. Les élections régionales et la situation politique qui en découle.

Publié le par Section Pcf Vierzon

(extrait de l'intervention)

Mes premiers mots iront à l’ensemble des communistes pour les féliciter de la campagne que nous venons de réaliser dans l’ensemble des régions. Ce n’était pas une bataille facile. Une incroyable énergie militante a été déployée et c’est un gage de confiance pour l’avenir. Je voulais le souligner d’emblée.

Je voudrais également féliciter en votre nom à tous notre camarade Dominique Bucchini, élu jeudi à la présidence de l’Assemblée de Corse, et à travers lui tous les communistes de l’île, pour ce résultat magnifique, dont la portée est évidemment nationale. Je crois que nous pouvons l’applaudir. Je vous en remercie.

Le rapport abordera successivement trois questions :
1) Les résultats des élections régionales et la nouvelle situation politique qui en découle.
2) Les initiatives à prendre pour ouvrir, dans cette situation, une nouvelle phase de la mise en œuvre de nos choix de Congrès.
3) Le sens de notre congrès d’étape de juin 2010 et les conditions de sa préparation.

 

L’acharnement de la droite, qui comptait, en ignorant les protestations grandissantes contre sa politique, user sur la durée les résistances à cette politique, n’a pas atteint le résultat escompté. Tout au contraire, devant son autoritarisme, elle s’est trouvée confrontée au fil des mois à une colère grandissante contre sa politique : levée de boucliers contre les suppressions de postes dans la fonction publique, colère contre les licenciements, contestation des réformes du lycée et de l’hôpital, impopularité de la taxe carbone, critiques émises par des élus de tout bord sur la suppression de la taxe professionnelle ou sur la réforme des collectivités, ampleur de la colère autour de l’opération de l’EPAD... ce ras-le-bol n’a cessé de s’amplifier jusqu’au vote de dimanche dernier.

Une abstention record, signe d’une défiance plus globale

Le second fait marquant est évidemment l’abstention. Au premier tour, 53,67,% des inscrits, soit plus de 23 millions d’électeurs, ne sont pas allés voter. C’est une progression de plus de 40,% par rapport au premier tour de 2004. Dans certaines villes, la barre des 70,% est franchie. Au second tour, avec 48,78,% des inscrits, l’abstention reste très élevée. Et selon TNS Sofres, 58,% des femmes se sont abstenues, 72,% des jeunes de 18 à 34 ans et 69,% des ouvriers. Ces records pour un scrutin régional sont alarmants.

La droite a tenté d’en tirer argument pour contester la signification du vote. En vérité, c’est un signe de condamnation de plus pour la politique gouvernementale, qui nourrit le désespoir des catégories populaires de notre pays qui voient s’éloigner les perspectives d’amélioration de leur quotidien.

Le retour du Front national

Le FN prospère à nouveau sur ce champ de ruines et de déceptions. A 6,34 %, on aurait pu le croire évincé lors des dernières élections européennes. En se maintenant au second tour dans 12 régions, il fait pourtant son retour à l’occasion de ces élections régionales. Dans 5 régions, il réussit même à améliorer son score de 2004. La famille Le Pen peut remercier messieurs Besson et Sarkozy qui ont largement contribué à ce résultat, en attisant les divisions sur les thèmes de l’immigration, de la sécurité et de l’identité nationale, tandis que le FN s’employait à surfer sur le désastre de la crise et des inquiétudes sociales. De ce point de vue, et pour une part, la remontée du vote FN obéit aux mêmes ressorts de défiance que l’abstention. Une importante poussée et un nouveau paysage à gauche

Les résultats du Front de gauche

Dans cette situation totalement différente de l’élection européenne, cette fois dans le cadre d’une poussée très forte du PS, nous sommes au total en progression de 0,48 point et 184 804 voix par rapport aux élections européennes. C’est également le cas par rapport aux élections régionales de 2004 : si l’on rapporte notre résultat à celui obtenu par le PCF dans les sept régions où nous n’avions pas fait l’union avec le PS au 1er tour (exception faite de la Picardie), nous progressons de 0,22 points.

La situation politique au lendemain des élections régionales Une crise qui va s’amplifier

Dans quelle situation politique nous trouvons-nous au lendemain de ces élections régionales ? D’abord et avant tout dans un contexte d’amplification prévisible et dramatique de la crise capitaliste. L’affichage gouvernemental ne résiste pas à l’épreuve des faits. Nicolas Sarkozy et son gouvernement mentent aux Français, même s’il a dû accuser le coup dans sa déclaration de mercredi. Pour la première fois, il reconnaît que les résultats promis ne sont pas là, mais il dédouane aussitôt sa politique, accuse la crise d’en retarder les bénéfices et justifie à nouveau son refus de changer de cap.

Dans un contexte de crise aggravée du capitalisme, avec la droite au pouvoir, il nous faut construire un Front de gauche d’une nouvelle dimension, un Front social et intellectuel d’actions et de projets, un Front populaire pour une alternative à gauche, qui permette de riposter aux projets sarkozystes de la deuxième moitié du quinquennat, de construire un projet politique alternatif en rupture avec ces politiques, de porter le plus loin possible ce projet dans les échéances électorales qui s’annoncent.

Un congrès d’étape les 18-19-20 juin

Pour toutes les raisons que je viens d’exposer, je vous propose donc, comme nous l’avions envisagé lors de notre dernier congrès, de confirmer la tenue d’un congrès d’étape à mi-parcours. Nous pourrions le convoquer pour les 18, 19 et 20 juin prochain.

Ce congrès, comme sa dénomination l’indique, n’aurait pas pour fonction de changer les orientations adoptées en décembre 2008. Celles-ci nous engagent jusqu’à notre prochain congrès. Il pourrait en revanche nous permettre d’approfondir leur mise en œuvre dans le sens de ce que je viens d’exposer.

¤ en procédant à une évaluation partagée des acquis et des limites de nos orientations stratégiques et en prenant les initiatives politiques et d’action nécessaires pour poursuivre leur mise en œuvre.

¤ en ouvrant la réflexion sur les échéances électorales à venir, les cantonales qui auront lieu en mars 2011 et pour lesquelles il nous faudra très rapidement caler nos décisions, les sénatoriales, puis la présidentielle et les législatives, pour lesquelles nos choix reviendront à notre congrès ordinaire de 2011.

¤ en adoptant une feuille de route concrète pour les transformations du Parti de manière à les mener à bien, conformément au mandat du précédent congrès d’ici le congrès de 2011. Nous pourrions également procéder à cette occasion au changement de secrétaire national, conformément au souhait déclaré de Marie-George lors de son élection en 2008 de passer la main à mi-mandat.

Ce mandat précis et limité du congrès d’étape en ferait ainsi un congrès utile, un congrès d’évaluation, d’initiative et d’action. Il montrerait un Parti en mouvement au moment où sa stratégie de front marque des points appréciés dans l’électorat de gauche. Il permettrait de capitaliser dans la société l’effort de renouvellement que nous avons entrepris.

Après une nouvelle année d’actions, notre congrès ordinaire pourrait se tenir en juin 2011, la date de décembre 2011 paraissant trop tardive au regard de l’échéance présidentielle.

Voilà, cher-e-s camarades, les réflexions que j’étais chargé de vous présenter. Je nous souhaite un débat riche et fructueux.

Pierre Laurent
Coordinateur national du PCF
Rapport au Conseil national – 27 mars 2010


Publicité

Publié dans VIE du PARTI

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article