Hugo Chavez est mort, la Révolution Bolivarienne lui survivra
Hugo Chavez est de ces grands hommes dont l'histoire retiendra qu'il a rendu possible ce que tout le monde croyait impossible. Élu pour la première fois à la présidence du Vénézuela en 1998, il s'est opposé à l'oligarchie qui dirigeaient ce pays depuis des lustres et qui, pour maintenir son pouvoir économique, soutenait tantôt la droite dure, tantôt des sociaux-libéraux qui refusaient de changer quoi que ce soit à la condition du peuple.
Chavez a eu le courage de dire non aux Chicago Boys du FMI et de la Banque Mondiale qui voulaient imposer à son pays une de ces « politiques d'ajustement structurel » qui finissent toujours par ajouter de la misère à la misère d'un peuple qui n'en peut déjà plus. Accusé de « populisme et d'autocratie » par tout ce que le Vénézuela et le monde comptait de suppôts du système capitaliste, il a remporté treize consultations électorales sur quatorze, faisant ainsi un pied de nez à tous ses détracteurs.
Avant lui l'importante manne pétrolière du Vénézuela finissait dans les poches des administrateurs et des actionnaires des grandes sociétés. La corruption était la norme. Le système politique était totalement verrouillé par le pacte de Punto Fijo, scellé entre démocrates-chrétiens et sociaux-démocrates. Et quand les pauvres descendaient dans la rue le 27 février 1989 pour protester contre la libéralisation des prix exigée par le FMI, la police tirait dans le tas, laissant sur le carreau 3000 morts.
C'est dans ce contexte que Chavez fit irruption sur la scène politique de son pays et qu'une fois élu, il nationalisa les compagnies pétrolières, les banques et les cimentiers. Il repoussa les exigences exorbitantes d'un patronat local qui n'a jamais accepté les réformes économiques engagées par le leader bolivarien et son parti.
Aujourd'hui, l'analphabétisme a été éradiqué. La pauvreté recule. Avec l'aide des médecins cubains, le droit à la santé devient réalité pour le plus grand nombre. Des lois sur les terres et la pêche ont été votées. La question du logement est prise à bras le corps. Chavez laisse derrière lui un pays où les classes populaires ont recouvré leur dignité et où elles sont désormais écoutées. Bien sûr, beaucoup reste encore à faire dans bien des domaines. Mais une chose est certaine, c'est que Chavez aura marqué l'histoire de son pays et de toute l'Amérique Latine.