Un front contre l'austérité est en train de naître.

Publié le par Section Pcf Vierzon

arton1954-ab3e1.jpgPour le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, la manifestation de dimanche n’est que la première étape de la lutte contre l’austérité car le camp 
des partisans du non 
au traité européen s’élargit.

La campagne engagée dès cet été contre la ratification du traité européen vise à 
briser le mur du silence afin d’imposer le débat public dont on voulait priver les Français.

Les forces sociales et politiques, qui se reconnaissent dans les valeurs de la gauche, s’engage contre le Traité Merkel-Sarkozy au nom d’une Europe solidaire. Ce combat est celui d’une rupture avec l’austérité pour une sortie de crise solidaire. P. Laurent s’explique...

Le gouvernement a multiplié les rappels 
à l’ordre, arguant qu’il s’agissait de donner de la force à François Hollande pour réorienter l’Europe. Qu’en pensez-vous  ?

Pierre Laurent. Ce sont ceux qui vont manifester, ceux à gauche qui refuseront de ratifier le traité au Parlement, qui donnent la meilleure chance à une réorientation de l’Europe, pas l’inverse.

Car l’adoption du traité donnerait de la force au chantage des marchés financiers pour obtenir des normes drastiques de réduction des dépenses publiques.

Or tout appel à se dégager d’urgence de ces logiques d’austérité  : les chiffres du chômage sont catastrophiques, les plans de licenciement se multiplient, la crise se développe, singulièrement dans les pays qui ont engagé l’austérité la plus brutale. Il faut donc, au contraire, des politiques mobilisant l’investissement public sur de nouveaux critères pour sortir de la crise.

Le vote à l’Assemblée aura lieu dès 
le 9 octobre et au Sénat dans la foulée. 
Le débat parlementaire sera-t-il néanmoins l’occasion d’avancées  ?

Pierre Laurent. Ce débat, grâce à la manifestation, se déroulera en pleine lumière et donnera à voir l’absence de consensus à gauche autour de ce traité et la forte exigence de rupture avec ses logiques. Nous devions être seuls à voter contre mais aujourd’hui, après la décision des écologistes et de certains députés socialistes – malgré les rappels à l’ordre du gouvernement –, le front contre ce traité d’austérité s’élargit au Parlement comme dans le pays.

C’est une bataille en plein développement. Le 30 septembre est une étape décisive mais n’est qu’une étape. Au Parlement, elle se poursuivra avec la loi organique et le budget 2013.

Le traité sera vraisemblablement ratifié, 
cela signera-t-il la fin de la mobilisation unitaire engagée  ?

Pierre Laurent. Non, nous engageons une bataille dans la durée. Nous amplifierons, en même temps et à la suite du débat parlementaire, la bataille pour un référendum. Car l’exigence démocratique de consultation des Français s’est renforcée considérablement au fil de la publicité donnée à ce débat.

De plus, nous construisons un front uni, large, durable contre les logiques d’austérité et pour des politiques de relance alternatives. La contrainte de ramener dès 2013 les déficits à 3 % du PIB, par exemple, est de plus en plus contestée, y compris dans des cercles proches du gouvernement ou européens.

De même, les élus locaux sont en train de comprendre que les normes qu’imposerait le traité pèseraient négativement contre l’investissement public de leur collectivité.

Nous sommes à l’aube de la constitution de ces fronts contre l’austérité qui se déploieront dans les semaines et les mois à venir.

Pierre LAURENT, secrétaire national du PCF.

Publié dans VIE du PARTI

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