Jean Luc MELENCHON veut s'adresser aux déçus de la primaire!
La désignation de François HOLLANDE, une bonne nouvelle pour le Front de gauche ? "Quand un responsable socialiste vient apporter de l'eau au moulin de la résignation en expliquant que la seule perspective c'est la rigueur, on peut dire que ça arrange les affaires de Mélenchon mais ça n'arrange pas les affaires de la France", a répondu, lundi 17 octobre sur France Info, Jean Luc MELENCHON qui lui a cependant renouvellé son "offre publique de débat".
Une occasion, estime le candidat du Front de gauche " qui rassemble le Parti de gauche (PG), le Parti communiste la Gauche unitaire plus la FASE et Alternative Démocratie Socialisme (ADS)", de marquer sa différence. "Pendant la campagne des primaires, la force de Hollande est de s'ètre ostensiblement limité au service minimum de gauche sans brocher, avec un magnifique sandwich au pain et un très grand bol d'eau tiède", a-t-il expliqué mardi dans une interview à Médiapart (lien payant). M. HOLLANDE "assume une ligne d'accompagnement du libéralisme", juge Eric COQUEREL, secrétaire national du PG. Pour Francois DELAPIERRE, directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, "ça facilite la clarification à gauche".
"Ce que j'enregistre positivement, c'est la disponibilité de l'électorat socialiste, avec le score d' Arnaud MONTEBOURG", se réjouit Alexis CORBIERE, secrétaire national du PG. L'objectif avoué: capter ceux qui ont voté, lors de la primaire, pour le député de Saône-et-Loire, et aussi ceux qui ont soutenu Ségolène ROYAL. Dès dimanche soir, sur son blog, M. MELENCHON lançait un appel "aux socialistes de gauche, aux sympathisants et aux électeurs de ce parti qui savent déjà à quoi s'en tenir".
"GAUCHE DE RUPTURE"
"Un espace nouveau s'est peut-être ouvert. Encore faut-il l' utiliser !", met en garde Marie-George BUFFET, candidate du PCF en 2007, qui avait obtenu 1,93 % des voix.
Pour 2012, le Front de gauche souhaite incarner "une gauche de rupture". Résumé dans l'ouvrage L'Humain d'abord (Librio, 96p., 2euros), le programme du Front de gauche met en avant un smic à 1 700 euros brut, le retour de la retraite à 60 ans, une VIe République, la mise sous tutelle des banques ou encore la sortie du traité de Lisbonne.
M. MELENCHON table aussi sur un faible nombre de candidatures à gauche. Outre M. HOLLANDE et M.MELENCHON, Eva Joly (Europe Ecologie-Les Verts) et Nathalie ARTHAUD (Lutte ouvrière) sont également en lice. Philippe POUTOU (Nouveau Parti anticapitaliste) n'est pas assuré de réunir ses 500 parrainages. "Cette fois, l'argument de la gauche émiettée ne tient pas: ça anéantit l'argument du vote utile au premier tour", veut croire M. CORBIERE.
Dans les derniers sondages, réalisés avant la primaire, M. MELENCHON progressait légèrement pour se situer entre 7 % et 9 % des intentions de vote; son meilleur score étant réalisé face à l'hypothèse de la candidature HOLLANDE. "Jean-Luc MELENCHON va-t-il réussir à ètre entendu? questionne Alexis CORBIERE. C'est le cœur de tout. Il ne suffit pas que François HOLLANDE fasse une campagne de centre gauche pour que nous ayons automatiquement des parts de marché. Il y a des cœurs à prendre, des gens à convaincre. Ne faisons pas preuve d'arrogance. Le débat politique ne fait que commencer.
Offensive médiatique et QG de campagne
En attendant, M. MELENCHON entend occuper l'espace médiatique laissé libre par la fin de la primaire. Mardi soir, il inaugure son QG de campagne, une ancienne usine de chaussures située aux Lilas (Seine-Saint-Denis) et présente son comité national de campagne.
Puis, il répond jeudi aux questions de Laurence Ferrari, jeudi à 20 h 15 sur TF1, dans l'émission "Paroles directes". "Si François Hollande estime que le débat à gauche se clôt avec les primaires, il se trompe", prévient Olivier DARTIGOLLES, porte-parole du PCF.
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