Des salariés menacent de détruire leur usine, la bataille continue.
Des salariés de l'usine Sodimatex, à Crépy-en-Valois, dans l'Oise, menacent "d'incendier une citerne de gaz". Ils souhaitent une reprise des négociations afin que le plan social soit augmenté.
L'usine de l'équipementier automobile Sodimatex de Crépy-en-Valois (Oise), dont des salariés menacent de mettre le feu à une citerne de gaz pour réclamer un meilleur plan social, était toujours occupée par des salariés vendredi matin.
Environ une quarantaine de salariés ont passé la nuit sur place, alors que devait se tenir dans la journée une table ronde réunissant le préfet, la direction du groupe Trèves, propriétaire de Sodimatex, et des représentants du comité d'entreprise (CE), selon leur avocate.
La préfecture de l'Oise n'a pu être jointe vendredi matin.
Les salariés qui restaient déterminés, ont rallumé un grand feu de palettes devant l'usine vouée à la fermeture, à proximité de laquelle se trouvent toujours des gendarmes mobiles, mais aucune tension particulière n'était perceptible. Des salariés se sont relayés pour garder la citerne de gaz entourée de palettes de bois qui borde l'usine.
Jeudi, les salariés s'étaient retranchés dans l'usine, qui produit de la moquette pour automobiles, après une intervention des forces de l'odre, qui avaient dispersé une manifestation où les salariés avaient bloqué un rond-point de la zone industrielle où se trouve le site.
Des gaz lacrymogènes avaient été utilisés par les gendarmes mobiles, ce qui avait été perçu comme une "véritable agression", selon la CGT.
"On n'est pas des voyous, on est des êtres humains. Fatigués, dépités, déprimés mais toujours motivés", a expliqué François Heindryckx, 42 ans, dont 21 ans chez Sodimatex. Autour de lui, des collègues "rêvent de la voir exploser", la citerne.
La fermeture de l'usine a été annoncée le 10 avril 2009. Depuis, les
négociations sur le plan social entre la direction et les salariés ont échoué, malgré une médiation de l'Etat. Les salariés ont été reçus début février à l'Elysée par un conseiller du chef de l'Etat, selon Eric Lemoine. "Il devait nous donner des nouvelles. On attend toujours", a-t-il déploré. Les salariés de Sodimatex réclament notamment une prime extra-légale de 21.000 euros par salarié.
"Les salariés demandent que la direction vienne à la table des négociations, mais pas les mains vides", a affirmé Alain Lebrun. Selon lui, le groupe Trèves, propriétaire de Sodimatex, a touché 55 millions d'euros de l'Etat dans le cadre du plan d'aide aux équipementiers automobiles. "Aujourd'hui, on veut laisser les salariés partir avec le minimum légal", a-t-il dénoncé.
(Source AFP)