SFR : Vers des licenciements boursiers ?

Publié le par Section Pcf Vierzon

Les 3 et 4 mai 2012, la direction de SFR a reçu, officieusement, les organisations syndicales représentatives et leur a expliqué être en phase
d’écriture d’un projet de Plan de "Sauvegarde" de l'Emploi (PSE). Cette dernière espère avoir terminé sa copie fin juin/début juillet, et pour le moment, aucune estimation ne nous a été donnée quant à l’ampleur de ces licenciements.

Pourquoi un PSE ? La direction se justifie par le contexte concurrentiel (arrivée de Free, marchés du fixe et du mobile qui arrivent à maturité).
L'entreprise connaîtrait des difficultés. Par ailleurs, Vivendi connaît les turbulences des opérateurs de la finance, avec une valorisation boursière nettement inférieure à sa valeur réelle. Le budget révisé pour l’année 2012 prévoit une baisse du Chiffre d'Affaires. Au premier trimestre, cette baisse s’avère être inférieure aux prévisions, ce qui, pour nous, montre clairement une amplification des effets de l’arrivée du 4ème opérateur afin de
tenter de justifier ce PSE. Ce budget prévoit également un cash-flow disponible pour les actionnaires d'environ 500 millions d'euros à la fin de l'année !
La direction de SFR nous explique qu'il faut réduire les coûts et que cela doit passer par des suppressions d'emplois. Les sous-traitants (un peu
plus de 15.000 personnes) seraient aussi concernés par "l'effort de guerre" (en plus de la réduction du nombre de prestataires, CDD et intérimaires déjà amorcée).

Le mot est lâché. C'est en effet une guerre économique à laquelle se livrent les entreprises du secteur des télécommunications en France. Guerre que SFR entend faire payer aux salariés. Pour autant, pas le début d’une once de projet industriel (il serait annoncé ultérieurement, nous annonce-t-on côté direction).

Pour la CGT, les choses sont claires. Les Dirigeants souhaitent réduire les coûts, en utilisant les salariés comme « fusibles ». C'est inacceptable, quelle que soit l'entreprise. Ça l'est d'autant plus pour une entreprise qui dégage de tels bénéfices.
Les salariés ne veulent et ne doivent pas être la variable d'ajustement de l'entreprise. Ils ne veulent, et ne doivent pas, être sacrifiés pour rassurer les marchés ! Si Vivendi est noté BBB, les salariés n’en sont pas responsables. La récente nomination de Michel Combes n'est pas pour rassurer les salariés de l'entreprise. Son profil de "cost-killer" correspond tout à fait aux annonces que la direction de SFR vient de faire "en off".

Seule inconnue: le nombre d'emplois concernés. La CGT propose le chiffre de 0, et invite l'ensemble des salariés travaillant pour SFR (sous-traitants et prestataires compris), à se rapprocher de ses militants partout sur leur lieu de travail afin d'organiser la lutte. La direction veut faire des économies, la CGT voit 500 millions d'euros redistribués sans raison à un actionnaire qui ne produit rien… L’économie est donc toute trouvée.
Les marges réalisées permettent de faire face, sans difficulté, à une baisse des tarifs tout en préservant l’emploi.

Les camps sont marqués: les actionnaires et les marchés d'un côté, les salariés de l'autre. Les intérêts des uns ne sont pas conciliables avec ceux des autres.

Journal syndical.

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