Smic : vertus d’un vrai coup de pouce.

Publié le par Section Pcf Vierzon

Après cinq années sans revalorisation, le gouvernement s’apprête à relever le pouvoir d’achat des 10 % de salariés payés au minimum. Entre les fortes 
attentes populaires en la matière et le pressing hostile du Medef et de Bruxelles, le gouvernement doit faire un choix conforme à la justice et à l’efficacité

Le 1er juillet, pour la première fois depuis 2007, le salaire minimum devrait bénéficier d’un coup de pouce, c’est-à-dire d’une revalorisation au-delà des obligations légales. Ainsi, selon la loi, le Smic est revalorisé à hauteur de l’inflation et de la moitié des gains de pouvoir d’achat du salaire horaire moyen. À quoi peut donc s’ajouter, à tout moment, 
un coup de pouce à l’initiative 
du gouvernement, permettant aux salariés concernés, selon le principe fondateur du Smic (créé en 1970), de bénéficier des fruits du progrès économique. C’est peu dire que la décision est attendue.

Le Smic, marqueur du choix de changement:

Tout comme le dossier du retour de la retraite à 60 ans, celui du Smic constitue un marqueur de choix du changement promis par François Hollande. D’après un sondage ViaVoice publié hier par les Échos, l’augmentation du Smic est jugée par 39 % des Français comme la première mesure à prendre pour améliorer le pouvoir d’achat, devant le blocage provisoire des prix de l’essence et l’encadrement des loyers. La demande est encore plus massive chez les ouvriers (54 %) et les employés (50 %).

François Hollande a confirmé sa promesse de campagne, mardi, sur France 2 : il faut « permettre à des salariés qui sont payés au Smic, qui n’ont pas été revalorisés en termes de pouvoir d’achat depuis cinq ans, d’avoir un coup de pouce ». Il ajoutait cependant vouloir « ne rien faire qui puisse déséquilibrer notamment les petites et moyennes entreprises, qui sont aujourd’hui dans une difficulté de compétitivité ».

Le pouvoir d'achat d'un Français sur dix en jeu

Alors, coup de pouce ou mini-pichenette ? Le pouvoir d’achat d’un salarié français sur dix (et un sur quatre parmi ceux qui travaillent à temps partiel) est en jeu. Mais aussi, par la suite et par répercussion, celui de l’ensemble des salariés. Pour la CGT, qui réclame un Smic à 1 700 euros brut (au lieu de 1 400 aujourd’hui), c’est là le minimum pour assurer des conditions de vie décentes en 2012, en prenant en compte notamment la forte hausse, ces dernières années, des dépenses incompressibles (logement, santé, énergie, essence…). C’est aussi l’un des moyens, surtout s’il s’inscrit dans une revalorisation de l’ensemble des grilles de salaires, d’initier une relance économique, favorable à l’emploi.

La revendication est reprise, à gauche, par le Front de gauche, qui en a d’ailleurs fait, avec succès, l’un des thèmes majeurs de sa campagne lors de la présidentielle. Du côté des syndicats, si FO plaide aussi pour une nette hausse (pour porter le Smic net à 1 340 euros, au lieu de 1 100 euros), d’autres, comme François Chérèque, de la CFDT, la jugent « inatteignable ».

La décision à prendre sur le Smic est en réalité au cœur des choix de politique économique. Preuve, s’il le fallait, l’opposition farouche du chœur des libéraux, Mme Parisot et ses amis du Medef en tête, qui brandissent les risques que la mesure ferait peser sur la compétitivité des entreprises. Mais aussi les « recommandations » adressées mercredi par la Commission européenne au gouvernement français, où elle prêche la modération salariale, et loue le précédent gouvernement pour ne pas avoir donné de coup de pouce au Smic… Le niveau de la mesure prise le 1er juillet sera bien un indicateur de la volonté de refuser l’austérité comme prétendu remède à la crise, et d’engager une modification du partage de la valeur ajoutée, plus favorable au travail qu’au capital.

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  • Décryptage: les 3 bonnes raisons d'augmenter le Smic

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--> Non, ce ne serait pas la mort des PME!

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  • Témoignage: "Ce serait le signe qu'on ne nous oublie pas"
  • Le patronat conteste le coup de pouce
  • Edito: Front de gauche contre chantage bruxellois, par Patrick Le Hyaric

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  • Crise de succession à la CGT
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  • L'Humanité des débats: La justice des mineurs doit-elle changer? - Que privilégier: la loi ou le marché? - Sondages, apport ou obstacle à la démocratie?
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Publié dans L'HUMANITE

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