Santé : renoncements à tout va !

Publié le par Section Pcf Vierzon

Crédit Photo: Photothèque Rouge/MILO

Dans la déjà longue liste des renoncements aux maigres promesses faites pendant la campagne électorale présidentielle par François Hollande, ceux concernant la santé et la protection sociale mérite d’être soulignés.

Quelques rappels : pas de hausse de la CSG mais intégration à l’impôt (proposition 14 du candidat), renoncement à la TVA sociale (le monde janvier 2012), la loi HPST contestée et l’idéologie dogmatique de l’hôpital entreprise dénoncée ( le Monde mars 2012) les dépassements d’honoraires sapent notre système et doivent être strictement encadrés .

La réalité est aujourd’hui toute autre : la loi HPST bat son plein et après les élections les annonces de regroupements, fermetures de service ont repris comme la maternité de Marie Galante en Guadeloupe, la poursuite de la restructuration de l’AP de Paris avec la fermeture de l’Hôtel-Dieu, la promotion du partenariat public privé à Mantes la Jolie entre l’hôpital public et un groupe privé (FINEVE) dont le directeur est adjoint au maire UMP de la ville et qui a déjà obtenu pour son plus grand profit la fermeture de la cardiologie interventionnelle à l’hôpital public… La liste pourrait être étendue…y compris à Vierzon.

L’encadrement strict des dépassements d’honoraires a été remplacé par une négociation avec les syndicats médicaux libéraux sur des dépassements raisonnables !! Quand aux dépassements massifs pratiqués par certains praticiens hospitaliers dans le cadre de leur activité privé à l’hôpital un récent rapport officiel fait état d’une absence quasi-totale de contrôle sur l’activité libérale.

Enfin, les annonces sur la fin de la convergence tarifaire masquent mal que déjà le gouvernement Sarkozy l’avait repoussé à 2018 tant cela mettait en péril financier de nombreux hôpitaux publics et les ‘’tarifs T2A’’ qui avaient été fixés dans ce cadre n’ont pas été modifiés et continuent d’étrangler le service public.

Mais, c’est sur le terrain du financement de la protection sociale et notamment de la santé que s’annoncent les renoncements les plus importants : dès le début de l’été, Hollande annonçait la nécessité d’une réforme du mode de financement de la protection sociale pour qu’il ne pèse pas seulement sur le travail ce qui a été droit au cœur de madame Parisot. D’autant qu’au même moment se mettait en place la mission sur la compétitivité des entreprises, présidée par louis Gallois qui annonçait la nécessité d’un choc de compétitivité de 30 à 50 milliards d’euros par an d’exonérations supplémentaires de cotisations sociales et aujourd’hui se murmure le chiffre de 40 milliards à atteindre en 4 ans.

Rappelons au passage que depuis 20 ans, c’est autour de 350 milliards d’euros d’exonérations qui ont été accordés au patronat dont plus de 30 milliards en 2011.

La TVA ‘’sociale’’ de Sarkozy a été abrogée mais une série de déclarations indique clairement que le gouvernement travaille sur l’hypothèse d’une augmentation de la TVA qui ne serait pas généralisée histoire de marquer la différence.

Du coté de la CSG dont le taux est passé de 1% à sa création à 7,5% actuellement, l’idée d’une augmentation fait aussi partie de la ‘’réflexion’’. Portant le projet d’une taxe de 0,15 % sur les pensions des retraités pudiquement appelée ‘’contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie’’ dans le Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2013 ressemble furieusement à une augmentation de la CSG pour les retraités et constitue un ballon d’essai pour la ministre Marisol Touraine.

Le résultat de la réflexion sera sans doute présenté dans le cadre d’un projet de loi sur la compétitivité des entreprises prenant en compte les conclusions du Haut Conseil du financement de la protection sociale qui travaille sur ‘’concilier les besoins de financement de la protection sociale et le renforcement de la compétitivité de l’industrie française’’.

Que ce soit CSG, TVA ou un mixte des deux, le résultat sera le même.

Le PLFSS présenté récemment propose prévoit 2,4 milliards d’économies et fixe un objectif national des dépenses d’assurances maladies (ONDAM) en augmentation de 2,7% (le candidat Hollande avait ‘’promis’’ 3 % et la fédération hospitalière de France estime que 3,5% serait le minimum pour faire face aux besoins). Ce sera notoirement insuffisant en tenant compte de l’inflation. Les personnels hospitaliers qui sont la traditionnelle variable d’ajustement verront sans doute les conditions de travail se dégrader et de nouvelles suppressions de postes risquent d’être au rendez-vous des plans de retour à l’équilibre imposés par les ARS..

Pour les usagers, c’est à une nouvelle dégradation de l’accès aux soins qui se profile d’autant que bien évidemment les franchises et forfaits que dénonçait le PS hier sont tous reconduits.

Toute cette politique s’inscrit en réalité dans les impératifs de gestion de la crise définis dans le TSCG, le pacte Europlus et le MES : les dépenses de santé et protection sociale y sont explicitement décrites comme des variables d’ajustement des politiques budgétaires des Etats. Préserver les profits et les marchés financiers, faire payer la crise par les populations: voilà leur programme

Refuser d’en faire les frais, mobiliser largement et dégager les perspectives d’une alternative politique alliant la lutte pour une sécu à 100% universelle et solidaire, et le droit à l’accès aux soins pour tous et partout seront les enjeux des combats à venir pour le Front de gauche.

INFOS/CGT Vierzon.

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