"Hors la loi" ou "voyou", à propos de notre Président de la République, et des conséquences de ses paroles...

Publié le par Section Pcf Vierzon

Dans la chaleur du mois d'août, plusieurs d'entre vous auront constaté que j'alimente un peu moins ce blog. Mais, je veux tout de même m'inscrire, un instant, dans un débat qui prend une certaine ampleur ces jours derniers : peut-on traiter un Président de la République de "voyou", tel que l'a fait l'hebdomadaire Marianne cette semaine ?

Prendre la question comme telle me semble biaiser en réalité, car il semble que le débat qui prend le plus d'ampleur en réaction, est celui sur la liberté de la presse. Certes, il est fondamental. La presse doit pouvoir écrire ce qu'elle veut, dans les limites de la loi. Les injures racistes, ou les calomnies par exemple, devront être condamnées.

Cela n'est pas nouveau.

La vraie question à se poser est plutôt en cet été 2010 : Marianne, dans le constat qu'il pose cette semaine, a-t-il raison ou non ? Ce Président est-il en train de faire exploser nombres de principes fondateurs de nos lois ? Fait-il courrir un danger, et même plusieurs, à notre pays dans ses fondations et principes républicains ? A ces questions, je réponds : Oui.

 

Car, il faut mesurer les dangers concrets de la parole sarkozyenne. Des faits divers de plus en plus tragiques illustrent son impact. Il y a quelques jours, dans l'Isere, dans la ville de Grenoble,  trois militants du Mouvement Jeunes Communistes de France, âgés de 15 à 18 ans, ont été arrêtés alors qu’ils collaient des affiches et placés en garde-à-vue. La police leur reproche le caractère qu’elle estime attentatoire à la dignité de Nicolas Sarkozy, Président de la République, des affiches .

Cet événement se produit alors même que Nicolas Sarkozy est venu 30 juillet en personne à Grenoble introniser son nouveau préfet de l’Isère après avoir démis le précédent du jour au lendemain. Il devait justement venir à 11h00 à l’Hôtel de police. Les récentes violences dans le quartier de la Villeneuve, dont l’intervention massive et brutale des forces de l’ordre, donnent l’occasion pour le pouvoir de surenchérir et fanfaronner sur le thème de la sécurité.

A nouveau, le Président cherche à détourner l’attention de sa politique, à attiser les haines, a désigné des boucs émissaires, fait ses choux gras des faits divers.

Pendant ce temps, il continue à saccager les services publics qui assurent la cohésion sociale et le développement économique des quartiers comme du pays.

Il frappe notamment la police dans ses moyens et dans ses missions : 120 suppressions d’emplois rien que dans l’Isère. Il démolit la protection sociale. Il sape le financement du logement social et encourage la spéculation et la ségrégation urbaine. Etc.

Les jeunes militants communistes dénoncent ces choix politiques dans leurs actions, avec leurs tracts, leurs affiches.

C’est cela qui dérange le pouvoir qui a dû donner la consigne de ne rien laisser passer la veille de la visite du Président.

Ainsi, va la France UMP de Sarkozy en 2010... La brutalité de la parole présidentielle apparait comme un feu vert donné à tous les excès de petits élus locaux qui veulent eux aussi "chevaucher le tigre". Je suis persuadé qu'il ne s'agit pas d'une anecdote isolée. D'autres exemples similaires suivront. Ailleurs, d'autres candidats UMP galvanisés écriront, sans doute avec d'autres mots, qu'il faut "lâcher les chiens" contre les délinquants, particulièrement si ces derniers sont des étrangers. On comprend le paysage politique que l'on veut imposer touche après touche pour 2012.

Rien de ce qui se déroule actuellement n'est le fruit du hasard. C'est une stratégie politique qui se met en place. L'Elysée veut radicaliser le climat politique. Il veut court-circuiter le débat social, sur la répartition des richesses, par le débat sécuritaire. Une élection présidentielle surplombée par le danger d'un FN au second tour, paralysant la grande majorité des électorats (fussent-ils de gauche comme de droite) et imposant un "vote utile" pro-UMP, ou pro-PS dès le premier tour.


BLOG/JMR

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Publié dans POLITIQUE

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