Quels sont les risques d'une intervention militaire en Syrie ?

Publié le par Section Pcf Vierzon

La Syrie mosaïque de minorités

Indépendante depuis près de 70 ans, la Syrie est frontalière du Liban, de l'Irak, de la Jordanie, de l'Arabie Saoudite et  d'Israël qui occupe illégalement une partie de son territoire (le Golan) depuis 1973. Le pays compte 22 millions d'habitants majoritairement sunnites. Mais à l'image de celle du Liban, cette population est aussi composée par de nombreuses minorités religieuses chiites (alaouites, ismaéliens, druzes...) ou chrétiennes (orthodoxes, coptes, catholiques, arméniens...). Le pays est dirigé depuis plus de 40 ans par la famille alaouite des El-Assad qui s'appuie sur le parti Baas et notamment sur les minorités qui craignent qu'un victoire de l'opposition à dominante sunnite, se traduise à leur détriment. 

 

Deux ans de guerre civile

Touchée par l'onde de choc du « printemps arabe », la Syrie est ravagée depuis deux ans par une guerre civile qui oppose les forces restées fidèles au dictateur Bachar El-Assad et une opposition hétéroclite composée de divers courants politiques.

Cette opposition est soutenue depuis le début par les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne et de plus en plus par l'Arabie Saoudite et le Quatar depuis que des islamistes y prennent une place de plus en plus importante. La Russie et la Chine se contenteraient pour leur part d'un statut quo favorable à Bachar El-Hassad qui ménage leurs intérêts économiques et géostratégiques.

 

Utilisation ou non d'armes chimiques ?

Le 21 août dernier, des journalistes ont attesté de l'utilisation d'armes chimiques et des morts civils dans une zone contrôlée par l'opposition. L'ONU a envoyé des experts sur place pour faire toute la lumière sur cette affaire et en particulier, si il y a vraiment eu usage d'armes chimiques, pour déterminer qui est responsable de l'usage de ces armes barbares qui tuent indistinctement autant les civils que les combattants adverses. Le rapport des experts ne sera rendu qu'après la mi-septembre.

 

Les risques d'une intervention punitive

Compte tenu de l'opposition de la Russie et de la Chine aucune intervention militaire contre l'armée Syrienne ne pourra avoir l'aval de l'ONU. Toute intervention sera illégale en regard du droit international. Depuis les interventions des armées occidentales en Irak, en Afghanistan et en Libye, les opinions publiques se méfient des prétextes, souvent faux, qui justifient l'engagement des armées occidentales dans des conflits aux quatre coins du monde. Elles sont d'autant plus méfiantes que ces interventions ont semé durablement ruine et désolation dans ces pays, sans pour autant y avoir établi la démocratie. Les répercutions de raids engagés contre l'armée de Bachar El-Assad et les zones qu'elle contrôle, sont potentiellement dangereuses dans un Moyen Orient (Liban, Israël, Iran, Irak...) traversé part de multiples conflits.Comment croire à des frappes «chirurgicales » sans risque pour civils dans des villes où certains quartiers sont aux mains des rebelles et d'autres dans celles de l'armée du régime ? Comment affirmer que ces frappes n'ont pas l'objectif de chasser El-Assad, alors qu'elles ne pourront être que le point de départ d'une offensive décisive des rebelles ?

 

Quel rôle de la France dans cette affaire

Après le refus d'engager l'armée Britannique signifié à M. Cameron par la chambre des Communes, Obama attend un encore très incertain feu vert du Congrès Américain.

Par la voix de son président, la France est donc, en ce début septembre, le seul pays a vouloir coûte que coûte frapper l'armée de Bachar El-Assad, anticipant la culpabilité de ce dernier avant même qu'elle ne soit reconnue par les experts de l'ONU. La France apparaît est ainsi comme le seul grand pays qui n'a pas besoin de l'avis de son parlement pour engager son armée dans un conflit militaire. Cela met en évidence une des multiples facettes antidémocratiques de la constitution de la 5ème République qui ne prévoit qu'une simple information de notre Parlement dans les trois jours après l'engagement militaire décidé par le Président. Il n'aura son mot à dire que si ces opérations militaires durent plus de 4 mois. Vivement la 6ème République que le Front de Gauche appelle de ses vœux !

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