Les graines de l’espoir
Je voulais leur dire ça, aux copains qui déprimaient dimanche soir.
Parce que c’est nous qui les avons plantées, ces graines, aujourd’hui. Pour la première fois depuis combien de temps ?, des décennies, c’est un discours de classe qui a retenti. Et cette parole clairement de gauche a trouvé un écho populaire : ce sont ces milliers de personnes, des dizaines de milliers, qui se sont retrouvés à chaque meeting. Ce sont encore ces 11%, près de 4 millions de votes, qui se sont portés sur Jean-Luc Mélenchon. Et ce sont, au-delà, ces millions d’autres qui ont entendu, apprécié, applaudi l’élan, même s’ils ont choisi un autre bulletin.
Tout cela n’est pas rien.
C’est un pas en avant, dans le bon sens, sur ce chemin.
La seule erreur, c’est d’avoir espéré plus haut que notre cul : bien sûr qu’on ne renverse pas, en quelques semaines, un Front National installé dans le paysage depuis un quart de siècle (25 ans). Bien sûr que le Front de Gauche (4 ans) peine à attirer massivement chez les ouvriers, employés, dans les campagnes – alors que (à l’intuition) ses militants se recrutent surtout dans la petite-bourgeoisie urbaine.
Mais ces obstacles seront surmontés, pour peu qu’on les voit et qu’on le veuille. Pour peu qu’on se retrousse les manches. C’est dans l’adversité que se révèlent les tempéraments – et si nous prétendons, vraiment, transformer ce pays (et je ne parle même pas de révolution !), va-t-on se décourager juste parce que le résultat d’un scrutin n’égale pas les derniers sondages ! Les graines de l’espoir peuvent germer. Mais pas arrosées avec nos pleurs…
BLOG/JMR