Les « Doux » continuent leur combat en justice.
Tout est allé beaucoup trop vite pour les déléguées syndicaux du site Doux de Châteaulin, Nadine Hourmant (FO) et Véronique Rives (CGT), depuis le placement en redressement judiciaire du groupe le 1er juin. « On veut se battre pour l'avenir. La situation nous met dans l'urgence, mais on veut penser au futur », rappelle Véronique Rives.
Les élues FO et CGT du comité d'entreprise ont interjeté appel, auprès de la cour d'appel de Rennes, lundi, du jugement du 1er août du tribunal de commerce de Quimper. Si l'appel est jugé recevable, le CE a travaillé avec son avocat pour être prêt.
Le tribunal avait décidé la liquidation du pôle frais, qui emploie 1 704 salariés sur les 3 400 que compte le groupe, et la poursuite de la période d'observation pour les autres branches du groupe. Le jugement du 1er août avait donné dix jours à d'éventuels repreneurs pour se faire connaître. Cinq offres avaient été déposées, avec encore mille emplois menacés.
« Non »
Le site de Châteaulin ne semble pas touché par cette réduction d'activité, « mais une réorganisation a commencé sur le site », ont laissé entendre les déléguées syndicales. En faisant appel, l'objectif des deux déléguées et du CE est aujourd'hui de manifester leur désaccord et de montrer leurs inquiétudes face à l'avenir.
« Il y a encore beaucoup trop d'inconnu concernant le pôle frais, et trop d'interrogations sur le plan de continuation de Charles Doux. Il n'y a aucune sécurité. Nous, on dit non », explique Nadine Hourmant, qui était plutôt en faveur du consortium et ses projets d'investissements et de maintien de l'emploi. L'inquiétude est grande devant l'augmentation de la participation de Barclays dans le capital du groupe.
Les déléguées syndicales jugent les préoccupations de la banque trop éloignées de celles des industriels de l'agroalimentaire. Elles s'inquiètent également du volet social lié au pôle frais. Pour Nadine Hourmant, « ce jugement donne une réponse plus du côté financier que social. On nous annonce trop de casse sociale ».
Et c'est bien la filière avicole dont il est question aujourd'hui. « Nous souhaitions une table ronde avec les pouvoirs publics et tous les acteurs de la filière avicole, les éleveurs, les repreneurs, Doux. L'idée était de se mettre devant les chiffres et de discuter, pour que la filière avicole reparte sur une nouvelle voie. Comment peut-on imaginer que les emplois soient supprimés alors que cette filière a de l'avenir ? », se demande Véronique Rives (CGT).
« Les salariés sont là et ils ont les compétences. Sachons garder les sites et les salariés pour que la filière française reste sur le marché », demande Nadine Hourmant, qui en appelle aux pouvoirs publics pour réorganiser la filière avicole.
Le CE de Châteaulin a également prévu de déposer une plainte contre X en septembre. « Il ne s'agit pas de chercher un coupable, mais de connaître la vérité sur comment en est-on arrivé là », explique Nadine Hourmant.
+ Notre dossier spécial sur le groupe Doux.
Aude MALARET.
http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/doux-continuent-leur-combat-justice-17-08-2012-64507