2010 SUPPRESSION des ZEP dans le CHER cette année.
| Les ZEP du Cher sont devenues des RRS (Réseau Réussite Scolaire). Pour fêter cela, l’Inspecteur Académique du Cher a fermé dans tous les groupes scolaires classés ZEP, histoire de bien faire comprendre ce que signifiait ce changement d’appellation : moins de moyens, plus d’élèves par classe ! |
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| Suite à la mise en ligne des documents ministériels à propos du schéma d’emploi dans l’Education Nationale, il n’est pas inintéressant de se questionner sur un levier proposé par le ministère : l’augmentation du nombre d’élèves par classe. Selon le Ministère et le discours officiel, le nombre d’élèves n’aurait aucune incidence sur les résultats des élèves. Or une étude réalisée en 2006 et disponible sur le site du Ministère de l’Education Nationale prouve exactement le contraire, particulièrement en RRS ou en RAR ! Cette étude se nomme « L’impact de la taille des classes sur la réussite scolaire dans les écoles, collèges et lycées français, Estimations à partir du panel primaire 1997 et du panel secondaire 1995 ». Elle a été réalisée par Thomas PIKETTY, directeur d’études à l’EHESS et Mathieu VALDENAIRE, doctorant à l’EHESS et moniteur à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne à partir de document fournis par la Direction de l’Evaluation et de la Prospective (DEP). Les auteurs ont donc suivi les résultats d’un panel de plusieurs élèves et ont mesuré l’impact de la taille des classes sur les résultats des élèves. En voici quelques extraits et conclusion pour éclairer le débat et faire taire quelques détracteurs. « Pour ce qui concerne le primaire, nous mettons en évidence l’existence d’un impact positif important des tailles de classes réduites sur la réussite scolaire. Les coefficients obtenus sont sensiblement plus élevés que ceux habituellement obtenus avec les estimations « naïves » décrites plus haut, notamment pour ce qui concerne les élèves socialement défavorisés. Nous estimons par exemple qu’une réduction d’un élève de la taille de classe de CE1 conduit à une augmentation d’environ 0,3- 0,4 points du score moyen obtenu aux épreuves d’évaluation de mathématiques de 10 début de CE2, et d’au moins 0,7 point lorsque l’on se concentre sur des sous échantillons d’élèves socialement défavorisés. D’après nos estimations, la suppression de la légère politique de ciblage des moyens qui existe actuellement en faveur des écoles classées en ZEP (la taille moyenne des classes de CE1 est en 2003-2004 d’environ 20,9 en ZEP, contre 22,8 hors ZEP) conduirait à une progression d’environ 14% de l’écart entre les scores moyens obtenus en ZEP et hors ZEP aux évaluations de mathématiques de début de CE2 (écart qui est d’environ 9 points, ce qui est considérable). Surtout, des simulations simples indiquent que cet écart pourrait être réduit d’environ 46% si l’on mettait en place une politique de ciblage des moyens forte (mais pas irréaliste), avec une taille de classe moyenne réduite de 5 élèves supplémentaires en ZEP, pour un nombre total d’enseignants inchangé et donc des moyens constants au niveau national (ce qui conduirait en CE1 à une taille moyenne des classes d’environ 15,9 en ZEP et 24,1 hors ZEP). La diminution des scores obtenus hors ZEP entraînée par une telle politique serait d’autant plus limitée que nos estimations indiquent un impact de la taille des classes est nettement moins important pour les enfants socialement favorisés. Notons enfin que nos résultats relativement optimistes sur l’impact potentiel des politiques de ciblage des moyens ne sont évidemment pas incohérents avec les bilans globalement négatifs des ZEP dressés en France depuis quelques années. Les tailles de classes ayant été pour l’instant à peine plus faibles en France dans les établissements classés en ZEP que dans ceux classés hors ZEP, il n’est guère étonnant que l’impact du classement en ZEP ait été jusqu’à présent relativement modeste, voire à la limite de la significativité statistique. Nos estimations conduisent certes à la conclusion selon laquelle la suppression des ZEP aboutirait à une augmentation de l’inégalité entre établissements ZEP et hors ZEP de l’ordre de 14% en primaire et de 10% au collège, ce qui n’est pas rien. Il reste qu’un tel effet de l’ordre de 10-14% est difficile à détecter à l’œil nu, d’autant plus que nos estimations prennent en compte le ciblage des moyens en faveur des ZEP en vigueur en 2003-2004, qui bien que relativement modeste est sensiblement plus important que celui observé dans les années 1990, période sur laquelle portent les quelques études disponibles sur les ZEP. De plus, et surtout, nos estimations reposent sur l’identification de l’impact des réductions de tailles de classes en tant que telles, et non pas sur l’impact global du classement en ZEP, qui peut impliquer des phénomènes de stigmatisation et de fuite scolaire, surtout si aucun véritable ciblage de moyens n’est mis en place. Pour toutes ces raisons, la présente étude est tout à fait cohérente avec l’idée selon laquelle les ZEP n’ont eu pour l’instant qu’un impact limité sur la réduction des inégalités. La nouveauté importante est que nos résultats suggèrent qu’il pourrait en être autrement, pour peu que l’on assume une véritable politique de ciblage des moyens en faveur des ZEP. Les liens permettant d’accéder aux documents : |