Pouvoir d’achat : la facture d’électricité des Français va augmenter de moitié.

Publié le par Section Pcf Vierzon

Un rapport de la Commission d’enquête du Sénat sur le coût réel de l’électricité annonce que la facture des ménages augmentera de 50% d’ici à 2020. Le document a été adopté par l’ensemble des membres de la Commission, à l’exception de ceux du groupe Communiste, Républicain et Citoyen (CRC) pour lesquels il illustre le fait que « les socialistes laissent passer la proposition des groupes écologistes et UMP d'augmenter le coût de l'électricité ».

Le rapport « Électricité : assumer les coûts et préparer la transition énergétique » a été publié mercredi 18 juillet par la Commission d’enquête présidée par l’UMP Ladislas Poniatowski, et ses conclusions sont de mauvais augure pour le pouvoir d’achat : la facture d’électricité d’un ménage va s’alourdir de 30% d’ici 2016 et 50% d’ici 2020, pour atteindre 1.307 euros par an contre 874 en 2011. Estimant qu’en approuvant un rapport prenant acte de cette envolée des coûts « les socialistes laissent passer la proposition des groupes écologistes de UMP d’augmenter le coût de l’électricité », les membres CRC de la Commission d’enquête ont été les seuls à s’opposer à l’adoption du texte.

Pourquoi cette augmentation ?

À l’origine de cette hausse exponentielle des coûts de l’électricité, les investissements élevés dans les énergies renouvelables et les coûts croissants du nucléaire, sous-évalués jusqu’à aujourd’hui.

  • Transition énergétique : un coûteux investissement pour l’avenir

La France s'est engagée à atteindre 23 % d'électricité renouvelable en 2020 contre 13 % l'an passé, et  selon le rapport, « Du point de vue du consommateur, il est clair que la politique de développement de la production d’électricité au moyen de sources d’énergie renouvelable se traduira, dans un proche avenir, par une augmentation du prix unitaire de l’électricité ». Mais cela constitue « un investissement nécessaire pour l’avenir », selon les sénateurs, qui montrent notamment que certaines énergies vertes comme l’éolien terrestre sont déjà très compétitives au niveau des prix. 35% de la hausse prévue sur la facture viendront par contre de la production d’électricité elle-même,  avec d’importants surcoûts pour le nucléaire.

  • Les « coûts cachés » du nucléaire

Depuis le 1er janvier, son prix officiel est de 42€ par mégawattheure, mais selon le rapporteur de la Commission, le sénateur écologiste Jean Desessard, « le coût du MWh d'énergie électrique française est sous-estimé ». La Commission d’enquête se base sur un rapport de la Cour des comptes qui évoquait en janvier un chiffre de 54.2€. Les sénateurs y ont ajouté les dépenses en matière de recherche publique dans le nucléaire et sont parvenus à un prix de 61€. Et les « coûts cachés » pourraient même être encore plus élevés selon Jean Desessard, si l’on inclut la charge du démantèlement ou des assurances en cas d’accident : cela porterait le coût du mégawattheure à 75€, une addition que la Commission a  refusé de faire de façon officielle pour ne pas, selon son rapporteur « rajouter des incertitudes aux incertitudes »… Cela permet tout de même de voir que l'électricité nucléaire pourrait coûter 50% à 90% de plus  que son prix officiel.

Ce rapport ouvre donc le débat sur la transition énergétique, que le gouvernement prévoit d’engager à l’automne. François Hollande s’était engagé durant sa campagne à développer les énergies vertes et à faire passer la part du nucléaire de 75% à 50% de la production d’électricité d’ici à 2025. Pour préserver le pouvoir d’achat, le gouvernement a par ailleurs décidé de limiter la hausse de l'électricité à 2 % au 1er août, et préparer une « réforme structurelle » des tarifs de l'énergie. Une urgence, si l’on veut empêcher l’explosion annoncée par la Commission d’enquête.

BLOG/PCF Vierzon.

Publié dans ECONOMIE

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