"C’était un véritable massacre. Les gens arrivaient carbonisés aux urgences" (Gérard Buffet, médecin français de retour de Benghazi)
«Nous avons gagné les combats». Cité pionnière de la contestation anti-Kadhafi. L'ambiance est à la fête, ce mercredi : des centaines de milliers de personnes manifestent, la ville a été libérée des forces gouvernementales. Selon lui, le bilan des combats des derniers jours serait de 440 morts et plus de 1500 blessés à Benghazi. Toutes les villes de l'est sont libres tandis qu'à Tripoli, l'armée et les opposants continuent de s'affronter. "Ce que j’ai vu, c’est quelque chose d’assez terrible", raconte le médecin. "A partir du 17 février, sont arrivés aux urgences de l’hôpital de Benghazi de nombreux blessés.
La première journée, c’était uniquement des blessures par balles, des blessures abdominales. Le deuxième jour, c’était thoracique et facial, et le troisième jour un véritable massacre. Les gens arrivaient carbonisés aux urgences, brûlés. Ceci s’explique d’autant plus que les tirs étaient permanents de 4h00 de l’après-midi jusqu’à 4h00 du matin, dans tous les coins de Benghazi.
Les gens qui étaient sur le terrain, nos étudiants et nos ambulanciers qui allaient ramasser les survivants, ont vite été débordés. Il a fallu ouvrir le fameux hôpital pédiatrique pour mettre les adultes à l’intérieur. C’était un état de guerre permanent"...
Article l'HUMANITE