Dans le mensonge et l'opacité l'epilogue du scandale Tapie.
L'évaluation est définitive: ce sont 220 millions d'euros que Bernard Tapie va empocher sur fonds publics, et non 30 comme avait voulu le faire croire Christine Lagarde. La ministre des finances refuse de transmettre au Parlement les pièces qu'il lui demande. Parti pris contre un scandale d'Etat. Christine Lagarde a cependant nié que le versement de cette somme, révélé par Le Canard enchaîné mercredi, résulte d'une faveur politique de l'Élysée. Christine Lagarde a expliqué que le total de 210 millions provenait du solde des indemnités apportées par cet arbitrage, auxquelles s'ajoute la vente des biens saisis lors de la faillite des sociétés Tapie, aujourd'hui annulée. "On mélange des carottes et des choux", a dit la ministre. Bernard Tapie "continuera à faire l'objet d'un traitement fiscal de droit commun, sans exception, sans privilège", a-t-elle précisé.Selon elle, il résulte d'un choix technique légitime qu'elle a fait personnellement. "J'ai examiné tous les aspects juridiques du dossier et, en conscience, je l'assume parfaitement, je pense que c'était la bonne décision dans l'intérêt de l'État", a-t-elle dit sur Radio classique.
Le Crédit lyonnais a toujours contesté toute fraude et la Cour de cassation avait débouté Bernard Tapie. Le dossier devait être rejugé en appel, dans une position favorable pour l'État, mais après la présidentielle de 2007 où Bernard Tapie a apporté son soutien à Nicolas Sarkozy, un arbitrage a été accepté. La décision accordait la somme record de 285 millions d'euros à Bernard Tapie, augmentée à environ 400 millions d'euros avec les intérêts.