Le chômage continue de grimper, surtout chez les jeunes

Publié le par Section Pcf Vierzon

Le chômage, calculé par l'Insee, a poursuivi sa progression au quatrième trimestre 2011 (+0,1 point par rapport au trimestre précédent), pour atteindre 9,4% de la population active en métropole, les jeunes, surreprésentés dans les emplois précaires, étant les premiers frappés.

A moins de deux mois de la présidentielle, ces chiffres sont de mauvais augure pour le gouvernement qui espérait une stabilisation alors que l'économie était restée en croissance au dernier trimestre (+0,2%).

Départements d'Outre-mer compris, le taux de chômage calculé par l'Insee selon les normes du Bureau international du travail (BIT), s'est établi à 9,8% au quatrième trimestre 2011.

«Avec presque 50 000 personnes au chômage de plus sur le trimestre, ces chiffres confirment le phénomène de retournement observé depuis la mi-2011», a commenté Fabrice Lenglart, directeur des statistiques démographiques et sociales à l'Insee.

Au dernier trimestre 2011, l'économie française, pour la première fois depuis fin 2009, avait détruit des emplois salariés (-31 900 postes dans les secteurs marchands). Et l'Insee s'attend à ce que la dégradation se poursuive au premier semestre 2012.

Les plus mauvais chiffres depuis fin 2009:

Les chiffres du chômage du dernier trimestre 2011 sont d'ailleurs «les plus mauvais depuis la fin 2009», relève Mathieu Plane, économiste à l'OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques).

Ils sont en hausse de 0,1 point par rapport au troisième trimestre 2011, en métropole comme dans les DOM, après déjà une progression au troisième trimestre (+0,2).

En France métropolitaine, 2,678 millions de personnes étaient au chômage. Mais au total, 3,4 millions de personnes sans emploi souhaitaient travailler, qu'elles soient disponibles ou pas dans les deux semaines et en recherche active d'emploi ou non.

Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a estimé que la France avait néanmoins «mieux résisté que ses principaux partenaires face à la crise mondiale», entre 2007 et 2011.

Au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, en mai 2007, le taux de chômage était de 8,1%. Il a augmenté de 1,3 point depuis le 2e trimestre 2007, soit environ 422 000 chômeurs de plus, fin 2011.

Le bilan, s'agissant des inscrits à Pôle emploi qui a des critères différents de ceux des enquêtes Insee, est plus négatif encore, avec 724 000 demandeurs d'emploi sans activité (cat. A) de plus qu'en mai 2007.

Mauvaise tendance pour 2012:

Le dernier trimestre 2011 a vu une remontée très forte (0,8 pt sur un trimestre) du chômage des 15-24 ans, grande préoccupation du gouvernement qui a lancé en janvier le dispositif «contrat zéro charges» pour favoriser leur insertion dans les très petites entreprises.

«Une grande partie des emplois détruits l'ont été dans l'intérim, où les jeunes sont surreprésentés», observe M. Plane pour expliquer l'augmentation du taux de chômage des jeunes à 22,4%.

De même, les destructions d'emploi plus fortes dans l'industrie que dans les services expliquent «que le chômage progresse chez les hommes» (+0,4 pt sur le trimestre, +0,6 pt sur un an) alors qu'il recule chez les femmes (-0,1 pt sur le trimestre, -0,3 pt sur un an).

Cette baisse du chômage chez les femmes «doit être relativisée car elles ont été dans le même temps plus nombreuses à se retrouver en situation de sous-emploi» (temps partiel subi et chômage partiel), relève l'économiste.

Globalement la tendance «devrait rester mauvaise en 2012, l'incertitude portant sur la vitesse de la dégradation», estime Mathieu Plane.

La hausse des demandeurs d'emploi (+13 400 personnes, +0,5%) enregistrée parallèlement en janvier par Pôle emploi laisse penser que la dégradation se poursuivra.

Le taux de chômage devrait dépasser les 10% au cours de l'année 2012, selon l'OFCE qui affinera en mars ses prévisions.

BLOG/ Presse National.

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Publié dans Social-Economique

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