La flambée du chômage fait plonger la Sécu.

Publié le par Section Pcf Vierzon

Selon les récentes prévisions publiées, le déficit atteindrait 20 milliards d’euros fin 2009. La crise fait plonger la Sécu.
L’explosion du chômage entraine une baisse considérable des recettes puisque la masse des cotisations diminue. Le budget prévisionnel de la Sécu a été voté en tablant sur une hausse de la masse salariale de 2,75 %, elle recule de 1, 25 %.

Hormis 1968, c’est du jamais vu depuis 1949. C’est dire la profondeur de la crise du capitalisme en France. Or, un point de masse salariale en moins équivaut à 2 milliards d'euros de recettes en moins pour la protection sociale. A ce manque à gagner au niveau des recettes s'ajoute le scandale des exonérations de charges patronales qui atteignent chaque année plus de 30 mlilliards.

2, 5 millions de chômeurs et même 3,8 millions en englobant les personnes en activité réduite, ce sont autant de plein cotisants en moins et une baisse considérable de la contribution patronales . Et faute de mesures sérieuses s'attaquant à la financiarisation de l'économie, le mal continue de se propager avec des prévisions de licenciements chez Michelin, dans l'automobile, et bientôt dans le secteur bancaire.

Ce recul des recettes est dû principalement à la disparition d’emplois salariés, à la hausse du chômage partiel exonéré de cotisations patronales, mais aussi à la faiblesse des salaires. L’envolée du chômage partiel dans les secteurs de l'automobile, de la métallurgie ou des industries plastiques (183.000 personnes ont été touchées au premier trimestre), à la différence du salaire, occasionne de lourdes pertes à la Sécu.

L’emploi, les salaires sont donc le nerf de la guerre de notre système de protection sociale.
Toutes les branches de la Sécu seraient impactées, mais c’est l’assurance maladie qui enregistrerait la plus forte dégradation des comptes, avec un déficit de 9,4 milliards d’euros, en hausse de 5 milliards sur 2008. Pourtant la comparaison avec d’autre Pays comme les USA, dépourvu d’un système de Sécurité universel (santé, chômage, retraite, famille, …), montre que notre système de protection solidaire joue un rôle d’amortisseur de la crise, notamment pour les couches populaires.

Il est ainsi à craindre qu’au lieu d’ouvrir le chantier d’une réforme du financement pour accroître les ressources de la Sécu et conforter notre système solidaire, au lieu d’engager un véritable plan de relance susceptible d’endiguer la vague du chômage, le gouvernement utilise le déficit record pour porter de nouveaux coups aux droits des assurés.

Les attaques du Gouvernement Sarkozy-Fillion vont donc redoubler pour diminuer les prestations et le remboursement des soins et imposer une médecine comptable, bloquer toute revalorisation des retraites, repousser l’age de la retraite, chasser les chômeurs et les forcer à accepter n’importe quel emploi…
Le ministre du Travail, Brice Hortefeux, ne demande-t-il pas le relèvement de l’âge de la retraite à soixante-sept ans ? Nicolas Sarkozy a de son côté déclarer que la Sécu ne pourra « sans doute pas » couvrir « l’intégralité des besoins nouveaux » (dépendance, maladies chroniques), appelant ainsi à un plus grand rôle des organismes privés…

Ces 20 milliards de déficit de la Sécu sont à rapprocher des 30 milliards d’exonération de cotisations patronales offertes chaque année aux entreprises.
Assurer de façon durable les comptes de la protection sociale impose un véritable plan de relance de l’économie, comme le propose le PCF, afin d’enrayer l’hémorragie du chômage et d’aller vers sa suppression totale. Parallèlement, il convient de mettre un terme aux scandales des exonérations des cotisations patronales (plus de 30 milliards !) qui fragilisent notre système et le font reposer de plus en plus sur les salariés.
Une évidence : l’exonération de charges sociales sur les bas salaires, prônée par la Droite et le parti socialiste a fait preuve de son inefficacité dans la lutte contre le chômage, plombe les recettes de la sécu et tire tous les salaires vers le bas.
Il faut en tirer les leçons, messieurs les socialistes et ne plus coller à la droite et au MEDEF sur ce point (comme sur les autres, d'ailleurs!)

Redisons-le : pour une véritble politique de gauche, le principe de cotisation sociale branchée sur les entreprises, lieux de création des richesses est sain.

La création d’emplois, la revalorisation des salaires, l’amélioration des qualifications sont nécessaire pour dynamiser l’activité économique, améliorer la productivité de nos entreprise et développer la protection sociale.
Les fonds publics doivent cesser d’être gaspillés pour venir abonder des Fonds régionaux permettant une pratique sélective du crédit pour permettre aux PME de financer à bas coût leurs investissements à long terme créateurs d’emplois.
Sauver la Sécu suppose de dépasser le statu quo et passe par une autre politique économique, une réforme profonde du financement de la protection sociale s’attaquant à la logique capitaliste. Le développement de notre système solidaire est en réalité un point d’appui pour sortir de la crise.

 

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Publié dans ECONOMIE

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