Quatre raisons de rejeter le plan de compétitivité du gouvernement.

Publié le par Section Pcf Vierzon

Un soutien aux entreprises sans grande contrepartie, sur le dos de l'emploi, du pouvoir d'achat et des services publics. Les reproches à l'encontre du pacte national de croissance et de compétitivité dévoilé ce mardi par Jean-Marc Ayrault ne manquent pas

Le Premier ministre ne s'en est pas caché devant les députés ce mardi. Son plan pour relancer la compétitivité de l'économie française a d'abord pour vocation de "redonner des marges à nos entreprises". Le crédit d'impôt de 20 milliards d'euros en faveur des entreprises est "une nécessité, une ardente obligation", a-t-il lancé.

  • Un plan au service du capital:

"On reste enfermé dans le postulat que c'est le coût du travail qui freine la croissance économique", lui objecte André Chassaigne. Le patron du groupe Front de gauche à l'Assemblée déplore: "Ces mesures considèrent qu'il faut financer l'investissement du privé de façon prioritaire mais au détriment de l'investissement public. On fait l'impasse complète sur le coût du capital, les prélèvements financiers des entreprises c'est-à-dire les intérêts, les dividendes aux actionnaires".

Jean-Luc Mélenchon lui emboite le pas sur TV5 Monde. " Pourquoi parle-t-on toujours du prix du travail et jamais du prix du capital? Comment se fait-il que dans notre pays on paye deux fois plus d'argent aux actionnaires qu'on en donne en cotisation sociale aux travailleurs? On fait comme si le capital n'y était pour rien, c'est seulement le travailleur, ce pelé, ce galeux qui doit payer davantage et être payé moins lui-même." Le co-président du Parti de gauche relève: "C'est un choc qui est fait où on transfère sur le dos de la masse des travailleurs contribuables ce qui ne sera pas acquitté par l'entreprise au moment de la production de la richesse", a-t-il ajouté.

  • Sans condition ni contrôle:

Les conditions posées par Jean-Marc Ayrault au versement des 20 milliards d'euros pour les entreprises semblent particulièrement floues et peu contraignantes.  "Les comités d'entreprise devront être régulièrement informés de l'utilisation du crédit d'impôt", prévoit le premier ministre. Par ailleurs, "un comité de suivi du pacte associant l'Etat et les partenaires sociaux sera mis en place pour dresser à intervalles réguliers un constat partagé sur le bon fonctionnement du dispositif. Enfin, il appelle les entreprises à l'"exemplarité en matière de rémunération et de civisme fiscal, comme en matière de gouvernance".

Pas de quoi rassurer Henri Emmanuelli. "Dubitatif", le député des Landes et ancien ministre du Budget, Henri Emmanuelli, se demande "pourquoi est-ce que cela concerne toutes les entreprises alors qu'il y en a impactées par la mondialisation (ayant) un problème de compétitivité et d'autres pas, dans la banque ou l'assurance ou la distribution ?" Comme d'autres, l'élu craint que le crédit d'impôts sur les sociétés serve la distribution de dividendes et non l'investissement". 

  • Rien pour les salaires et le pouvoir d'achat:

"C'est un véritable coup de massue contre le pouvoir d'achat. Un choc oui, mais un choc avant tout pour celles et ceux qui, 6 mois après la défaite de Nicolas Sarkozy jour pour jour, attendaient autre chose que cette nouvelle cure d'austérité", s'exclame Pierre Laurent dans un communiqué.

Le secrétaire national du PCF déplore que ces 20 milliards de crédit d'impôts aux entreprises soient financés pour moitié par une hausse de la TVA de 19,6% à 20%, soit l'impôt le plus injuste et qui touche le plus les classes populaires; par des coupes budgétaires dans les services publics de l'autre. Il aurait préféré d'autres mesures.

"Au contraire, le PCF préconise la baisse des charges financières d'intérêts et des dividendes qui étouffent le système productif français. Simultanément, il faut soutenir l'emploi, les qualifications et la demande avec la mise en place d'un nouveau crédit pour les investissements matériels et de recherche des entreprises dont le taux d'intérêt serait d'autant plus abaissé que ces investissements programmeraient plus d'emplois et de formation", ajoute-t-il.

  • Les services publics vont payer:

Le gouvernement devra trouver 10 milliards d'économies dans son budget ainsi que dans celui des collectivités locales.

"Cela va taper où" se demande Jean-Claude Mailly, leader de FO qui juge pourtant le plan gouvernemental assez positivement. Idem pour l'UNSA: "Les économies réalisées sur les dépenses publiques ne risquent-elles pas de mettre en cause les interventions de l'Etat?"

Ces interrogations sont d'autant plus cruciales que le gouvernement pourrait être contraint à un collectif budgétaire drastique pour coller au dogme du 3% de déficits publics. Soit des coupes claires dans les services publiques qui s'ajouteraient aux 10 milliards d'efforts demandés par le plan de compétitivité énoncé par Jean-Marc Ayrault ce mardi.

Par S.G.

Publié dans ECONOMIE

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