Front de gauche: «On a réussi à créer une alternative au parti socialiste»
La section de Vierzon vers 19H15 s'anime avec les résultats qui se confirment. L'heure est à la victoire avec 4 ou 5 élus. Des jeunes, des vieux, tout le monde se rassemble dans la bonne humeur.
La section tangue, les militants affluents, les « camarades » du Front écoutent les leaders à la télévision... C'est bien orchestré, d'un coté, Marie-George Buffet prend la parole sur TF1, on applaudit. De l'autre, Mélenchon pousse son coup de gueule sur France 2, on l'écoute religieusement. « Si les résultats se confirment, c'est bien au-delà de nos espérances », nous confie un militant du parti de gauche. Des espérances fixées au score réalisé il y a 5 ans, c'est-à-dire trois élus.
Et quand Marie-George prend la parole...
La section s’agite, la déroute du PS est constatée comme une victoire idéologique, celle de la rupture avec la social-démocratie. Ça commence à chanter et ça parle fort, on se réjouit. Et soudain, le silence se fait. Marie-George va prendre la parole. La section se remplit de nouveau. On écoute attentivement la leader du parti communiste.
A l'intérieur, on s'impatiente en suivant les débats télévisés et on trinque. « Une campagne difficile à mener » avouait Jean-Luc Mélenchon vers 18h, il ne connaissait pas encore les résultats. « Un désastre pour les sociaux démocrates de France et d'Europe », nous confiait un militant du Front de gauche. « Reste maintenant à rassembler toute la gauche », poursuivait-il. Il n'empêche, une énième question se pose encore, la gauche sans le modem n'est qu'à 45%. Alors toute la gauche, c'est jusqu'où ?
Je publie l'interview de Raquel Garrido, secrétaire nationale du PG, pour 20 minutes.fr
Raquel Garrido (Front de gauche): «La stratégie de reconquête à gauche passe par l'unité»
INTERVIEW - Trois questions à Raquel Garrido, numéro deux en Ile-de-France sur la liste du Front de gauche...
Le Front de gauche obtient un bon score, vous devez être satisfaite? Notre score, c'est l'arbre qui cache la forêt, car en réalité cette élection est une lourde défaite pour la gauche. La plupart des gens de gauche ne sont pas allés voter parce qu'ils sont découragés, désespérés par le spectacle de la division de la gauche. Ceux qui ont voté pour le Front de gauche l'ont fait parce que nous avons proposé une vraie opposition, notamment au traité de Lisbonne. Mais nous aurions tort de nous endormir sur nos lauriers.
Quels sont les enseignements de ces européennes? Après la crise financière, nous assistons à une crise démocratique à l'échelle européenne. L'absence d'alternative à gauche a mené à l'émergence de l'extrême droite dans un certain nombre de pays, comme la Hongrie, car elle représentait la seule critique radicale de l'establishment. Nous devons, avec la Gauche unitaire européenne, assurer une information constante des populations, pour que chacun sache qui vote quoi, qui fait quoi.
Que compte faire le Front de gauche, maintenant? Nous devons tenir compte des indications que nous a apportées ce scrutin. La stratégie de reconquête à gauche passe par l'unité avec le NPA et les Verts de gauche, et le refus du traité de Lisbonne ou de la tentation d'alliance avec le centre. Le prochain grand combat sera le referendum irlandais, probablement à l'automne prochain. Comme lors de la dernière campagne, je souhaite me rendre sur place pour faire triompher le «non» au traité de Lisbonne.
Propos recueillis par J M