Grogne sans précédent chez les CRS.
Le gouvernement veut taper dans les effectifs des CRS pour réaliser ses objectifs comptables de diminution de nombre de fonctionnaires.
Arrêts de travail collectifs, grève de la faim. Les politiques de réduction des effectifs et de course folle au résultat du gouvernement a poussé de nombreux CRS à un mouvement de protestation inédit par son ampleur contre les projets de fermeture de compagnies, susceptible de se généraliser et d'entraîner « une paralysie » des services, selon les syndicats de police.
L'une des trois compagnies de Marseille, la 54, actuellement en mission de sécurité à Paris, a décidé samedi en assemblée générale d'entamer une grève de la faim. Dans une autre compagnie de la cité phocéenne, la 53, une cinquantaine de CRS se sont mis en arrêt maladie dimanche, selon le premier syndicat de gardiens de la paix Unité-police-SGP-FO.
A Strasbourg, des gendarmes mobiles ont refusé de prendre leur repas dimanche midi en signe de solidarité. A Bergerac, ce dimanche matin, selon des sources syndicales policières, la sortie de la CRS 17 a été « bloquée avec le renfort d'élus ». Entre 30 et 50 manifestants, selon la police, de 50 à 100, selon les organisateurs, se sont rassemblés devant les portes de la Compagnie, pour retarder le départ des policiers chargés d'encadrer le match de football Bordeaux-Nice, en fin d’après-midi. A Perpignan, 74 personnels sur les 84 de la CRS 58 qui devaient assurer la sécurité du match Arles-PSG de samedi - 74 personnels sur 84 - se sont fait porter pâles. A Sainte-Foy-les-Lyon (Rhône) « une centaine de personnes » a manifesté samedi devant la CRS 46 où quelque 70% d'arrêts maladie avaient été enregistrés mercredi.
2 compagnies de CRS et 7 escadrons de gendarmerie mobile bientôt fermés
En cause : la fermeture programmée de deux compagnies à Lyon et à Marseille que le ministère de l’Intérieur devrait annoncer prochainement. A la Place Beauvau, on confirme que « des études sont en cours » à ce sujet. Selon des sources proches de l'Intérieur, la fermeture de sept escadrons de gendarmerie mobile est aussi programmée. Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a en revanche indiqué que les « rumeurs » sur six autres fermetures, dénoncées par des syndicats de police, étaient « infondées » et que le directeur général de la police nationale (DGPN) allait recevoir les syndicats cette semaine. Le ministre a ajouté que « chaque situation familiale sera prise en compte ».
Le secrétaire général d'Unité police SGP, Nicolas Comte, lui a demandé samedi « de ne fermer aucune compagnie ». Ces annonces, a-t-il dit, « ont largement affecté les personnels déjà soumis depuis plusieurs mois à une pression hiérarchique due notamment à la course aux résultats et à un manque de concertation ».
Jean-Claude Delage, secrétaire général d'Alliance (2ème organisation), a déclaré ce week-end que « l'administration » policière « est responsable de la montée de ces mécontentements ». Didier Mangione, responsable des CRS à Unité police SGP-FO, a évoqué dimanche auprès de l'AFP un « risque de paralysie » des services. Il dénonce des « pressions hiérarchiques » sur le mouvement. L'Unsa-police (3ème syndicat) évoque une trentaine de suppressions de compagnies sur le long terme.