« L’EXUBERANCE IRRATIONNELLE DES MARCHES »,

Publié le par Section Pcf Vierzon

SUITE ET NON FIN…
« Nous sommes dans une opération de mise en scène et de méthode Coué. La plupart des consommateurs américains ne connaissent pas d’autre baromètre économique que la Bourse. On essaye d’établir un lien malhonnête. Le public, voyant la Bourse remonter, doit se dire que la crise va finir. Cela permet effectivement de gagner du temps, mais c’est un mauvais calcul… » Paul Jorion, économiste et universitaire. Au cours des derniers jours, plusieurs organes de presse ont consacré articles et dossiers à ce que le supplément économie du Monde (édition du 3 novembre) n’hésite pas à qualifier de « grand retour de la bulle spéculative». Et nombreux sont les économistes à abonder dans le même sens en dépit du ronronnement officiel sur la « sortie de crise ». Tout d’abord un constat.
Suite à l’injection de centaines de milliards de dollars par les banques centrales afin de renflouer les établissements financiers et l’industrie automobile, l’accroissement sans précédent des liquidités mondiales réalimente la spéculation. Presque tous les prix flambent : les titres d’emprunt d’Etat, l’or, le pétrole, une large gamme de matières premières, en particulier les métaux. Et les actions, surtout en Asie, bien au-delà de toute rationalité économique. Ainsi, la Bourse de Shanghaï a progressé de 63% depuis le début de l’année. A la Bourse de Taïwan, les valeurs des actions représentent 100 fois les bénéfices des sociétés, 90 fois en Australie, contre 13 fois à Paris. Au niveau mondial, la hausse est généralisée depuis le 1er janvier : +13,5% pour le Dow Jones, +33% pour le Nasdaq, +15% pour les indices français, anglais, allemand, italien ou suisse... « La liquidité mondiale n’a jamais progressé aussi vite », explique Patrick Artus, responsable de la recherche économique chez Natixis.
De 1990 à 2007, la monnaie en circulation, estimée sur la base des bilans des banques centrales, progressait de 15% par an en moyenne ; aujourd’hui, le rythme est de plus de 30% ». Exprimant la même idée, les économistes de Barclays calculent que 1 300 milliards de dollars de bons du Trésor américains seront émis en 2009 et 900 milliards de titres d’emprunt en Europe.
Encore Patrick Artus : « En 1990, la base monétaire représentait 4% du PIB mondial ; aujourd’hui, c’est 21% ! » Or que font les investisseurs pour placer tout cet argent ? Ils achètent tour à tour des actifs sur le marché immobilier, sur celui des matières premières, des actions ou des obligations, créant autant de « bulles spéculatives » déconnectées de l’économie réelle. Au risque de frapper durement les populations les plus pauvres lorsque la flambée des prix des produits de premières nécessités aboutit à des émeutes de la faim. Au risque aussi de faire payer à la société toute entière les conséquences négatives de l’explosion de telles bulles, comme ce fut le cas en 2008 avec le retournement brutal du marché de l’immobilier américain. Le monde est donc confronté à un dilemme redoutable. Que l’on durcisse par trop les politiques monétaires et c’est la reprise économique qui s’en verrait brisée ; que l’on émette des liquidités en abondance et la finance se remet à faire des bulles ! Sortir de l’impasse appelle donc une réponse politique que les gouvernements libéraux sont bien incapables de fournir. Il est impératif de mettre hors d’état de nuire la spéculation, d’imposer des garde-fous afin de protéger la production du parasitage de la finance. Faute de cette volonté, faute de se donner les moyens d’agir pour inverser le cours des choses, l’humanité demeurera prise en otage par une infime minorité d’exploiteurs.

BRAVO LES BANQUES !

Malgré les défauts de paiement de nombre de leurs clients, entreprises ou particuliers dans l’impossibilité d’honorer leurs traites, les banques françaises renouent avec les profits. La BNP affiche 4,4 milliards d’euros de bénéfices nets pour les neuf premiers mois de l’année. De son côté, la Société Générale a engrangé 426 millions d’euros au cours du troisième trimestre, soit une hausse de 132% par rapport au trimestre précédent. Sur ce total, 133 millions correspondent aux «activités de marché», c'est-à dire aux opérations des traders…
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Publié dans ECONOMIE

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