La raffinerie de Grandpuits a été réquisitionnée!
La raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne), dont les accès étaient bloqués par les grévistes depuis plusieurs jours, a été réquisitionnée tôt vendredi matin par la préfecture, selon la CGT. Les gendarmes "sont devant, ils viennent déjà de notifier les réquisitions des salariés par le préfet de Seine-et-Marne", a indiqué Franck MANCHON, délégué syndical CGT.
Tandis que les grévistes avaient décidé d'alléger le piquet de grève qui comptait dans la nuit "une quinzaine de personnes", quatre fourgons de CRS sont arrivés vers 3 heures du matin et stationnent depuis devant l'entrée de l'unes des raffineries, selon le syndicaliste. Malgré le mouvement autour de la raffinerie, les grévistes ont réitéré leur volonté de poursuivre le blocage. "Pour l'instant on a une équipe à l'intérieur, on va essayer de bloquer un petit peu l'équipe qui part", a-t-il poursuivi. Peu après 7 heures, un "cordon citoyen" d'environ 80 personnes, habitants du quartier ou militants d'autres corporations, tentait d'empêcher la réquisition, selon la CGT.
"RAFLE DE NOS ACQUIS SOCIAUX"
Le site de Grandpuits est l'une des douze raffineries de pétrole réparties sur le territoire français, en pointe dans le mouvement de contestation contre la réforme des retraites. "Ce qui vient de se passer est extrêmement grave", a dénoncé Charles FOULARD, coordinateur CGT du groupe pétrolier Total, secrétaire général du syndicat chargé de la branche pétrole. "Du temps de Pétain, nous connaissions les rafles ; sous l'ère de Nicolas SARKOZY, nous connaissons la rafle de nos acquis sociaux, la rafle du droit syndical puisque par cette réquisition, il entrave les salariés dans leur exercice du droit de grève", a-t-il poursuivi.