque centrale européenne. Pas seulement celui des appareils étatiques, d’un conseil de l’Euroland appelé de ses vœux notamment par Nicolas Sarkozy, mais celui 
des Parlements, et même, au-delà, il s’agirait d’établir un pouvoir de décision sur la création monétaire des salariés, des populations et 
de leurs représentants.
Comme toute banque mais bien plus que les établissements ordinaires, la BCE a ce pouvoir de créer de la monnaie ex nihilo afin de permettre au système bancaire dépendant d’elle de répondre aux besoins de financement de l’économie.
C’est-à-dire qu’elle a la possibilité de créer de l’argent, de délivrer une ressource qui n’a pour contrepartie réelle que la quantité de richesse qu’elle va contribuer à créer à terme en permettant à des banques de la zone euro, grâce à l’avance de monnaie opérée, de rassembler des producteurs et des moyens de produire.
Ce contrôle politique et populaire ne viserait pas seulement à vérifier l’usage des fonds. Il veillerait au respect de critères d’efficacité sociale des financements accordés.
Le développement de la crise financière montre cependant qu’il faut explorer de nouveaux chemins, notamment celui emprunté par la banque centrale des États-Unis qui a mis son pouvoir de création monétaire au service de la politique d’Obama.
Il faudrait par exemple que la BCE puisse acheter des titres de dette émis par des services publics afin de leur permettre de créer des emplois, de répondre aux besoins 
de formation, d’éducation, de protection sanitaire et sociale.
(source l'Humanité)

 

Publié dans ECONOMIE

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