En 2011, le salaire des patrons du CAC 40 a progressé de 4%.

Publié le par Section Pcf Vierzon

L’actualité offre parfois des télescopages qui donnent à réfléchir. Celui-là donnerait presque des envies de révolution. Selon Proxinvest, un cabinet de conseil, la rémunération globale des dirigeants du CAC 40 aurait progressé de 4% l'an dernier. Sur le podium des patrons les mieux payés : Maurice Lévy (Publicis), Carlos Ghosn (Renault) et Bernard Charlès (Dassault Systèmes).

La crise n'arrête pas la hausse des hauts salaires. Selon une étude parue aujourd'hui mardi, les rémunérations des patrons du CAC 40 auraient augmenté de 4 % en 2011. Elles donnent le vertige, pour ne pas dire la nausée. Elles prouvent, en tous cas, qu’il existe bien en France une catégorie de citoyens privilégiés – en réalité, les vrais assistés de ce pays – que la crise n’empêche pas de dormir.

Rappelons, à tout hasard, que le salaire net moyen en France est de 2082 euros et qu’il n’a augmenté que de 0,5%, c’est-à-dire 9 fois moins vite que celui de ces grands patrons ! Etonnez vous après cela que le sentiment d’injustice sociale fasse des ravages !

Cette rémunération, qui regroupe notamment le salaire fixe, les bonus, les actions gratuites, les options et les indemnités de départ versés au dirigeant, a atteint en moyenne 4,2 millions d'euros l'année dernière contre 4 millions en 2010. "L'indice CAC 40 a pourtant sur la même période perdu 17% de sa valeur", relève Loïc Dessaint, directeur associé de Proxinvest, spécialisée dans la gouvernance des entreprises.

La France se situe à la sixième place en Europe derrière le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Espagne, la Suisse et l'Italie. La rémunération moyenne d'un patron du CAC 40 reste toutefois loin de son niveau d'avant crise : la moyenne observée était de 5,7 millions en 2006.Patrons-01.jpg

Quatorze dirigeants français ont dépassé en 2011 un plafond, établi par Proxinvest, de l'équivalent de 240 Smic annuel, soit actuellement 4,6 millions d'euros. Maurice Lévy (Publicis) a été l'année dernière le mieux payé avec 19,6 millions d'euros grâce notamment au versement anticipé de plusieurs bonus, suivi par Carlos Ghosn de Renault, (13,3 millions d'euros), Bernard Charlès de Dassault Systèmes, (10,9 millions), le patron de LVMH Bernard Arnault (10,8 millions d'euros) et Jean-Paul Agonde, de L'Oréal (7,7millions).

Preuve qu’au grand casino de l’ultralibéralisme, une seule règle prévaut : quand tout le monde gagne, tu gagnes ; quand tout le monde perd, tu gagnes quand même ! Il n’est qu’à voir les bonus versés chez Carrefour ou GDF Suez pour comprendre que la part variable de ces salaires ne dépend même pas de la réussite des entreprises concernées. Mieux : en 2011, la bourse ayant baissé, les stock-options ne présentent plus le même intérêt financier pour leurs bénéficiaires ? Qu’à cela ne tienne, on a remplacé l’instrument par la distribution d’actions gratuites. Joyeux Noël… 365 jours par an !

Il est grand temps qu’une loi permette aux assemblées générales d’actionnaires de statuer sur les rémunérations fixes et variables de ces managers dorés sur tranche. Grand temps aussi d’en finir une bonne fois pour toutes avec la consanguinité qui règne dans les comités de rémunération et qui autorise – en toute impunité – des excès que la crise et le chômage n’ont même pas contribué à calmer.

Par FranceInfo.

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Publié dans ARGENT

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