Les employés de Caro développement ont reçu leurs lettres de licenciement, le 6 juillet 2010.
Hier 12 juillet, alors qu'il fallait terminer les dernières commandes avant de mettre la clé sous la porte, huit des treize salariés de Caro développement encore au travail avaient les pieds dans l'eau.
« Ce n'est pas la première fois que cela arrive lorsqu'il y a de fortes pluies », raconte Daniel Angibault, délégué du personnel. En fin de matinée, quand l'électricité a été rétablie après le violent orage du matin, Fabrice Gaillat, le directeur, lance l'impression d'un ultime tapis de jeu. Dans l'atelier désert, une série de fauteuils, une table de jeux, une roulette... attendent de rejoindre le casino d'Amnéville, en Moselle, qui vient d'ouvrir.
L'annonce de la fermeture de cette entreprise spécialisée dans l'équipement des casinos, la seule en France sur ce créneau, avait été un choc, on ne réalise pas encore que le 31 juillet, nous ne partons pas simplement en vacances », lâchent Daniel Angibault et Jean-Louis Déchet, second délégué du personnel.
Les treize salariés qui restaient encore dans cette entreprise installée depuis 1968 à Vierzon, au Bois d'Yèvre, et rachetée par le groupe TRANCHANT en 2005, ont reçu leurs lettres de licenciement pour motif économique, le 6 juillet. Cinq sont partis dès la semaine dernière, ayant opté pour une convention de reclassement personnalisé. Trois, les plus âgés, devraient avoir une solution pour pousser jusqu'à la retraite.
« Moi, je fais encore partie des meubles ! », explique Fabrice Gaillat, le directeur, qui ne connaîtra son sort qu'en septembre, au retour des congés d'été. Pour les cinq autres, c'est... direction Pôle emploi, après avoir pris connaissance des propositions de reclassement au sein du groupe - et les avoir refusées. Exemples de postes offerts : barman, serveur, agent de sécurité, caissier... dans différents casinos, à Amnéville, Cagnes-sur-mer ou Le Grau-du-Roi, pour des salaires inférieurs aux leurs.
« Ici, nous avions l'avantage de fabriquer un produit de A à Z, nous étions polyvalents, avec chacun notre savoir-faire. Cela n'existe plus, nous ne retrouverons pas une entreprise comme ça. » Daniel Angibault, vingt-neuf ans de maison, est ébéniste. Chez Caro, on était aussi vernisseur, tourneur-fraiseur ou menuisier.
Cette équipe a envisagé, un temps, de créer une société coopérative de production (Scop) et de reprendre l'activté. Mais faute de marchés assurés, le secteur étant en déclin, l'idée n'a pas fait son chemin.