Jean Luc Mélenchon pousse Hollande sur sa gauche.

Publié le par Section Pcf Vierzon

Jean-Luc Mélenchon, qui a passé la barre symbolique des 10% dans deux sondages, continue son ascension. Son équipe espère « un effet boule de neige ». Alors rabatteur de voix pour Hollande ou menace pour le socialiste ? « Ce n’est pas gênant », assure un porte-parole du candidat PS.m-lenchon-hollande-2006.jpg

Dans l’équipe de Jean-Luc Mélenchon, on y croit. Quelque chose se passerait, une force monterait de tout le pays : meetings qui font le plein, retours de terrain positifs, premier sondage à 10% d’intentions de vote… « Il y a trop d’indices. On est en train de passer une barre de crédibilité. Les médias parlent plus de nous. Il va y avoir un effet de capillarité, un effet boule de neige », nous affirme Eric Coquerel, secrétaire national du Parti de gauche et conseiller de Jean-Luc Mélenchon. Le candidat a un rêve : rejouer le coup du « non » au référendum sur le Traité européen de 2005.

Discussions à l’arrêt sur les législatives:

Fort de cette montée dans les sondages, le Parti de gauche aimerait avoir son mot à dire pour les législatives. Le PS a signé des accords avec Europe Ecologie-Les Verts, le PRG et le MRC. Rien avec les amis de Jean-Luc Mélenchon. En février, le PG a tenté de prendre part à la danse. Point d’entrée : les candidats de gauche menacés d’élimination au premier tour dans 90 circonscriptions à cause du FN. « Localement, des socialistes nous approchent pour souhaiter un accord et que l’on se retire », explique Coquerel. Le Parti de gauche y serait prêt, à condition d’un accord national. Des discussions avait même commencé. Mais la sortie de Mélenchon sur Hollande « capitaine de pédalo » y a vite mis un terme. Eric Coquerel regrette aujourd’hui cette « fin de non-recevoir » du PS. Solférino a été relancé par lettre, il y a environ un mois. « Nous avons reçu la réponse par courrier il y a 2 semaines : il nous explique qu’il n’y aura pas d’accord national s’il n’y a pas d’accord politique avant. Et c’est précis. Il doit impliquer au minimum le vote du budget », explique le conseiller de Mélenchon. Il prévient : « C’est hors de question. Cela impliquerait qu’on vote un budget de rigueur ».

« Signes encourageant, mais le compte n’y est pas »

Si le projet social-libéral de François Hollande est loin de satisfaire le camp Mélenchon, la proposition de taxation à 75% des plus riches n’est pas pour déplaire. « A chaque fois qu’il y a un pas à gauche, on est ravis. On verra bien jusqu’où bouge le curseur. Ce sont de signes encourageants. Pour l’instant le compte n’y est pas. Mais plus on va monter, plus il devra aller dans notre sens », veut croire Eric Coquerel.

La taxe de 75% n’a pas pour seul mérite d’avoir centré le débat sur une proposition de François Hollande. Elle permet aussi au candidat PS de répondre à la pression que Mélenchon crée sur sa gauche. Dans l’entourage du socialiste, on se défend d’adapter la stratégie. « Nous ne faisons pas campagne en fonction des autres », assure Bernard Cazeneuve, porte-parole de François Hollande. « Il veut mettre la justice au cœur de la République. C’est le fil rouge de notre campagne ».

« Il siphonne l’extrême gauche »

Au PS, on affirme regarder la montée de Mélenchon plutôt d’un bon œil. Du moins pour le moment. « Il siphonne l’extrême gauche et cherche à retirer à Marine Le Pen les brebis égarées. Je trouve ça plutôt sympathique et ce n’est pas un problème pour le PS », a estimé ce matin Jean-Christophe Cambadélis, invité d’En route vers la présidentielle, sur Public Senat et Radio Classique. De là à dire que le tribun du Front de gauche peut jouer le rôle de rabatteur de voix pour Hollande en vue du second tour… « Il n’y pas de rivalité. Il conquière des franges qui étaient peut-être en déshérence à gauche », note la sénatrice Marie-Noëlle Lieneman, membre de l’aile gauche du PS.

« Ce n’est pas gênant que Mélenchon cristallise son électorat. Personne ne se trompe en votant à gauche », affirme Bernard Cazeneuve, qui évite d’attaquer Mélenchon. Il ajoute : « Un total gauche haut, au premier tour, avec François Hollande haut, ça ne nous dérange pas. Le vrai risque, c’est la démobilisation de notre électorat. Que les autres soient hauts, mais que François Hollande soit bas. Nous devons rappeler que rien n’est joué ».

Prochaine grosse étape pour Jean-Luc Mélenchon : le 18 mars. La date n’est pas choisie par hasard : c’est l’anniversaire du soulèvement de la Commune... Une marche sera organisée à Paris entre Nation et Bastille, avec meeting en plein air sur la place à l’arrivée. Objectif : donner à l’événement « un côté insurrection civique. Il faut frapper les esprits », fixe Eric Coquerel. « Ce sera un moment extrêmement important, l’amorce d’une nouvelle période ». Avec l’entrée dans la campagne officielle et l’égalité des temps de parole, Jean-Luc Mélenchon espère passer au niveau supérieur. Si le candidat du Front de gauche continue son ascension et que François Hollande en pâtit, on peut parier que le discours du PS à son égard changera.

Presse National.

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Publié dans ACTUALITEE

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