La réunion débat avec Jean-Claude Sandrier du 6 octobre à Vierzon.
Le gouvernement se sert de la crise, de la dette, des agences de notation pour faire passer la pilule d’une politique d’austérité renforcée.
Mais qu'en est-il vraiment ?
"Du fric, il y en a ! Ceux qui l'on volé doivent payer pour qu'on sorte de la crise." Voilà le début de la réunion parti sur les chapeaux de roues. Il fait et refait les calculs en s'appuyant sur les textes d'économistes reconnus comme l'Américain Joseph STIGLITZ ou le Français Patrick ARTUS.
D’où vient la crise ? Quelles en sont ses causes, ses responsables ? Est-elle grave ? Est-elle finie ? Les remèdes du gouvernement français du G 8, du G 20, de l’UE, du FMI sont-ils les bons ? Sont-ils les seuls possibles ?
Se n'est pas un économiste communiste qui le dit, c'est Warren BUFFET " Les républicains ont tort de croire que la baisse des impots des plus riches favorise l'économie" Après avoir contraint les États à se soumettre aux marchés financiers, après avoir généré l’endettement massif des agents économiques, les politiques libérales se sont attachées à réduire au maximum le poids de l’impôt et des prélèvements obligatoires (1) sur les plus riches et les entreprises.
Une situation que résume avec force le milliardaire Warren Buffet : "Alors que les classes pauvres et les classes moyennes se battent pour nous en Afghanistan, alors que la plupart des Américains luttent pour boucler leurs fins de mois, nous, les mégariches, continuons de bénéficier d’exemptions fiscales extraordinaires".(2) Cette politique fait perdre des milliards de recettes aux finances publiques. Cela conduit à un terrible manque à gagner pour les finances publiques. Ainsi en France, les prélèvements obligatoires, relativement au PIB, sont toujours restés sensiblement inférieurs aux dépenses publiques, de 7,9 points en moyenne de 2003 à 2008, mais de 12,8 points en 2009 et de 12,2 points en 2010.
Lorsqu’on parle de la dette de quoi parle-t-on ? Qu'est-ce que la dette ? De quoi est-elle constituée ? Est-elle due essentiellement aux dépenses publiques ?
Cela tient, avant tout, au fait que les gouvernements successifs (Chirac, Jospin, Villepin, Raffarin, Fillon) n’ont cessé de multiplier les cadeaux fiscaux et para-fiscaux (allègements de "charges sociales", suppression de la taxe professionnelle, baisse de l’ISF...) au profit des entreprises, au nom de la compétitivité pour éviter les délocalisations, et des grandes fortunes, sous prétexte que cela inciterait leurs détenteurs à ne pas s’exiler fiscalement.
Les agences de notation, quelle légitimité ? Pour qui ces agences privées travaillent-elles ? Nos Etats sont-ils prisonniers des marchés financiers où à leur service ?
Selon un rapport officiel (3), depuis 1999, "l’ensemble des mesures nouvelles prises en matière de prélèvements obligatoires ont réduit les recettes publiques de prés de 3 points de PIB :"
Sommes-nous condamnés à l’austérité, à une limitation du pouvoir d’achat, à une précarité élevée et en progression, à moins de protection sociale ?
"Si la législation était restée celle de 1999, le taux de prélèvements obligatoires serait passé de 44,3% en 1999 à 45,3% en 2008 (..). A titre d’illustration, en l’absence de baisse des prélèvements, la dette publique serait environ 20 points de PIB plus faible aujourd’hui qu’elle ne l’est en réalité, générant ainsi une économie annuelle de charge d’intérêts de 0,5 point de PIB." Outre les cadeaux faits aux plus riches (allègement ISF, Bouclier fiscal...), ce sont les allègements d’impôts (la suppression de la taxe professionnelle par exemple) et des cotisations sociales dont ont bénéficié les entreprises qui sont au coeur de cette évolution.
Y a-t-il de l’argent ? Qui le détient ? Qui le gaspille ?
Le manque à gagner total (4), pour l’État, des allègements accordés aux entreprises est de 172 milliards d’euros en année pleine, soit 67,7% du total des recettes fiscales nettes du budget 2011 et 1,87 fois le déficit prévu !
Dans ce total, on retrouve les exonérations de cotisations sociales patronales dont la compensation coûte annuellement quelque 30 milliards d’euros (29,8 milliards en 2009).
Ce n’est qu’à partir des réponses à ces questions que notre peuple et les autres construiront une alternative politique basée sur les Hommes et les Femmes et leurs besoins et non sur le gonflement à l’infini des marchés financiers et de la spéculation dont le rôle parasitaire éclate aujourd’hui au grand jour.
notes :
1. Les prélèvements obligatoires sont les impôts et cotisations sociales effectives reçues par les administrations publiques et les institutions européennes.(définition INSEE).
2. Tribune dans le « New York Times » du lundi 15 août.
3. Champsaur P. et JP Cotis : Rapport sur la situation des finances publiques, Avril 2010, p,3.
4. Conseil des Prélèvement Obligatoires : « Entreprises et « niches » fiscales et sociales, des dispositifs dérogatoires nombreux », La Documentation française, octobre 2010. Les prélèvements obligatoires sont les impôts et cotisations sociales effectives reçues par les administrations publiques et les institutions européennes.
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