Un demi- million de Français cumulent retraite et emploi.

Publié le par Section Pcf Vierzon

retraites_1.jpgLibéralisé par les réformes qui, parallèlement, ont diminué le niveau des pensions, 
le recours au cumul emploi-retraite se développe, selon un rapport de l’Igas.

Selon un récent rapport de l’inspection des affaires sociales, un demi-million de retraités, sur un effectif total de 15 millions, recourent au cumul emploi-retraite. Autrefois restreint, ce dispositif, permettant de cumuler une pension et un revenu d’activité, a été promu par la réforme Fillon de 2003, puis par un décret en 2009 qui l’a libéralisé. Il « connaît un fort développement depuis 2004 », indique l’Igas. La grande majorité des bénéficiaires sont affiliés au régime général des salariés du privé : leur nombre atteint 300 000, contre 120 000 en 2005. Le plus souvent, il s’agit d’hommes, exerçant une activité à temps partiel chez le même employeur qu’avant la retraite. Ce pour une période ne dépassant pas deux ans dans 50 % des cas.

Selon l’Igas, le cumul emploi-retraite « peut être interprété comme un aménagement de la fin de carrière ». Cependant, et même si ces retraités qui prolongent ainsi leur carrière ont en moyenne « un niveau de pension supérieur aux autres retraités », la motivation financière ne fait guère de doute. D’autant que les réformes successives du système de retraite ont entraîné une érosion continue du niveau des pensions, comparé à celui des salaires, alors que les charges des retraités (notamment le coût de l’accès aux soins et des complémentaires santé) se sont constamment élevées. Les témoignages se multiplient sur des pensionnés qui, contraints et forcés par une retraite trop faible, reprennent un petit boulot.

Officiellement, le cumul a été instauré pour relever le taux d’emploi des seniors. Dans les faits, celui-ci n’a guère augmenté, les entreprises continuant d’évincer massivement les salariés âgés de leurs effectifs. Si la liberté de poursuivre une activité salariée après la retraite n’est pas en question, promouvoir le cumul, comme le fait l’Igas qui préconise sa « simplification », apparaît en revanche irresponsable à l’heure où le chômage frappe massivement. Et facteur d’inégalités supplémentaires, entre ceux qui pourront reprendre le collier et ceux qui ne le pourront pas.

BLOG/PCF Vierzon.

Publié dans Social-Economique

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