Les jeunes communistes de Grenoble relâchés.
Les trois militants communistes de Grenoble, arrêtés le 30 juillet pour avoir collé des affiches portant sur Nicolas Sarkozy, ont été remis en liberté hier. Leur arrestation marque une volonté d’intimidation de l’expression politique opposée au pouvoir.
Gaston, Justin et Romain peuvent être soulagés. Aucune poursuite judiciaire ne sera mise en place à leur encontre, comme l’a annoncé, hier, le juge chargé de l’affaire. Convoqués à l’hôtel de police de Grenoble, ils en ressortent au bout de quelques minutes, libres de toutes condamnations. À la sortie les attendent les quelque soixante militants d’organisations politiques venus les soutenir. Élus locaux, camarades de la Jeunesse communiste et du PCF, mais aussi des militants CGT, du Pcof, ou encore de LO.
Arrêtés le 30 juillet par une patrouille de CRS alors qu’ils collaient des affiches appelant à un rassemblement contre la venue de Nicolas Sarkozy dans la ville, les trois jeunes militants communistes étaient accusés d’avoir «porté atteinte à la dignité du chef de l’État». Emmenés au commissariat, ils sont fouillés puis mis en cellule séparément et passent la nuit en garde à vue sans même avoir été interrogés ! Gaston, âgé de quinze ans, souffre alors d’une crise d’angoisse due à sa claustrophobie. « Les flics lui ont alors dit de “ne pas les faire chier”, ils ont été odieux à ce moment-là», rapporte son camarade Justin (dix-sept ans), « cette détention était totalement abusive, on ne nous a pas reproché d’avoir collé des affiches, on nous a reproché le message !» ajoute-t-il.
Jérôme Marcuccini, secrétaire fédéral du PCF de l’Isère, estime que la condamnation de la plupart des médias après cette arrestation a permis de classer l’affaire rapidement sans que les autorités ne se risquent à des poursuites envers les trois garçons. Une telle démarche répressive à l’encontre d’une manifestation d’opinion politique relève sans doute d’une volonté claire d’intimidation. Rappelons la condamnation à 30 euros d’amende «pour offense à chef de l’État» du militant de gauche Hervé Eon, pour avoir brandi l’inscription «casse-toi pov’con», ou encore l’amende de 1 000 euros qui avait été requise à l’encontre d’un enseignant pour avoir crié «Sarkozy je te vois» lors d’un contrôle de police à Marseille (finalement relaxé). Engagé dans la spirale du «tout sécuritaire», le président de la République a donné carte blanche aux forces de police pour assurer un maintien de l’ordre qui s’assimile de plus en plus à un rétrécissement de l’État de droit.
Une ambiance répressive ubuesque qui se confond avec la justice personnelle d’un homme qui semble trop peu enclin à une confrontation démocratique d’idées. On peut sans difficulté affirmer que la mise en détention de Gaston, Justin et Romain visait à faire d’eux des exemples afin de freiner toute opposition politique à l’encontre du gouvernement et du chef de l’État. Gageons que nos trois jeunes militants communistes grenoblois n’apprendront pas la leçon.