Complément d'information sur la démission de Michaël Moglia.
Dans les assemblées locales c’est l’heure du vote des budgets de l’an prochain. Beaucoup de monde dans l’univers des socialistes fait une cruelle découverte : la politique d’austérité doit être relayée. Les dotations d’Etat sont en baisse, les recettes locales aussi, tout se tient ! Jean-Marc Ayrault préside dorénavant toutes les collectivités. Contents ou pas, quoiqu’ils aient voté au congrès, dit ou fait pendant des années, chaque socialiste est dorénavant sommé de devenir un militant de l’austérité et un complice de sa mise en place partout dans le pays.
Certains seront même des super austéritaire puisqu’étant cumulards ils iront voter à la région puis au département ou dans leur mairie des budgets de restriction liés les uns aux autres. Chaque fois, ils se rendent personnellement coupable du désastre économique et social qui va en résulter. Et ils le savent. (Presque ) tous obéiront, parfois en râlant, d’autres fois en se taisant. Leurs convictions, quand ils en ont, ne comptent plus. Prébendiers avant tout, les membres de l’astre mort assument les exigences de la carrière. Ils voteront, n’importe quoi et le reste. Mais parfois la chaine rompt. Ici, là, une conscience se cabre. Alors commence une réaction en chaine autour d’eux. Est-ce ce qui est commencé dans la région Nord-Pas de Calais ? Le président de la commission des finances régionale, le socialiste Michaël Moglia dit « stop ». Ancien animateur national du courant Montebourg, ses attaches avec le socialisme sont trop fortes pour avaler la mutation social-libérale qui est exigée de tout élu socialiste dorénavant.
Son élection dans une région classique de la gauche lui envoie quotidiennement au visage cette réalité sociale durcie qui dépend tout entière de l’action publique pour que soit assuré un peu de dignité. Mais loin d’en faire une affaire locale, dans la tradition bien ancrée des luttes de clans socialistes, Moglia se détermine sur un plan politique national. Son intervention en séance plénière du conseil régional pour annoncer sa démission du groupe et du parti socialiste prend donc une force particulière. Sa portée pourrait l’être aussi. A suivre de près.