Victoire de Copé le décomplexé : je quitte l’UMP !

Publié le par Section Pcf Vierzon

Après le cauchemar des dernières années Sarkozy, la victoire de Copé l’a convaincu : cet adhérent UMP ne supporte plus la droitisation de son parti. Il le quitte.

Adhérent de l’UMP depuis 2006, la victoire de Jean-François Copé et de la motion la Droite forte menée par l’ex-frontiste Guillaume Peltier, m’a décidé à quitter le mouvement qui s’enfonce encore plus dans les marécages de l’outrance, de l’euroscepticisme et de l’intolérance.

Admirateur du général De Gaulle, croyant fermement au libre marché économique, à une plus grande flexibilité du marché du travail, à l’idée que l’Etat ne peut pas tout et ne doit pas tout régenter, à la réussite individuelle, c’est tout naturellement que je me suis tourné vers la droite. Même si mes idoles politiques sont à gauche : Jacques Delors, Tony Blair ou Gerhard Schröder, qui ont su parfaitement conjuguer solidarité et efficacité économique.

De plus, je considère que la sécurité sociale et la retraite par répartition sont des joyaux à conserver coûte que coûte car favoriser l’inégalité devant la santé est immoral.

Mais dans le même temps le discours du PS, redistributif avant d’être productif, méfiant envers l’entreprise et souvent hypocrite, m’a toujours rebuté.

Sarkozy en 2007 : le pire restait à venir:

C’est donc tout naturellement que j’ai soutenu pleinement Nicolas Sarkozy en 2007. Enfin un vent nouveau se levait en France : les réformes économiques nécessaires allaient enfin être faites, le fameux modèle scandinave de flexi-sécurité tant vanté lors des meetings allait être enfin à notre porte, les amis à Londres projetaient déjà de rentrer en France.

La vieille France chiraquienne frileuse du ni-ni allait être enfin mise à bas pour entrer dans le XXIe siècle. Sans doute étais-je trop dans l’insouciance de la jeunesse mais la suite ne fut qu’une succession de déceptions, avec parfois la flamme des débuts qui revenait par intermittence.

Mais le pire restait à venir:

La première fracture vint avec le discours de Grenoble qui liait clairement immigration et délinquance et la fameuse circulaire Guéant.

Habitant en Chine, formant un couple binational et envoyant des étudiants étudier en France, difficile de soutenir de tels propos que je trouve très rétrogrades car la mondialisation actuelle, tant vantée à droite, est une ode à l’immigration.

Aujourd’hui, rien de plus facile avec les nouvelles technologies pour un Francais de travailler en Asie ou en Europe. De plus, avec la compétition mondiale, accueillir les talents étrangers est une obligation. Au lieu d’un modèle canadien d’immigration pourtant vanté par Nicolas Sarkozy en 2007, c’est clairement une porte à double tour qui fut érigée.

Pourtant, toujours résolument contre la gauche modèle PS, j’ai continué l’aventure, plongeant dans la campagne de 2012. Une campagne cauchemardesque.

La défaite a été pour moi un soulagement:

Alors que le général De Gaulle, pionnier de l’Europe, acceptait le Traité de Rome en 1957, on nous proposait une régression avec la renégociation des accords de Schengen. Les propos du café du commerce devenaient un programme politique.

La droite troquait ses valeurs pour une France rabougrie, exclusive. Oui, nous ne méritions pas de gagner avec de tels idéaux et la défaite a été pour moi un soulagement.

Soulagement car théoriquement, la défaite signait la fin de cette droitisation extrême, la fin de carrière de Nadine Morano, Patrick Buisson et tous ces apprentis sorciers.

Soulagement car un travail de refondation sur des bases plus saines allait être mené. D’autant plus que l’UMP a des hommes et des femmes talentueux comme Bruno Le Maire, dont les idées apportent aux débats.

Je refuse d’être membre d’une annexe du FN:

La victoire de Jean-François Copé ainsi que de la motion la Droite forte est donc une très mauvaise nouvelle pour la droite française et le débat politique.

Elle persiste dans les erreurs de la campagne de 2012, s’enferme dans une vision du monde frelatée qui n’existe plus, tout en se coupant de pans entiers de la société française.

Allez expliquer par exemple à un(e) homosexuel(le), à un immigré de voter à droite alors que les nouveaux leaders nient aux deux un droit à l’égalité dans la société française. Sans oublier toutes les saillies homophobes et islamophobes.

La personne même de Jean-François Copé est un réel problème. Voteriez-vous pour quelqu’un noyé dans le grand bain (ou la piscine, ici) des affaires louches mêlant trafics d’armes, intermédiaires véreux ? Comment être un opposant crédible alors que ses attaques contre Francois Hollande suintent l’outrance ?

Quand à Guillaume Peltier, transfuge du FN, son parcours parle de lui-même !

La droite passe du crépuscule aux ténèbres : j’ai donc décidé de quitter l’UMP car je refuse d’être membre d’une annexe du FN, de cautionner les dérives d’un mouvement qui, à la richesse d’un débat exigeant, préfère clairement la facilité du populisme ! Vite, que quelques défaites électorales de plus en terminent avec tout ça !

Par V. GAUME, Professeur de français.

Publié dans Question d'actualité

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